CHAPITRE XL
qu'elle se termine à zéro, vers le Sud-Est, à moins de 500 mètres de distance. Ce rejet de 120 à 130 mètres s'ajoute à la faille de la République, c'est-à-dire que l'amplitude de celle-ci, qui est de 80 à 100 mètres seulement à l'Est du point de jonction, devient 220 mètres au delà; de plus, on ne retrouve aucune trace de cet accident secondaire, au Nord de la faille principale, dans les travaux du Gros.
A la surface du sol on reconnaît la faille du puits Mars, sur les bords de l'étang desséché de Méons, auprès de l'ancienne fendue de la mine. On voyait là, côte à côte, le long de la faille, un massif de grès grossier au toit de la faille et la houille de la treizième au mur.
Le charbon du puits Mars était brillant et pur, mais tendre comme en général tous les bons charbons à coke (n"" 93 à 98 du tableau des houilles}. Malheureusement déjà au puits Saint-Claude^ à 270 mètres du puits Mars, à la profondeur de 200 mètres, la couche commence à s'altérer. Entre les bancs de houille se développent des schistes et du minerai de fer ; c'est le pendant de ce que nous avons signalé, à la Côte du BrûUj dans la concession de Chaney, et dans les travaux des puits Rosand et Grégoire de Reveux. Par suite de l'intercallation de l'élément terreux, les sept mètres de houille et schistes, connus au puits Mars au-dessous du carreau, dépassent 10 mètres au puits Saint-Claude.
Plus loin, au puits Verpilleux, la houille est encore moins pure qu*au puits Saint^Claude. La puissance de la couche, prise au-dessous du carreau, est de 7",50. Enfin, au puits de VÉparrcy à 2&0 mètres de profondeur, et au voisinage de la limite orientale de la concession, les schistes se sont développés au point de rendre la couche complètement inexploitable. Dans cette région, en amont du puits de VÉparre, où la couche n^est pas encore complètement altérée, on exploitait, en 18&1, le minerai de fer, en même temps que la houille, pour l'usine de TBorme.
§ 172. — Vers cette époque, de 18&1 à 181i3, je visitai fréquemment les travaux de Méons. Jusqu'alors tous les ingénieurs et directeurs de mines sans exception admettaient^ comme une sorte d'axiome indiscutable, qu'il n'y avait, dans le bassin de Saint-Étienne, qu'une seule grande masse, la
troisième, c'est-à-dire que la grande couche de Côle-ThioIIière et la grande masse des mines du Treuil et de Bérard étaient identiques, aussi bien avec la couche de Y Étang (la treizième actuelle), qu*avec la couche alors exploitée par les puits Payet, Bréehignac, le Bessard et Saint-André (la huitième actuelle).
Or, dès mes visites de iS&l, je fus frappé des différences que présentait la couche de TÉtang avec sa voisine du puits Saint^Andréy et des facilités spéciales que présentait ce district pour l'étude de Tâge relatif des couches. Les travaux souterrains des deux mines voisines n'étaient alors qu'à 80 mètres de distance horizontale, mais on ne savait pas encore s'il existait ou non une faille dans ce court intervalle.
En s'avançant, depuis le puits Saint-Claude, le long de la couche, vers rOuest, on contourna l'origine de la faille du puits Mars, et Ton put ainsi suivre le lambeau rejeté en profondeur par cet accident.
On se dirigea directement sur le puits Saint-André, mais on fut bientôt arrêté par une nouvelle faille, parallèle à la première. D'autre part, les descentes, ouvertes dans les travaux du puits Saint-André, avaient rencontré le même accident du côté opposé. On constata qu'il y avait chevauchement; que la différence de niveau était de 30 à hQ mètres, et que les deux couches ne pouvaient être identiques, à moins d*une véritable faille inverse. Cela n'était pas impossible, car on ne savait pas alors que, dans le bassin de la Loire, les seules failles longitudinales sont parfois inverses. Pourtant il était évident qu'^n cas de glissement de la couche sur elle-même, elle n'aurait pu changer de caractères, tandis que précisément les différences entre les deux couches étaient grandes de part et d'autre de la faille. Nous les indiquerons en nous occupant de la mine du Bessard. Pour le moment, parlons des travaux qui furent alors entrepris (voy. pi. IX et coupe pi. XXVI).
Remarquons d'abord qu'au point où Ton atteignit la faille, dans la couche de VÉtang, le chevauchement horizontal était de 70 mètres. Ce fait, que je pus constater en automne 18/13, rapproché des différences que présentaient les deux couches au toit et au mur de la faille, ne laissa plus aucun doute dans mon esprit. La couche du puits Saint-Claude devait être inférieure à celle du puits Saint^André. Aujourd'hui le fait est si évident,