HYGIÈNE INFANTILE
Il faut reconnaître que les mères de Basse-Bretagne font preuve de dévouement et de qualités morales, mais en hygiène infantile elles ont tout à apprendre. La mère bretonne qui donne des bouillies à son enfant de quelques semaines, qui l’élève au biberon, alors que ses seins seraient bien plus précieux pour le développement de son enfant, qui va même jusqu'à ajouter quelques gouttes d'alcool au lait, est persuadée que tous ces détestables procédés sont des sources de bonne santé et de vigueur. Le lait de vache doit être plus nourrissant, plus fort que Je sien ! Pourquoi son enfant n’en profiterait-il pas ?
Il est de tradition constante que « l'impéligo esl une sauvegarde pour l'enfant», elle n’empêchera pas son développement sur la tête de son enfant.
M. le Préfet du Finistère disait dans son rapport supplémentaire de 1911: « 1 faudrait faire l'éducation hygiénique des mères », mais cette éducation ne donnerait pas
due ris
ND
de résultats, faite en français. Si l'on veut que l'hygiène infantile, comme toutes les autres d'ailleurs, mais celleei plus que d'autre, progresse, par quelques moyens qu'on s y prenne, la langue bretonne doit être à la base de la propagande. Le bon sens el le sentiment le réclament. La Préfecture l'avait compris. Elle ft afficher, pendant les grandes chaleurs de 1911, un avis en breton, conseils aux mères, qui donna plus de résultats, nous en sommes persuadé, que toutes les circulaires, consultations de nourrissons et autres procédés. |
Sur lhygiène infantile, en général, en Basse-Bretagne, nous n'avons de documents officiels et groupés, que les rapports relatifs à la Protection des enfants du premier âge, dans les trois départements bas-bretons.
Que nous apprennent ces rapports ?
Nous avons rassemblé dans le tableau suivant les renseignements les plus récents concernant ces trois dépar-
tements :
Protection des enfants du premier âge (1911)
FINISTERE 0 es Mode d'élevage Nombre de décès Mortalité pour 100 AU SCI AU < APS 1083 31e 2,8 ù ce AUVDIDeRONE EN REA 384 29 pis) Be | ms
mixte, sevrage, garde 73 l 1,3
| de té » / ; moyenne pr MOTATEEUNR 1540 61 (1) générale 938
(1) Mortalité la plus forte en juin et septembre, surtout dans le deuxième et le troisième mois de leur âge.
Affections causales : 4 par troubles digestifs; 13 par affections pulmonaires ; 10 par affections des centres nerveux ; 14 par affections diverses.
COTES-DU-NORD Mode d'élevage Nombre de décès Mortalité pour 100 | = — —— + — ——— — = - —————
n à] Ÿ . ke A . # ee ST LES 488 Pas de renseignements détaillés. AUSDIDOTON AP ERIAETE) 1418 Le rapport note que la mortalité mixte, sevrage, garde 82 infantile, qui était de 5,09 °/, en 1908,
CES n'est plus que de 3,97 °/, en 1909.
POTAENEr 1988 |.
MORBIHAN Mode d'élevage Nombre de décès Mortalité pour 100
Don 2 D RE PP ALISON MAR AE 129 18 Gil AUADIDOTON CHU LUN 347 O7 4,3 | mixle, sevrage, garde 63 3 4,7
F PAPE h Wa TSMNTT NN movenne C0 ;
Forar BAC SRE 1433 58 générale 4, (2)
(2) Cette proportion, note le rapport, est inférieure à la moyenne.
Mortalité pour 100 selon le mode d’élevage
AU: SEA. Pa D REEEeS oil au biberon / RP 5,9
mixle, sevrage, garde .... 3
= 592 Devant cette mortalité {la plus forte) par Pélevage au biberon et par troubles digestifs, devons-nous invoquer la qualité des laits ingérés ? Les vaches brelonnes ont pourtant une réputation de bonnes et saines laitières. Cette répulalion est méritée.
Leur traite est faile-trôop souvent d'une façon défectueuse par des personnes dont la proprelé des mains est douteuse; les pis des vaches ne reçoivent pas les soins nécessaires et les récipients à ait laissent à désirer. Ajouter à ces inobservalions des règles d'hygiène, les fautes des nourrices, c’est expliquer ce fort pourcentage. de la mortalité infantile parmi les enfants élevés au bibe-
ron.
FINISTÈRE, — Rapport supplémentaire 19FE : « Le Finisièré est prolifique. Il est classé second en France après le Pas-de-Calais. Malheureusement la mortalité infantile y est excessive, bien au-dessus de la mortalité moyenne de l’ensemble du territoire.
» Dans la France entière en 1908 la mortalité de O à 1 an a été de 13,73 p. 100 décès de tout âge; dans le Finistère en 1908 elle a été de 23,74 ; en 1909 de 18,20 ; et en 1910 de 16,50.
» 11 faudrait faire l'éducation hygiénique des mères... Il y a encore un nouveau facteur à cet étal déplorable, c'est la misère... »
De l’ensemble des nombreux rapports que nous avons parcourus nous donnons les quelques extraits suivants.
À propos des affections qui causent la mortalité la plus grande :
« Ces affections seraient évitables avec une hygiène
bien com prise. »
MCE
« Les biberons à tube tendent de plus en plus à disparaître. »
«On peut reprocher aux nourrices de donner beaucoup trop à manger aux nourrissons et de donner dés mets lourds (lard, sardine salée).» « Quand on a dit d'un enfant : il mange comme nous, on fui a exprimé la plus grande somme d'admiration possible. »
« Les troubles gastro-intestinaux, en été surtout, représentent l'affection la plus fréquente et celle qui est le plus à surveiller. Les enfants élevés au biberon sont. en général; plus chétifs que les autres. »
« Après avoir essayé le biberon, quelquefois l’alimentation solide, on se décide au sein. »
On signale la fréquence de limpétigo ou toque (an doken).
A propos de la vaccination (Côtes-du-Nord, 1909 : 38.239 vaccinés ; 1910: 38.717), on constale « que les nourrices montrent de moins en moins de résistance à faire vacciner les nourrissons ».
Partout on signale des progrès.
« Progrès sensibles chez les nourrices. »
« Elles se conforment facilement aux prescriptions qui leur sont indiquées. »
.« Ba gastro-entérite devient plus rare, les nourrices se contormant davantage aux prescriptions du médecin inspecteur pour la propreté des biberons et la réglementation des létées ou des prises de biberon. »
Cependant « les rois quarts des nourrissons qui suecombentæhaque année pourraient survivre, car ils sont les victimes de maladies théoriquement évilables et évilées dans les milieux moins primitifs où l'hygiène infantle, celle qui est à la portée de toutes les bonnes volontés, est acceplée et régulièrement mise en pratique. »