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De tous les meubles, il en est un dont la transformalion sinon la disparition est souhaitée par tous Îles hygiénistes, c’est le lit clos. Il se trouve au rez-de-chaussée ou à l'étage. Il est à ciel ouvert ou à ciel fermé. Dans ce dernier cas il supporte tout ce qu'il y a de rebuts (ferrailles, vieux linges, bois, etc.). Qu'il ait plus ou moins de 2 mètres de long, plus ou moins de ! m. 50 de large, ül est antihygiénique.
Faire ce lit est chose peu commode, on comprend donc qu'on s’abstienne de l’aérer, de le désinfecter. [l a tous les inconvénients possibles, et il n'est pas un médecin qui ne demande sa disparition. Que de tuberculoses se sont transmises par lit-clos ! Gue de maladies contagieuses !
Aéralion. — La ferme bretonne est à pièce unique et à seul rez-de-chaussée le plus sonvent. L'étage cependant devientplus répandu. Le rez-de-chaussée ne forme qu’une vaste ‘pièce, de même l'élage. Le rez-de-chaussée n'est éclairé que du côté de la façade. L'élage est éclairé le plus souvent des deux côtés. |
Les ouvertures, portes et fenêtres, sont de dimensions et de nombre restreints pour des habitations aussi vastes : 2 fenêtres au rez-de-chaussée, 2 ou 4 fenêtres à l'étage, dimensions 1 m. 33 >< 0 m. 80 ou 1 m. 66 >< 0 m. 90, mais plus rarement. Néanmoins elles sont presque constamment ouvertes, la porte tout au moins, et l'air est renouvelé au fur et à mesure de sa viciation. D’après les dimensions que nous avons données, le cubage individuel seralt plus que suffisant, n'était l'encombrement des appartements.
L'air des fermes ne se vicie pas seulement par la présence de ses habitants, mais aussi.par les produits nocifs venus du dehors, par l'évaporation des fumiers et bour-
biers voisins, par les saletés que retient le sol battu. Il n'est pas jusqu'aux animaux de basse-cour qui ne lrouvent asile pendant la journée dans la ferme.
La ventilation est assurée constamment par les portes, fenêtres et les theminées à foyer ouvert. Dans presque Loutes les fermes il existe deux cheminées, une à chaque extrémité de la pièce. Leurs dimensions sont de 1 m. 70 à 2 mètres d'ouverture.
Eclairage. — Îci encore Panier ent vient contrecarrer les avantages que la ferme relirerait de son exposition au midi, de sa situation isolée. [l y aurait avantage encore à augmenter les dimensions el le nombre des fenétres surtout au midi et en rapprocher le sommet des plafonds. Cela faciliterait la pénétration de la lumière du soleil jusqu'au mur opposé, d'autant que la profondeur du local (5 m. à 6 m.) n'est pas trop disproportionnée à sa hauteur (2 m. 35 à ? m. 50) pour faciliter cette péné-
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Cet éclairage naturel ne devra pas être brisé dans son uniformité par la présence de bâtiments ou d'arbres devant la façade éclairée. [l faut réserver les arbres aux orientations O., S.-0. et N.-0. qui sont les orientations des vents et pluies le plus fréquemment observées dans toute la Basse-Bretagne. La ferme retirerait avantage au blanchiment de tous ses murs à la chaux. La chaux est un désinfectant utile facile à se procurer.
Indépendamment de toute autre importance, le blanchiment des murs à la chaux joue dans la question d’éclairage un rôle important par la réflection que celle-ci éprouve au contact des surfaces blanchies. Son emploi, à ce point de vue encore, est indiqué dans les fermes actuelles où les fenêtres sont petites.
Il est heureux aussi qu'il n'y ait le plus souvent ni rideaux, ni persiennes, ni volels.
Quant à l'éclairage artificiel, if intervient si peu dans l'hygiène de la ferme que nous ne nous arrêlerons pas à discuter des divers modes d'éclairage. On se couche de. bonne heure. Les veillées, pour tardives qu'eiles soient, n'ont rien des soirées plutôt malinales des villes. De plus en plus les fermes sont éclairées par des lampes à pétrole.
