‹ Basiliques et églises de RomeChapitre 141 sur 325 · LES USAGES FUNÉRAIRES · texte numérisé non relu

LES USAGES FUNÉRAIRES

:et la confirmation de ce que nous en disent S. Augustin (i) et Prudence (2).

Le corps, enveloppé d'un drap; était déposé dans un -^ < loculus >, un arcosole ou un sarcophage. On répandait autour du baume et des fleurs. Bosio, le P. Marchi, M. de Rossi, affirment avoir encore senti le parfum de ces baumes en ouvrant certains « loculi >. Les fleurs sont souvent peintes sur les « arcosolia » ou gravées sur la pierre.

Fréquemment à la chaux des tombeaux sont mêlés des fragments de verres. La plupart de ces verres ont contenu des parfums. Ils se rencontrent généralement dans la partie des cimetières postérieure à la paix; plusieurs des tombeaux auxquels ils sont fixés sont datés par le monogramme isolé ou même par le nom des consuls. Très souvent ils n'étaient autre chose que les fonds des coupes employées dans les agapes; on les mettait là comme un signe d'honneur ou comme une marque pour aider à reconnaître un tombeau.

Parfois aussi on plaçait près du cadavre différents autres objets : bagues, anneaux, sceaux, mais presque jamais d'objets précieux, comme il s'en trouve dans les tombeaux étrusques, — Les lampes scellées dans la chaux étaient allumées pour les anniversaires ou d'autres circonstances ; il est souvent possible de distinguer encore des traces de fumée.

Les chrétiens pratiquaient quelquefois l'embaumement, en souvenir de la sépulture de Notre- Seigneur et conformément aux usages juifs. Mc^is ils faisaient cette opération d'une manière très imparfaite, et les corps se conservaient mal ; il n'y a pas de comparaison à établir, par exemple, entre les deux momies du cimetière de Calixte et les momies égyptiennes.

Les agapes faisaient partie du rite sépulcral. On les célébrait dans le lieu du tombeau, à la surface du sol. Le cimetière de Domitille possède une pièce ayant servi à cet usage : c'est une salle voûtée qui précède l'entrée principale du tombeau des Flaviens ; on voit les restes d'un banc taillé dans la

1. De cura pro mortuis gerenda, écrit vers 421 {P. L., t. XL, col. 591 sq. ).

2. Cathemer., hymn. Il \ — Peristeph., hymn. III {P. A., t. LIX, col. 880 sq. ; t. LX, col. 353 sq.).

Élém. d'archéol. chrét. 9

I30 ÉLÉMENTS D'aRCHÉOLOGIE CHKÉTIENNff.

paroi, et un puits dans une pièce voisine. A St-Calîxte, la basilique supérieure qui, probablement détruite pendant la persécution de Dioctétien, devint ensuite la basilique de St-Six te 1 1 et de Ste-Cécile,devait être primitivement destinée aux agapes des chrétiens. De m£me la basilique de St-Sotère. Les repas funéraires étaient certainement plus solennels à l'occasion des anniversaires des martyrs.

C Agapes Dostrae pauperes pascunt, > dit S. Augustin ('). attestant que cet usage était conservé de son temps.

La translation des corps s'accomplissait avec une certaine solennité. Le corps de S. Cyprien, à Carthage, fut transporté f cum pompa et triumpho magno» (=).

Après avoir poilé le corps au cimetière, on fermait l'ouverture du tombeau avec des briques ou des plaques de marbre; et on inscrivait la date de la déposition, afin d'en pouvoir célébrer l'anniversaire : < Depositio....

§ III. Les tombeaux de martyrs.

Quand le corps déposé dans un < loculus y était celui d'un martyr, le tombeau devait être marqué d'un signe spécial. A quoi pouvons-nous reconnaître aujourd'hui ces tombeaux ? Le signe le plus évident est le nom même de f Martyr >. On le lit, à St-Calixte, sur le tombeau des papes S. Fabien et S. Corneille. De même, au cimetière d'Hermès : « Depositus

Page 1