‹ Basiliques et églises de RomeChapitre 228 sur 325 · NOTITIA » DES SAINTS DE ST-SYLVESTRE · texte numérisé non relu

NOTITIA » DES SAINTS DE ST-SYLVESTRE

Comme preuve de la décadence de l'épigraphie, on peut encore citer Tépitaphe de Nicolas Ier,en partie conservée dans

I. Cf. Marucchi, Guida arcfuologica delFantica Preneste, p. 153 sq.

les cryptes du Vatican. Cette grossière inscription a cependant une importance historique particulière. Elle rappelle le zèle apostolique de Nicolas (857-868), qui travailla à la conversion des Slaves, des Bulgares, comme S. Grégoire le Grand avait travaillé à celle des Saxons ; et fait allusion à la grande autorité morale du pape. Uapôtre des Slaves fut S. Cyrille, qui vint à Rome avec son frère Méthode, apportant le corps de S. Clément mort eh Chersonèse ; les peintures de la basilique souterraine de St-Clément ont conservé le souvenir de cette translation. Voici le texte de Tépitaphe :

SCIRE VOLENS CVR TRISTE GENVS MORTALE REPENTE QVISQVIS AD HAEC PROFERAS EOIS PARTIBVS AVLAE TEMPLA VEL OCCIDVIS POLLENS AVSTRGQVE BEATAE AXE VEL A GELIDO CARMEN SCRVTARE MEMENTO CONDITVR HOC ANTRO SACRI SVBSTANTIA GARNIS PRAESVLIS EGREGII NICOLAI DOGMATE SANCTO QVI FVLSIT CVNCTIS MVNDVM REPLEVIT ET ORBEM INTACTIS NITVIT MEMBRIS CASTOQVE PVDORE QVAE DOCVIT VERBIS ACTVQVE PEREGIT OPIMO SIDEREAE PLENVS MANSIT DOCTVSQVE SOPHIAE COELORVM CLARIS QVEM SERVANT REGNA TRIVMPHIS VT VERNET SOLIIS PROCERVM PER SAECVLA NATVM.

Nous avons aussi du IX« siècle des inscriptions relatives aux basiliques des Sts-Pierre et Paul. En 847, sur la fin du pontificat de Serge II, les Sarrasins ravagèrent Rome et les deux basiliques apostoliques; Léon IV, successeur de Serge, les battît à Ostie en 849. Reçu triomphalement à son retour, il décida de construire une enceinte autour de la basilique de St- Pierre. Ce fut l'origine de la <L civitas Leoniana ». On peut voir encore des traces de cette muraille. Il reste aussi trois inscriptions qui y furent placées et qui sont actuellement fixées au mur du côté où était la Porta Angelîca. L'une ne porte que ces mots : civitas LEONIANA. Les deux autres sont un peu plus longues ; elles nomment les milices qui exécutèrent les travaux :

DERNIERS MONUMENTS ÉPIGRAPIIIQUES. 253

►î^ HANC • TVRREM

ET • PAGINE • VNA • F

ACTA • A • MILÏTIAE

CAPRACORVM TEM • DOM • LEONIS QVAR • PP • EGO • AGATHO • E . . . .

^ TEMPORIB • DOM • LEONIS • Q • PP • HANC • PAGINE • ET • DV AS • TVRRES • SALTISINE • MILITIA • CONSTRVXIT t^i

A répoque du pape Jean VIII (872«-882), nouvelle attaque des Sarrasins ; ils furent battus, en 877, au promontoire de Circé près Terracine. A la suite de cette victoire, le pape entoura St-Paul d'une petite ville appelée Johannipolis. On y voyait les inscriptions suivantes, dont le musée de St-Paulhors-les-murs conserve un fragment :

HIC MVRVS SALVATOR ADEST INVICTAQUE PORTA

QVAE REPROBOS ARCET SVSCIPIT ATQVE PIOS HANC PROCERES INTRATE SENES IVVENESQVE TOGATI

PLEBSQVE SACRATA DEI LIMINA SANCTA PETENS QVAM PRAESVL DOMINI SACRAVIT RITE lOHANNES

QVI NITIDIS FVLSIT MORIBVS AC MERITIS PRAESVLIS OCTAVI DE NOMINE FACTA lOHANNIS

ECCE lOHANNOPOLIS VRBS VENERANDA CLVIT.

ANGELVS HANC DOMINI PAVLO CVM PRINCIPE SANCTVS CVSTOpiAT PORTAM SEMPER AB HOSTE NEQVAM

INSIGNEM NIMIVM MVRO QVAM CONSTRVIT AMPLO SEDIS APOSTOLICAE PAPA lOHANNES OVANS

VT bIBI POST QBITVM COELESTIS lANVA REGNI PANDATVR CHRISTO SAT MISERANTE DEO.

Cette ville fut abandonnée au moyen âge, et Tenceînte absolument rasée ; on n'en retrouve plus rien.

Au X® siècle, l'ignorance devient de plus en plus profonde ; les inscriptions sont d'un style barbare, quoique la paléographie se conserve assez bien pour qu'on ait pu attribuer à quelques-unes de ces inscriptions une date beaucoup plus ancienne. L'inscription de Grégoire V (996-999), cousin de l'empereur Othon III, élu pape par sa faveur à l'âge de

24 OU 25 ans, mentionne qu'il instruisait les fidèles en alle« mand, en langue vulgaire et en latin :

VSVS FRANCISCA VVLGARI ET VOCE LATINA INSTITVIT POPVLOS ELOQVIO TRIPLICI.

C'est le premier exemple connu de l'emploi de la langue vulgaire (italienne) dans les discours publics (^).

Au XI« siècle et au XII*, beaucoup d'inscriptions sont en vers rîmes ou léonins. On reconnaît ainsi la vraie date d'une petite inscription de Ste-Marie de Trivio, près de la fontaine de Trévî, qu'on aurait pu juger du VI® siècle, parce qu'elle contient le nom de Bélîsaîre, et qui appartient certainement au Xle.

HANC VIR PATRICIVS | VILISARIVS VRBIS AMICVS OB CVLPAE VENIAM | CONDIDIT ECCLESIAM

HANC IDCIRCO PEDEM I SACRAM QVI PONIS IN AEDEM VT MISERETVR EVM | SAEPE PRECARE DEY M.

Du commencement du XII® siècle est l'inscription de l'abside de la basilique supérieure de St-Clément, édifiée par Pascal II :

Page 1