Epitom
3. Aurelian., 42. — \J Historia augusta est aujourd'hui l'objet de nombreuses •études critiques. Plusieurs auteurs allemands la regardent comme apocryphe ; M. Dessau ne veut y voir qu'une falsification du V* siècle. On s'accorde généralement il rejeter cette opinion extrême. Toutefois il est vraiment démontré qu'aux faits proprement historiques sont mêlés des documents légendaires, à peu près comme dans les Actes des Martyrs.
PERSÉCUTION DE DÈCE. 45
temps que celle de S. Sébastien, qui appartient à une autre année : <L Fabiani in Calixti, Sébastian! in catacumbas>, dît-il. L'inscription de S. Fabien existe encore dans la chapelle des Papes: ^ABIANOC GIII VP. Le monogramme W est postérieur au reste de l'inscription ; il est visiblement d'une main différente ; sans doute il fut ajouté lorsque l'Église reconnut officiellement le martyre de Fabien, le déclarai martyr vîndîcatus», et permit de lui rendre un culte public. Il y avait, dès le III^ siècle, une sorte de canonisation ; plusieurs fois on reprocha à des chrétiens d'avoir honoré des défunts dont le martyre était supposé, mais non encore prouvé (ï).
Après la mort de S. Fabien, l'Église romaine resta sans pasteur pendant plus d'un an, probablement jusqu'en juin 251, Dans cet intervalle, il y eut beaucoup de martyrs. Les plus illustres sont S. Calocère et S. Partène, esclaves du consul Aemilianus et éducateurs de sa fille Anatolie. Leur histoire a des analogies avec celle des SS. Nérée et Achillée, esclaves de Ste Domitille. Les Actes mentionnent leur mort à la date de 250, « Decio et Grato conss. » Le calendrier libérien donne au contraire la date de 304, f Diocletiano IX et Maximiano VIII conss. > Cette seconde date doit rappeler une translation des reliques des deux martyrs dans le cimetière de Calixte («). Leurs noms se lisent tracés à la pointe sur une paroi de la chapelle où ils furent déposés.
La persécution se répandit partout, en Italie, en Sicile, en
I. € Ce n'était point sans de longues enquêtes, sans un sérieux concours de témoignages, que l'on inscrivait , aux temps antiques, un nom sur la liste des martyrs. Lorsqu'un fidèle mourait dans les supplices, condamné par le juge païen, une information s'ouvrait : était-ce bien pour la seule foi du Christ qu'il avait été mis à mort ? Avait-il su trouver la force de persister jusqu'à son dernier soulïle ? N'avait-il pas par quelque violence défié ses persécuteurs ? C'étaient là autant de points que l'Eglise s'appliquait à élucider, avant d'appeler sur un de ses fils la vénération de tous. Plusieurs causes rendaient indispensable une telle enquête : l'erreur ou le mauvais vouloir des païens, celui des hérétiques, la simplicité des fidèles.... Devancer le jugement de l'Eglise dans la vénération d'un mort était chose grave et condamnée; et S. Optât nous dit l'histoire d'une femme que réprimanda le diacre Caedlianus, pour le culte qu'elle rendait aux reliques d'un homme peut-être mort martyr, mais qui n'avait pas encore été déclaré tel : « Nescio cujus hominis, et si martyris, sed nondum declarati. > Le Blant, Z^s persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de noire ère, c. x.
a. Le jour est encore plus incertain que l'année. Le Martyrologe hiéronymien les nomme cinq fois : m id. febr., xiiii kal. mai., xvi etxiiii kal. jun., Xiii kal- aug.
46 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
Espagne, dans les Gaules, où il faut mentionner, parmi les martyrs, S. Saturnin, évêque de Toulouse. Plusieurs chrétiens apostasièrent, même des prêtres et des évêques. Nous savons par S. Cyprien (') que Basilide, évêque de Léon sacrifia aux idoles ; que Martial, évêque d'Emerita, eut des relations avec les païens et laissa enterrer son fils dans un de leurs collèges funéraîres.Uhorreur qu'inspira ce dernier fait montre combien les chrétiens craignaient de mélanger leurs tombeaux à ceux des païens.
C'est en Afrique, à Carthage, que les apostats furent le plus nombreux. S. Cyprien a écrit à leur occasion son traité De lapsis. Ces faibles chrétiens ne péchèrent pas tous de la même manière. Les uns, les « sacrificarii », immolèrent aux idoles ; les autres, les « thuriferarii », offrirent de l'encens ; d'autres, les « libellatici », se contentaient d'acheter une déclaration attestant qu'ils avaient sacrifié, bien qu'ils ne l'eussent pas fait réellement. Parmi les nombreux papyrus coptes, grecs, latins, recueillis récemment en Egypte, on a découvert un fragment d'un de ces « libelli » ; M. Krebs l'a publié en 1893 (2). Ce papyrus a 20cm sur 8^^ ; il est écrit en grec. C'est une instance par laquelle Diogenos Aurelios, fils de Satibos, demande à la commission des sacrifices de la petite ville d'Alexandrounesos l'attestation qu'il a sacrifié aux dieux et mangé la chair de la victime ; la date, indiquée d'après l'ère locale, correspond au 6 juin 250.
Cet important document rend bien compte des expressions : « libellum accipere, libellum tradere ».
En Egypte, où il nous transporte, la persécution sévit avec une grande intensité. Alexandrie en fut le centre. On rencontrait dans cette ville un mélange de superstitions grecques, romaines, égyptiennes ; ces dernières avaient peut-être été relevées, à l'époque de Dèce, pour faire opposition aux chrétiens : cet empereur en effet est jusqu'à présent le dernier dont le nom se lise dans les hiéroglyphes. Les chrétiens