TUE
mois les plus froids, qui sont de 2° de moyenne à Paris, sont de 6° environ à Brest.
Ils entretiennent pendant l'été une humidité rafrat-chissante mais amènent en hiver des pluies abondantes.
A côté de ces rôles, on peut assigner aux vents celui de balayer Pair de ses impuretés, de-le brasser, de régler sa composition. É
La force moyenne du vent'est de ! m. 7.
c) Pluies. — Alors que la moyenne des pluies en France atteint annuellement 770 mm., que Paris et le Centre ont une moyenne annuelle de 556 à 650 mm., Nancy 782 mm. et Marseille 567 mm., la Basse-Brelatagne atteint 824 mm.
Ces pluies sont réparties de la façon suivante :
Maximum en automne: puis, par ordre décroissant,
hiver, élé, printemps.
La répartition des maxima est d'octobre à janvier, et octobre est généralement le mois le plus pluvieux. Le littoral est-il plus mouillé que lintérieur ? S'il tombe annuellement 1000 mm. d'eau à Brest, alors qu'a Ponüvy il n'en tombe que 700 mm. el au Faouël 782 mm., nous trouvons pour le bassin de la Cornouaille intérieure, dans la région de Châteaulin-Carhaix, des noyennes fannées41899% 1900, 1901 /et1890, 1891, 189?) de :
Années Châteaulin Pinity ACCarTAIX Goarem-Liziard 18900995 mm. 842 mm. 7356 mm. 1093 mm.
1891: :1106 ::— LOTO MER DANCE JS Re
1892 1026 — 860 — 796 — HEOS
Les années 1899, 1900, 1901 donnent pour la Feuillée 1109 mm. et pour Corlay 1101 mim., localités «terriennes ». $
Pour ces mêmes années Roscoff a 652 mm., l’île de Batz 554 mm., Ouessant 614 mm., Quimper 847 mm., Lorient et Auray 655 mm. Il y a donc, entre les monts d'Arrée et les montagnes Noires, une zone à pluies abondantes. Tout autour de cette cuvette les hauteurs
des pluies vont, en général, en diminuant progressive-
LA
ment. À
Dans cette Cornouaille intérieure « aucune saison n'est à proprement parler dépourvue d'humidité. Pendant l'été, qui est en général la saison sèche, l'abondance des pluies suffit quelquefois pour arrêter la maturation complète des moissons. Quant aux mois d'octobre, novembre, décembre ils sont invariablement mouillés. Des jours entiers, des semaines s'écoulent sans que cesse ce ruissellement de gouttes ténues qui, aussi bien et peut-être mieux que les pluies d'orage, transforment profondément la terre \ végélale des pentes el alimentent les cours d’eau (innombrables dans cette Bretagne au sol imperméable) dont les flots se creusent des vallées dei plus en plus profondes par l'affouillement de leur lit et la destruction de leurs bords : Les terres sont emportées, les blocs rocheux arrachés à la rive, les pierres brisées quelle que soit leur nature et décomposées. |
» Sous l'influence de l’eau qu'ils absorbent et du gel qui les dilate leurs feuillets se ‘séparent... 1à masse rocheuse devient jaune par suite de l'oxydation du fer qu'elle renferme et finalement se résout eñ terre argileuse, el ce n'est pas seulement la partie superficielle qui se modifie de la sorte, souvent à plusieurs mètres on trouve le roc profondément décomposé. » (Gallouédec
Etude sur la Basse-Brelagne, Annales de géographie, 1893-1894.)
Ces pluies se répartissent sur 147 | jours annuellement, la moyenne en France étant de 112 Jours de pluies par an. Nous arrivons certaines années pour quelques localités à des chiffres nettement supérieurs à cette moyenne. C'est ainsi que nous relevons 213 jours de pluies en 1907 à Beg-Melen, 184 en 1906 à Brest.
La station de Lanvollon (Côtes-du-Nord) a relevé, en 1905, 20 jours de pluies én novembre, 16 jours en janvier 1906 et 25 jours en octobre 1907.
Autant les pluies sont abondantes, autant les neiges sont rares. En 1890, à Saint-Mathieu, il a neigé 2? fois, à Vannes 5 fois, à Quimper il n’a pas neigé. À Lanvollon. en 1905, pas de neige ; il y en a eu 6 jours en 1906 et 3 jours en 1907.
