HABITATION
Les Bas-Bretons forment un peuple de marins et de cultivateurs. Les marins, ou vivent en agglomération, comme dans le Sud-Finistère, et ne sont alors que marins, ou sont en même Lemps cultivateurs et marins vivant dans des maisons isolées dont les conditions d'hygiène sont celles des fermes.
Nous ne nous occuperons pas de l'hygiène des agglomérations (villes et bourgs) en Basse-Bretagne. Elles ont les avantages et les inconvénients de Loutes les agglomérations ; nous étudierons la ferme bas-bretonne.
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A mesure que l’aisance pénètre chez le paysan, la ferme se transforme. Les chaumières lendent de plus en plus à disparaître. Les cloisons de séparation entre crèches et maisons d'habitation, dont on disait qu'elles existaient si peu, qu'hommes et animaux vivaient dans la même pièce, se font rares ; chacun vit chez soi. Les bêtes sont logées chez elles, à Pécurie; les gens habitent une maison conliguë, mais qu'un fort mur de pierres sépare de l'écurie. D'ailleurs nous donnons ici le plan d'une ferme moyenne du type le plus courant, qui nous permettra d'éviter les descriplions souvent confuses et nous rapprochera par là même de la vérité Nous le devons à l'obligeance de notre oncle, M. A. Troadec, entrepreneur à Saint-Renar, Finistère (Léon).
Nous avions posé à M. Troadec un certain nombre de questions que nous eslimions avoir grand intérêt à conpaître parce qu'elles développent ce plan et sont des indications pour la bonne connaissance des conditions d'hygiène de la ferme.
Orientalion des fermes. — Les édilices sont orientés : 1° fa maison d'habitalion : le plus possible au midi, la façade surtout; 2° pour les édifices autres que la maison, les positions varieut suivant la disposition du lerrain et la facilité d'accès sur la maison ou sur Les terres dépendant de la ferme.
Cette question d'orientation des façades des bhabitations au midi est importante. « Indépendamment de l'aclion morale qu'elle exerce sur les habitants, Finsolalion des façades est pour l'habitation même une condition fondamentale de salubrité. Cette insolation est ulile, en effet, pour échauffer et assécher les murailles, pour en activer la ventilation interstitielle, pour détérminer une aération énergique des maisons et des rues; de plus,
/ - 84 — son action microbicide en fait un agent puissant de désinfection. Il est done utile de savoir déterminer Îles conditions dans lesquelles se trouve placée une façade quelconque, la durée et les heures même de l'insolation
de ces façades. Sans doute la connaissance de cette durée
et de ces heures n’est pas suflisante pour renseigner exactement sur l'intensité même de Pinsolation. Il faudrait tenir compte d'autres facteurs, tels que l'angle d'incidence des rayons solaires sur la façade aux divers moments de linsolalion, la hauteur à ces mêmes moments du soleil au-dessus de l'horizon, hauteur de laquelle dépend l’épaisseur de l'atmosphère traversée et par suite de l’absorption exercée par cette atmosphère sur la radiation solaire, l'altitude du lieu qui influe également sur l'épaisseur de lPatmosphère absorbante ; le pouvoir absorbant de l’air essentiellement variable d’un jour à l’autre, d'un moment à l’autre... » {Zn Bertin-Sans et Gagnières, 1901: Les conditions d’insolation des façades d'habitation).
L'orientation de la ferme est donc excellente : non seulement elle présente sa façade au soleil, mais aux
vents du S.-0., du N.-0. et O.,qui prédominent en
Basse-Bretagne avec leur cortège de pluies, elle présente ses pignons ou les immeubles y attenant.
Emplacement. — Quant à sa situation sur les hauteurs ou dans des bas-fonds, elle est commandée par des motifs multiples parmi lesquels l'hygiène est oubliée, et cela se conçoit. On ne choisit pas les terres que l’on veut. Mais, dans le choix de l'emplacement à donner à la «maison d'habitation, le paysan pourrait s'inspirer de considérations d'hygiène: direction des vents, pluies, exposilion, assises variant selon le terrain, etc.
L'humidité du climat veut que la maison soit humide.
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Les brouillards empêchent en partie l’action bienfaisante du soleil, mais aussi la maison ne réalise pas loutes les conditions d'hygiène désirables, en partie par la faute de ses habitants. |
Abords de la ferme. — On y accède du dehors, la plupart du lemps en faisant quelques mètres sur les débris de plantes coupées sur les talus, que lon étale devant la maison. Ces débris de plantes [ajones, ronces, fougères, feuilles sèches) constituent au bout de peu de temps, après les pluies surtout, et quand il s'y ajoute de la boue ou du fumier, un eloaque. Une parcelle amenée sous les sabots de chacun, sur le sol battu et inégal de la maison, transforme souvent le rez-de-chaussée en un bourbier.
Sol du rez-de-chaussée. — Un de nos amis, cultivateur, nous écrivait à ce sujet : « L'hygiène des maisons ? Îl faudrait que toutes les maisons soient dallées en pierres où en ciment. De la terre du rez-de-chaussée s’exhale pendant les saisons humides une odeur nauséabonde. Etil est souvent presque impossible de désinfecter pendant longtemps une maison où a sévi la typhoïde ou toute autre maladie contagieuse, épidémique. »
Ces sols de plain-pied ont, en outre, l'inconvénient de donner accès dans la maison à l'air venu du sol. Et cet inconvénient mérite qu'on en tienne comple, puisque cet air contient 9,74 de CO? au lieu de 0,03 p. 1000 qu'en contient l'air atmosphérique et qu'il comprend de plus de PNHF, de lhvdrogène sulfuré et carboné, tous produits résultant de la combustion et de la destruction des matières organiques.
Mobilier. — La ferme est par le mobilier.
Les meubles donnent asile à loutes les poussières; ils ne sont que très rarement lavés ; désinfectés jamais.