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ALIÉNATION MENTALE

On répète, quand il s'agit d’alcoolisme, qu'ilest inséparable de l’aliénation mentale et de la tuberculose. II fait le lit de cette dernière, et conduit aussi souvent à la première. Nous avons, à l'aide de chiffres officiels, montré la progression ascendante de la consommation d'’alcools en Basse-Bretagne, en constatant cependant une diminution dans le dernier exercice de 1906. Pour étudier les rapports qui peuvent exister entre ces trois facteurs dans cette même région, nous recourrons aux sources les plus autorisées, aux rapports les plus récents de MM. les médecins en chef des Etablissements d’aliénés des départements bas-bretons.

CôTes-pu-Noro. — Du rapport de 1910, de M. le docteur Ollivier, médecin chef de l'Asile du Léhon (hommes), «il ressort que le chiffre actuel des présents (30 juin 1910) dépasse de 28 unités celui de l’année précédente. Cette augmentation est évidemment dué au nombre des entrées (130 au lieu de 107) puisque le nombre des sorlants, qui s’est accru de 4 unités, avait, au contraire, tendance à procurer une alténualion à notre pléthore sans cesse grandissante, Cette constatation n’a rien de rassurant. Le ch:ffre 130 des admis est considérable. Il n'a jamais été précédemment atteint. Il surpasse de 24,2 la moyenne des entrées de ces dix dernières années

La répartition des admis est aussi déconcertante.

Lo Les récidivistes arrivent à un chiffre supérieur de plus de moitié à celui du précédent exercice. La disette de pommes de la dernière récolte se trouve n'avoir produit sur le développement des psychopathies aucune influence salutaire. Et notre progression ascendante n'a -point subi d'arrêt du fait de la rareté du cidre, au contraire. »

Sur ces 130 entrants, 21 étaient atteints de folie Loxi-

que et 24 de dégénérescence mentale.

L'âge moyen de 20 à 50 ans fournit le plus de détraqués

Dix d’entre ces fous par toxiques étaient cultivateurs.

Sur ces 130, 55 avaient une instruction nulle. À

Les excès alcooliques prennent, et de loin, le premier rang des causes déterminantes des maladies mentales avec 49 cas.

L'hérédité en a déterminé 33, cette hérédité étant ellemème probablement redevable à l'alcoolisme.

Les arrondissements. de Lannion et de Guingamp ont fourni respectivement 14 el 21 cas, soit 35. Lannion cependant a passé du ?° au 5° rang.

La population totale de lAsile en 1901 était de 439. Ces chiffres sont allés en augmentant pour passer en 1910/2405?

La proportion pour 1.000 habitants était : en 1908, de 0,79 pour l’arrondissement de Guingamp, de 0,73 pour celui de Lannion; en 1909, de 0,81 pour l'arrondissement de Guingamp, de 0,73 pour celui de Lannion ; en 1910, de 0,85 pour D de Guingamp, de 0, 77 pour celui de Lannion.

Parmi les cantons les plus grevés au point de vue des psychopathies on remarque : au 3° rang, Plouha; au 4, La Roche-Derrien ; au 5°, Saint-Nicolas-du-Pelem.

Les affections médicales observées à l'Asile sont pour

DS JS TEE moitié des affections gastro-intestinales, ce qui cbrrobore cette idée de l'influence prépondérante de l'alcool dans laliénation.

Ea conclusion du rapport de M. le docteur Ollivier était celle-ci : « L'horizon ne s’éclaircit pas. Et la lutte

… ambialcoolique est encore trop peu organisée par les

re

Le

philanthropes ou trop mal accueillie par les intéressés pour nous autoriser à envisager un avenir meilleur. » A lAsile des femmes de Saint-Brieuc, le mouvement

“de la population était, au 1° juillet 1909, de 382, ct au

30 juin 1918, de 393, soit en augmentalion de 11 unités sur l'année précédente.

Le directeur, M. le docteur Tostivint, constatant le grand nombre de décès d'aliénés par tuberculose ou

troubles gastro-inteslinaux, ‘écrivait : « Ou net, ou se

lisant entre les lignes, nous retrouvons l'alcoolisme, personnel ou hérédilaire, comme cause de ces tuberculoses et de ces affections gastro-intestinales de la

syphilis (produit d'importation dans notre population

de marins) commandant aux affeclions vasculaires et nerveuses ». É

À cette même session [910 du Conseil général des Côtes-du-Nord, M. le docteur Chambrin résumait les

… rapports précédents et disait :°« L'alcoolisme, voilà le

mal. Le cullivateur forme le gros contingent. Or nous savons que la boisson du laboureur est le cidre. C'est un préjngé dans les campagnes qu'avec le cidre on ne peut devenir alcoolique; à notre avis, il serait bon, comme mésure prophylactique, de conseiller aux conférenciers et surtout aux instituteurs de bien montrer, dans leurs

- conférences comme dans leurs cours, la feneur du cidre

en alcool, et de frapper l'esprit de l'enfant et des parents en insistant sur la quantité d'alcool absorbé par un indi- ; 6

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