Les gelées se font sentir chaque année Fatal une période assez courte allant de 30 jours en 1905 à Lanvollon, à 14 en 1906 et 16 en 1907. En 1890, on a observé à l'écluse de Châteaulin 46 joursiidéceléesrén. 1891 :50 jours ; en 1892, 31 jours.
La moyenne des jours de gelée est de 27 par an pour toute læ Basse-Bretagne. A
Et, de même que les pluies, les gelées el neiges varient quand'on passe de la côte à l’intérieur des terres. La Cornouaille intérieure est sous ce rapport encore désavantagée. Les chiffres que nous avons donnés concernant les années 1890-91-92 nous en fournissent la preuve.
Mais quel rôle jouent ces pluies en hygiène? Elles purifient l'atmosphère en lui enlevant au passage pour les entraîner au sol les poussières, les insectes, les microorganismes, les composés chimiques (acide carbonique ct
d'opnes | k
ammoniaque). Ce rôle purificateur se continue en paglie
sur le sol qu'elles lavent.
Ce rôle heureux est contrebalaneé par le fait que les pluies donnent les eaux d° alimentation. Celles-ci seront contaminées par les produits venus de l'air avec les pluies. Les pluies, en outre, humidifient le sol, qui devient boueux et retient ainsi tous les déchets très dangereux qui vont jusqu'aux sources. Cependant, d’après Lombard, la morbidité et la mortalité seraient en général plus faibles par temps humide que par temps sec. Les statistiques ne nous ont pas permis de vérifier cette opinion en ce qui concerne la Basse-Bretagne. Les mois les plus humides étant octobre, novembre et décembre, il eût été intéressant de savoir si les maladies sont à cette époque moins nombreuses qu'aux autres mois de l’année et de connaîlre les maladies les plus fréquemment observées pendant ces mêmes mois.
d) Température de l'atmosphère. — L'est de la France connaît les grands froids et les grandes chaleurs, le Midi, les hivers tièdes et les étés très chauds. La Basse-Bretaone, elle, est caractérisée par l'égalité de sa lempérature, par les différences très faibles que l’on trouve entre les tempéralures extrêmes de l'été et de l'hiver, entre les tempéralures moyennes de ces saisons, ou les températures moyennes de plusieurs années. Celte égalité se manifeste même sur des moyennes quotidiennes. Ici pas de dépression, pas de transition brisque entre la température de la journée et celle du soir. Et ici encore intervient l'influence de la mer. Elle absorbe du calorique pendant le jour pour le renvoyer la nuit.
La Basse-Bretagne est traversée par la ligne isothermique de 5° l'hiver, ligne qui longe la.côte méditerra-
néenne en Comprenant la région de Montpellier, pour ensuite passer au-dessus de Nice et Marseille.
La température moyenne annuelle est de 11°3 avec minima de 5°? en janvier et de 166 en juillet.
Plus on s'éloigne des bords de la Manche et de l'Océan, plus le climat est rude à cause de l'éloignement de la mer. Nous avons vu que les autres conditions atmosphériques suivent les mêmes lois. On comprend dès lors que la population soit de plus en plus pauvre, de plus en plus clairsemée, et que les conditions de l'hygiène soient plus détestables au centre que sur les côtes. La richesse du sol diminue dans les mêmes proportions. Nous voyons donc, une fois de ‘plus, les conditions économiques régler l'hygiène et la santé des individus.
La température de la Cornouaille intérieure est moins régulière, nous y avons rencontré les maxima des pluies, des gelées et des neiges de Basse-Bretagne, nous v rencontrons les minima de température en hiver, les maxima en été. En 1890, Roscoff avait un minima de — 5°, Chàteaulin de — 15°; en 1891, Roscoff — 7°, Châteaulin — 13; en 1892, Roscoff — 1°, Châteaulin — 9%.
