CIMETIÈRES ET MONUMENTS A LA SURFACE DU SOL. I
Cet arcosole' devait être creusé dans une paroi en maçonnerie, conrime ceux que l'on peut voir à droite et à gauche de l'entrée du cimetière de St-Calixte.
Il y avait dans les cimetières à la surface du sol un gi'and noftibre de sarcophages. On les disposait ordinairement à. côté des basiliques ou des murs qui formaient l'enceihte dés cimetières. Des toits, <téglata»„les protégeaient. Qn lit dahs une inscription :LOCVS EMPTVS SVBteglata IN basILICAj BALEINES (')..Les sarcophages plus riches étaient, surmontés
.ARÇPSOLE pu CIMETIÈRE DE. CVRIAQUeI
de petits toits soutenus par des piliers, « teguria, ciboria ;&. Des grilles en marbre renfermaient l'espace réservé au tombeau,; on les appelait € transennae >, ou encore € clatra, hermulae >, lorsqu'elles reliaient de petits cîppes ornés de bustes: Une peinture du cimetière de Ste-Cyriaque représente un tombeau de ce genre avec ses grilles et ses « hermulae »; pour montrer que le monument était isplé, l'artiste a figurédes brebis paissant tout autour. '
I. Celte basilique étail siRiée près du cimetière de St-Caliile.
138 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
Comme on le voit à Salona, il y avait dans 1' € area > du cimetière un grand nombre de € cellae memoriae (') >, les unes avec une seule abside, € cella absidata > ou simplement € cella >, les autres avec trois absides ou plus, f cella trichora, hexachora, etc. > Certains mausolées étaient de grandes dimensions, comme celui de Ste Hélène sur la Via Labicana, celui de Ste Constance, etc. Près du lieu oix se trouvait ce dernier, on peut reconnaître des murs qui faisaient d'abord partie du palais de Constantin et qui furent ensuite transformés en murs de cimetière.
Les cimetières à la surface du sol ont été certainement endommagés par les Goths de Vitigès, en 537. Les ravages dont nous parle le Liâer pontificalis ont dû porter surtout sur ces monuments, au milieu desquels ils avaient établi leur camp, ainsi que nous le savons par Procope. Quelques années plus tard, sous le pontificat de Jean III (560-575), on constate un changement radical dans l'administration des cimetières. Après avoir été jusque-là rattachés aux titres, ils passèrent sous la juridiction directe du Palais pontifical. C'est sans doute alors que Ton commence à avoir des cimetières à l'intérieur de la ville : aucun monument, aucune inscription postérieure au VI<^ siècle n'a été trouvée hors des murs, sauf dans les grandes basiliques. On établit ou du moins on agrandit un cimetière sur l'Esquilin, près de Ste-Bibiane, f ad ursum pileatum >, distinct de celui du même nom sur la Via Portuensis. Chaque paroisse bientôt eut le sien, construit sur le modèle des anciens cimetières. Naturellement les grandes basiliques furent toujours des centres de sépultures (2).
1. Le sens du mot €. memoria » dans le langage épigraphique et sépulcral dérive du € titulus » inscrit sur les pierres commémoratives de défunts : MEMORIAM POSVIT, FECIT. Les chrétiens appliquèrent ce njot d'une manière spéciale aux f loculi > contenant des reliques. Dans l'enceinte d'une basilique ou d'un oratoire, la f memoria martyris f est composée de deux parties essentielles : l'une, inférieure, est la f confession », image réduite de l'hypogée sépulcral ; la partie supérieure est l'autel avec son < ciborium ». Cf. de Rossi, Rom. sott, t III, p. 425-426; Bullettino, 1^77, p. 97 sq. ; — Martigny, Dictionnaire des antiquités chrétiennes^ art. Con/essio,