XVI INTRODUCTION
adressées et les réponses qu'ils y faisaient ; le procès-verbal était ensuite déposé dans les archives publiques, où chacun pouvait en prendre connaissance, quelquefois même copie. C'est sur ces documents officiels qu'ont été rédigés plusieurs Actes de martyrs. D'autrei, comme la passion des martyrs de Lyon, sont l'œuvre de chrétiens qui ont écrit pour euxmêmes ou pour d'autres le récit de supplices dont ils avaient été témoins.
Si ces monuments nous étaient parvenus sous leur forme primitive, ils seraient une source de la plus haute valeur. Malheureusement les Actes authentiques ont presque tous disparu. Parmi ceux qui ont été conservés, et qu'on appelle quelquefois Actes proconsulaires ^ on peut citer pour la Gaule ceux des martyrs de Lyon, pour l' Asie-Mineure ceux de S. Polycarpe, pour l'Afrique ceux de Ste Perpétue et Ste Félicité. L'Église romaine n'en possède aucun. Les Actes de ses martyrs ont dû être détruits pendant la grande persécution de Dioclétien ; il est certain qu'à cette époque, on a brûlé les Archives de TÉglise romaine ; on a d'ailleurs agi de même en Afrique, ainsi que nous l'apprend S. Augustin (i).
A l'époque de la paix, on composa de nouveaux Actes à l'aide des souvenirs ou des documents qui avaient pu être sauvés. Leur autorité est bien différente, selpn la date de leur rédaction. Ceux du V® siècle sont exacts dans l'ensemble ; ceux du VI® commencent à mêler la légende à l'histoire. Dans ceux qui ont été écrits postérieurement, au VI 11^ siècle, même au X^, nous n'avons plus guère que des exercices d'école, des thèmes obligés que les moines développaient un peu au gré de leur imagination, appliquant à un martyre les particularités d'un autre, répétant sous des noms divers le récit des mêmes miracles, des mêmes tourments, multipliant le surnaturel qui existe du reste dans les Actes les plus authentiques.
Actes des martyrs, supplément aux < Acta sincera » de D. Ruinart (Paris, 1882) ; Les Acta martyrum et leurs sources, dans son recueil Les persécuteurs et les martyrs (Paris, 1893.)
1. Breviculus collationis cum Donatistis, coll. 3*, c. xr, {P. L., t. XLÎII, col. 636.)