En 1892, Châleaulin voyait sa température atleindre
30° à deux ou trois reprises, Roscoff atteignait le 16 août 29% pour un jour seulement. Lanvollon, Paimpol, Lannion, Tréguier au Nord ont des moyennes minima de — 5° et des moyennes maxima de 19°. Le long des côtes sud, Lorient, Auray, Vannes sont dans les mêmes conditions. Les primeurs, les fruits, les fleurs poussent en abondance au Nord comme au Sud. Cette influence bienfaisante de la mer se fait sentir assez profondément dans l’intérieur des terres en raison des profondes et nombreuses découpures des côtes de Basse-Bretagne.
À quelles autres influences attribuer la douceur du cli-
SE ORS mat de la Basse-Bretagne ? A sa situation au 48° de latitude. La latitude influe en effet sur la température, puisque la quantité de chaleur reçue dépend de langle d'inetdence sous lequel arrivent les rayons solaires. Cette température diminuant dé l'équateur vers le pôle, la Basse- Bretagne se trouve favorisée d'un elimat moyen.
Sans nul doute aussi au courant marin du Gulf-Stream qui vient du golfe du Mexique, d’où il sort àune température de 30°. Il n'est qu'ane ramification d'un grand courant tropical transatlantique dont les branches divergent pour se rendre aux pôles. Les rayons solaires les chauffent à l’équateur. Une branche se dirige vers l'Irlande. Mais, pendant tout le fong parcours à effectuer pour alteindre le Nord, le Gulf-Stream se refroidit en abandonnant en cours de route la chaleur qu'il a puisée à l'équateur et dont l’influence’se fait sentir sur toutes les régions du Htloral qu'il avoisine. On comprend ainsi que les îles aient le climat le plus égal et le plus doux, et les statistiques le démontrent.
La mer, dit-on, est un vaste réservoir de calorique ; elle s’échauffe et se refroidit lentement. Elle a une influence bienfaisante au point de vue physiologique, elle a de plus un attrait économique. |
Le climat de la Basse-Bretagne, climat maritime par excellence, doit son action physiologique à la composition chimique de l'air marin: Or « l'air marin présente quelques particularités. Il contient plus d'eau. On y trouve jusqu'à 0 milligr. 022 de chlorure de sodium par
que dans l'air des villes. Il s'y trouve à l'état d'iode orga-
litre (A. Gautier). L'iode y est treize fois plus répandu
nique, mais n'existe pas en dehors du protoplasma des algues et des diatomées en suspension (A. Gautier). L'air des côtes est d'ailleurs constamment renouvelé, toujours
vif et pur, à cause des brises et des mouvements incessants de la mer. L'aldéhyde formique en est absent (A. Lévy et Fenriet). Les mouvements des vagues ont aussi pour heureux effet de s'opposer à Finfluence fächeuse des malières organiques putrescibles que le flux tend à accumuler sur les côtes. La mer éloigne les poussières, les insectes, les microbes ; ceux-ci tombent dans les vagues, sont entraînés et non évaporés, si bien que l'air marin à 100 kilomètres des côtes ne contient pas un demi-microbe par mètre eube » (Miquel et Moreau, In Atmosphère et climats, Courmont et Lesieur, p.96).
Nous complétons celte étude par les considérations suivantes ürées de « Le climat marin dans Île traitement des tuberculoses chirurgicales », par le docteur Calvé (Paris Médical, n° 10, p. 251) :
1° L'air marin élant à son maximum de Eee le volume de chaque inspiralion conlient relativement une plus grande quantité d'oxygène. Il renferme trois fois plus d'ozone que l'air continental. |
» 2 Lorsque le vent souffle du large il cueille sur la crête des vagues des goutteleltes d'eau de ner qui finement pulvérisées (poudrain) restent en suspens dans l'air. La présence de ces principes salins a été constatée par Duphil et Gautier, et, si la quantité absorbée par lés poumons est peu considérable, leur action physiologique est indéniable et paraïil due à l'état physique el électrique : spécial sous lequel ils s’y trouvent {état colloïdal et dissociation électrolytique, ionique), ainsi que l'a établi Poehl (Congrès de Biarritz, 1905), el plus récemment le professeur Robin).