Chauffage. — Malgré le déboisement intensif auquel on soumet malheureusement la Basse-Bretagne, le bois est encore seul employé pour le chauffage (ajonc, genêt, chêne, hêtre, etc.). La consommation en est quotidienne, dure environ 6 à 8 heures et est abondante. Les dimensions des cheminées, les vents presque constants qui augmentent le tirage, le cubage des pièces ne permettent pas aisément la viciation de Pair par le chauffage. Mais la siluation des cheminées aux deux extrémités des grandes pièces (rez-de-chaussée, étage) de la maison ne contribue pas à la bonne, à l'uniforme répartition de la chaleur. N'étant pas uniforme, trop de points échappent à son heureuse influence. Il faudrait pour y remédier, et par là annihiler les effets del'humidité, adopter une autre disposition des pièces, les diviser.
Il faudrait aussi qu’à l'étage on puisse faire du feu et que là où existent des cheminées on en fit.
Aux quelques inconvénients de l'humidité que n'atteint pas le chauffage, on pourrait remédier en enduisant les surfaces extérieures des murs exposés aux pluies, de substances que ne pénètre pas l'humidité, telles que du ciment.
Il faudrait d'autre part aménager dans toute ferme une pièce avec fenêtre, cheminée, lit de fer, murs, plancheret
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plafond lavables, qui servirait de chambre pour isoler tout malade. On ne verrait probablement plus de ces familles disparaître par contagion réciproque dans des maladies infectieuses.
On exeluerait de celle pièce, comme des autres d'ailleurs, toutes draperies, rideaux, corniches, tapis, placards, etc. Les murs seraient enduits à la chaux. Les dépenses faites pour les réformes hygiéniques consti-. tuent un jargent bien placé.
Avec la disparition du ht-clos qu'il faudrait remplacer par de simplesilits de fer faciles à faire, à laver et désinfecter, avec le cloisonnement des pièces qui ne permettrait plus que les lits voisinent directement avec la table à laquelle on mange et avec les coffres sur lesquels se déposent les plats, terrines de lait, etc., la réserve d'une pièce pour isolement de tout malade, le désencombrement du mobilier, le blanchiment des murs à la chaux, le carrelage du sol du rez-de-chaussée, voilà les réformes urgentes qui s'imposent pour la ferme basbretonne. Il y aurait aussi très grand avantage à adopter/partout les fenêtres de ? m. 66 >< 0 m. 90. La hauteur des pièces restant de 2m. 35 à 2 m. 50, la profondeur de 5 mètres’ne doit pas être dépassée.
Matières usées. — Toutes les matières usées, les: ordures ménagères, les balayures, les eaux sales, urines, malières fécales, toutes vont se rejoindre sur le fumier qui avoisine la maison, et qui est à proximité du puits.
Le danger qui résulté de la présence des matières fécales dans l'habitalion lors des maladies contagieuses est augmenté par l'absence de table de nuit. La contagion des maladies peut se faire ainsi directement par contact dans la maison même, par l’eau du puits, où passent les infiltrations des fumiers véhiculant les micro-
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bes, par les mouches et moustiques qui, du fumier, les communiquent à l'homme ou plus facilement à sa nourriture. Les cloisonnements que nous proposons remédieraient en partie à cel état de chose. IT faudrait qu'il y eût des fosses d'aisances à distance convenable, el 1mperméables, faciles à désinfecter, que le puits ne fût pas si près du fumier, mais à une distance de 19 à 20 mètres au minimum l’un de l’autre pour diminuer les chances d'infiltration, que les abords du puits fussent imperméabilisés par une cimentalion étendue ; le puits serait à une extrémité de la ferme et en partie hante, le fumier à” l'extrémilé opposée ou dans une silualion telle qu'il ne puisse influer sur les eaux d'alimentation.
L'utilisation agricole des matières usées est à surveiller quand elle s'adresse aux produits qui doivent servir directement à la consommation, et qui ne devront jamais recevoir les déchets d’un typhique, par exemple. Dans les cas de maladie contagieuse, l'indication absolue est d’avoir une fosse étanche où seront traitées par les antiseptiques toutes les matières usées avant d'être déversées dans la fosse. |
Les considérations qui précèdent permettent de se rendre comple que la cour de Ja ferme est malencontreusement exposée devant la façade de la maison, alors que sa place devrait être au nord, où la ferme n’a pas d’ouverture. Néanmoins, il y a progrès. On nous signale de beaucoup d'endroits, et nous l’avons pu constater nousmème, une notable amélioration dans le confort, l'hygiène des habitations. Toutes ces lransformations s'opèrent insensiblement aux dépens du pittoresque et de la tradition, mais pour le plus grand bien de la race. Pittoresque el tradition n’en mourront pas. Leurs domaines sont encore nombreux et vastes où se réfugier.
pas exacts pour tous les points de la région, ils sont moyens.)