‹ Basse-Bretagne et Bas-Bretons: Etude d'HygièneChapitre 12 sur 29 · VÊTEMENTS · texte numérisé non relu

VÊTEMENTS

Le bretonnisme arlistique est trop répandu pour que nous insistions sur la variété et [ax richesse des costumes bretons. Nous ne formulerons qu'un vœu, c'est qu'ils Se maintiennent et que la mode, loute parisienne qu'elle soit, ne franchisse pas les limites de Basse-Bretagne. D'autres peuvent invoquer l’art, nous invoquerons l'hygiène. Il est évident qu'il n'y a rien de moins hygiénique que ces couvre-chefs de dimensions colossales et de poids proportionnel, que ces superpositions de chevelures supplémentaires, multicolores, que ces corsets étroits, d'autant plus appréciés qu'ils sont plus étroits, que ces chaussures déformantes dont s’affublent nos élégantes des villes.

La femme bas-bretonne ne connaît pas encore Lout cela, encore que le « progrès » se fasse sentir en Armorique. Elle lient encore à sa coiffe, qu'elle rapetisse cependant, à sa propre chevelure, à laquelle elle tend à associer une

chevelure étrangère. Elle respeete son buste et ne le soumet pas à des supplices exagérés. Ses sabots de bois lui suffisent et lui conviennent. Les dimanches et jours de fête, elle porte souliers.

Le paysan breton tient aussi à ses vêlements originaux, à son large chapeau de feutre, à ses sabots. Il est à souhaiter, au nom de l'hygiène, qu'il ne les abandonne pas, car ces vêlements sont sans inconvénients pour la

santé.

HYGIÉNE DU CORPS

En retour, il serait très désirable que les Bas-Bretons se soucient davantage de la propreté du corps.

La balnéalion, le lavage du corps entier ou de ses parties est inconnu dans les villes et dans les campagnes. Le marin est plus exposé aux occasions de se laver. )

L'eau ne manque pas, mais il faut mettre cette méconnaissance d’une loi essentielle d'hygiène, pour les femmes au moins, sur le compte d'une pudeur excessive qui craint le nu, son propre nu. El encore, le Bas-Breton est convaincu qu'étant protégé par ses vêtements, la malpropreté n'atteint pas le corps. Il a en cette matière tout à apprendre. [ne lapprendra certainement pas de ceux qui le lui reprochent le plus. Notre confrère, le docteur Tarlé, le faisait spirituellement remarquer dans sa thèse : A propos de l'hygiène du paysan en Brelagne, p. 61 : « Les Bretons passent pour n'être pas propres. C’est

vrai, mais pourquoi tant le leur reprocher ? Ils sont de leur temps à cet égard. Les statistiques nous donnent 2 à 3 bains par an et par habitant dans la Ville-Lumière el nous avons tout lieu de croire que le tub n’est pas une institution nationale. Ce n'est pas d’ailleurs particulier à la France. Pettenkofer ailleurs se plaint que « nous » envoyons notre linge au bain au lieu d’y porter notre » peau ». [n’y a plus aujourd’hui que les Japonais qui se lavent, et c’est pourtant un peuple agriculteur; et c'est même parce que la grande industrie est'sale, que ces paysans y sont en partie réfractaires. » |

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