» 3° La mer joue le rôle d’un vaste régulateur thérmique, absorbant de la chaleur l'été qu'elle restitue l'hiver, atténuant, grâce à une évaporation constante, les fortes cha-
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leurs de la saison chaude, d'où un climat en général tempéré et régulier. Il n'est jamais trop chaud. La fraicheur qu'on y trouve toujours excite les phénomènes de combustion de facon à maintenir l'équilibre thermique du corps.
» 4 Le vent caractéristique habituel du climat marin possède une action dynamique considérable et en rapport direct avec son intensité (Maurel,de Toulouse, Société de biologie, 1907-1908). Il exerce un véritable massage du corps à travers les vêtements qu'il traverse facilement. [Il excite les fonctions cutanées et active les échanges respiratoires. »
Le même auteur résume ainsi l’action physiologique du climat marin : ;
« Action physiologique : Augmentation de l'appétit. Activité des fonctions respiratoires. Augmentation des globules rouges. Augmentation de la diurèse. Augmentation des échanges azotés. Diminution et arrêt de la déminéralisotion. Utilisation meilleure du phosphore ali= menlaire. Auginentalion de la consommation des maüières albuminoïdes. »
Il suffit d'avoir visité une usine à utilisation du varech pour se rendre comple que la mer est un arsenal thérapeutique incomparable.
L'usine de Lampaul-Plouarzel par exemple, située au nord de Brest, etexploilée par la Société coopérative des pharmaciens, (ransforme le brome des soudes de varechs en bromures de potassium, sodium, ammonium, strontium. ;
Des soudes de varechs elle extrait l'iode pour en former les iodures de potassium, sodium, de plomb, mercureux, mercurique, l’iodothymol, l'iodoforme.
Comme sous-produits elle obtient des sels de sodium :
{chlorures et sulfates. Viennent ensuite les sels de potassium (chlorures et sulfates) qui sont livrés à l’agricullure, au titre potassique, pour engrais.
Enfin, les soudes de varechs, épuisées au point de vue iodique, constituent un engrais lrès recherché par les
agriculteurs et qui doit son efficacité aux sels de polasse
qu'il renferme. Un dernier sous-produit, un sel iodobromo-chloruré, est exploité par. celte Société sous le nom de sel de Lampaul qui complète avantageusement les bains additionnés de sel marin prescrits aux malades comme succédanés des bains de mer.
Là luminosité du climat marin joue un rôle important dans celte action physiologique. Les fréquentes brumes ou brouillards de la Basse-Bretagne la diminuent. Cependant elles sont en dehors des saisons pluviales relativement peu fréquentes et peu épaisses, de sorte que la juminosilé y peul jouer encore une partie du rôle qu’on lui attribue. « L'action physiologique du soleil est due (le fait est connu) aux rayons ultra-violets, rayons chimiques ou actiniques. Or, si le pouvoir actinique des rayons solaires est intense à la montagne, ils’exerce au maximum au bord de la mer... La mer absorbe les ‘rayons caloriques et diffuse des rayons chimiques. » (Docteur Calvé.) = La mer a de plus un attrail économique. Elle est la grande ressource des Bas-Brelons. Elleexpüque la répartition de la population en Basse-Bretagne. Dans son travail : « Densité de la populalion en Bretagne calculée par. zone d’égal éloignement de la mer (Rennes, 1905) 5 M. E. Robert constate, en effet, que, si la moyenne de la population en France est de 72 habitants au kmgq., celle de la Bretagne atteint 90; mais alors que tel cauton du centre, Scaër, par exemple, éloigné de la mer
NS An
de 30 à 40 kilomètres environ, compte 55 habitants au kmq., tel canton de la côte en compte 178. Dans le Léon on comple même, à proximité des côtes, 215 habitants au kmq. A quelques kilomètres des côtes, 150. À 30 kilomètres environ, on n’en compte plus que 70 et lon arrive au chiffre de 40 dans les monts d'Arrée.
Sur la côte sud, la première zone du Vannetais, par rapport à la mer, compte 187 habitants, les dernières zones n'en comptent plus que 56 et 47. « Les aggloméralions, très denses sur une zone qui varie de 5 kilomètres sur le plateau méridional à 10 et même 20 sur le plateau seplentrional, vont en diminuant régulièrement de la mer vers l'intérieur où dans certaines communes la densité est de moitié inférieure à la moyenne de la France. »
(Robert.)
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