‹ Basiliques et églises de RomeChapitre 174 sur 325 · I. Ossefvazioni, p · texte numérisé non relu

I. Ossefvazioni, p

I 70 ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

Les inscriptions chrétiennes de ce genre ne laissent soupçonner aucun esprit de parti : elles nomment, s'ils ont été consuls, les usurpateurs comme les empereurs légitimes, les princes persécuteurs aussi bien que les empereurs favorables au christianisme. On a même employé, ce qui peut sembler étrange, Tépithète de < Divus >. Il est certain que ce qualificatif avait primitivement une relation avec le culte îdolâtrique. Aussi les chrétiens ne s'en servent-ils pas jusqu'à Constantin. Mais ensuite <L Divus > devint synonyme de € Bonae memoriae, Sanctae memoriae >. Et nous voyons Âtalaric, un prince chrétien, le donner à son père Théodoric, qui rétait aussi : € Theodorico divae memoriae >.

Tandis qu'à Rome on avait Tère de la fondation de la ville, < anno ab Urbe condita >, dans certaines provinces, l'ère partait de Tépoque de la domination romaine, « era provincialis >. La célèbre inscription d'Alexandre, en partie copiée sur celle d'Abercius, est datée suivant l'ère phrygienne. En Orient, il y eut une ère particulière aux chrétiens, l'ère des martyrs, commencée avec la grande persécution de Dioclétien.

Les consuls étaient ordinaires, < ordinarii >, ou subrogés, € suffecti >. Les premiers entraient en charge le 1®^ janvier ; ils étaient remplacés par les seconds, en cas de mort ou de démission. Les inscriptions chrétiennes, comme les fastes consulaires, portent seulement le nom des consuls ordinaires ; les inscriptions païennes mentionnent parfois les consuls subrogés. On a dit qu'après Constantin il n'y eut plus de consuls subrogés. C'est une erreur. Il y en eut encore au IV® et au V® siècle. Si un consul subrogé venait à donner sa démission, un autre prenait sa place, de sorte qu'il pouvait y en avoir plusieurs dans la même année. Les consuls ordinaires donnaient toujours leur nom à l'année ; c'est par suite de fausses interprétations qu'on a attribué le même rôle à de prétendus consuls subrogés.

Le chiffre placé après les noms des consuls marque le nombre de fois qu'ils avaient reçu ce titre. Il est très rare de trouver le nom de la dignité consulaire écrit en

LES INSCRIPTIONS CONSULAIRES. 17I

toutes lettres ; on l'abrège en COS, COSS, CONS, CONSS.

lANVARA IN PACE DEPOSITA XI KAL SEPT CL -ANTONIO ET FL • SYAGRIO CONSS •

(An. 382. — Mus, Lat.j F, 26,)

Les inscriptions consulaires nous gardent quelquefois le souvenir des événements politiques contemporains, des usurpations, etc. L'an 307, après l'usurpation de Maxence, il y eut un bouleversement dans l'ordre des consulats ; on inventa alors une formule nouvelle, en répétant les noms des consuls de 306, Constance Chlore et Maximien, qu'on faisait suivre de la mention PosT SEXTVM CONSVLATVM, parce que ces deux empereurs avaient été alors consuls pour la 6* fois.

(Cim. des SS. Pierre et Marcellin. — Mus. Lat., IV, ç.)

De même l'an 346 fut indiqué, non par des consuls ordinaires, mais par le PosT CONSVLATVM Amantii ET Albini, parce que le nom des empereurs, consuls cette année-là, n'avait pas été promulgué. En 350, Magnence s'étant emparé de la dignité impériale après la mort de Constant, on dit aussi, pour ne pas nommer l'usurpateur,

POST CONSVLATVM LiMENII ET CaTVLLINI.

Vers la fin du IV^ siècle, on emploie fréquemment

pour les empereurs consuls la formule : D (Domino) N (Nostro) COS.

Page 1