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PERSÉCUTION DE MAXIMIN. 43
§ II. Persécution de Maximin.
L'avènement de Maximin (235) fut le signal d'une nouvelle persécution, très courte (elle dura moins de deux ans), maïs vraiment cruelle. Ce prince, un barbare, prenait le contre-pied de tout ce qu'avaient fait ses prédécesseurs. Alexandre-Sévère avait été favorable aux chrétiens : il les persécuta. Pendant cette persécution, le pape S. Pontien fut condamné « ad metalla > et transporté en Sardaigne, où il mourut. L'expression assez obscure du catalogue philocalien : i in insula discinctus est (^), » signifie que Pontien avait abdiqué, dans l'impossibilité où il était de gouverner l'Église (235). C'est le premier exemple d'abdication que présente l'histoire des Souverains Pontifes ; il n*a été depuis imité que par S. Célestin V. Pontien eut pour successeur Anthère, élu à Rome vers la fin de la même année. Ce pape mourut après un pontificat de quarante jours. Son inscription, dans la crypte des papes, à St-Calixte, ne lui donne que le titre d'évêque : ANefîPCDC gni ; mais elle est brisée ; peut-être y avait-il aussi celui de martyr.
A Maximin succéda Gordien III (238-245), puis Philippe (243-249). On pense que ce dernier fut chrétien (»). Mauvais chrétien en tout cas, car il arriva au pouvoir par l'assassinat de son prédécesseur ; il prit part à toutes les cérémonies païennes et célébra avec une grande solennité le millénaire de Rome. Eusèbe (3) rapporte cependant qu'ayant voulu célébrer la Pâque à Antioche en 244 et s'étant vu repoussé par l'évêque, Philippe se décida à faire pénitence. Sous son règne et sous le pontificat de S. Fabien eut lieu la translation solennelle du corps de S. Pontien ; on voit devant la crypte des papes plusieurs graflites ou inscriptions à la
1. < Ko tempore Pontianus episcopus et Yppolitus presbyter exules sunt déportât! in Sardinia in insula nociva Severo et Quintiano consulibus. In eadem insula discinctus est un kaL oct. et loco ejusordinatus est Antheros Xi kal. dec. consulibus suprascriptis. >
2. Cf. Orose, Hisi.,\\i, 20 {P. L., t. XXXI, col. 1114);— S. Jérôme, DevirisinL^ 54 (P, L., t. XXIII. col. 665).