CHAPITRE XI
Montheil. Ajoutons que les effets de la faille peuvent être constatés^ d*uhe façon très nette, à la surface même du sol, sans le secours des travaux souterrains. En effet, lorsqu'on suit l'ancienne route de Lyon, on voit, au coteau de Monthieux, les assises se relever verticalement contré le massif h strates peu inclinées, que le chemin de fer de Lyon franchit en profonde tranchée; et au delà, en descendant vers le puits de F Est, on voit de même les assises de Tétage moyen (les couches 3 à 7) se relever le long de la faille de Monthieux. On peut, en un mot, vérifier, par la simple étude de la surface^ l'exactitude de la coupe fig. 31 ci-dessus insérée dans le texte.
La houille de la huitième couche, dans ce quartier, est un charbon gras ordinaire, tendre et pur. Au milieu de la masse à éclat vif on;aper^ çoit quelques lamelles ternes, comme dans les houilles à coke. ,La proportion des matières volatiles atteint 30 à 33 pour iOO; celle des cendres 5 à 10. Les quatre échantillons n'^ 50 à 53 du tableau des houilles provien-* nent des mines de ce sous-distrlct. Au reste, depuis dix ans, ces anciennes mines sont complètement déhouillées. Au lieu de la huitième, on y exploite maintenant le groupe 9 à 12 et la treizième. Disons enfin, pour caractériser le charbon de la huitième dans ce quartier, qu'on le vendait comme charbon de forge de deuxième qualité et, à défaut de houilles plus car* burées, pour la fabrication du coke de qualité ordinaire.
§ 178. — Le district dont nous nous occupons se compose de deux sous-districts, séparés l'un de l'autre par la faille du Soleil. Nous venons d'étudier celui qui s'étend à l'Est, ou au mur de la faille; passons mainte* nant à celui qui est situé à l'Ouest, au toit du grand accident. Il comprend plus particulièrement les concessions du Treuil, de la Roche et de Bérard, auxquelles il faut joindre la partie de celle de Terrenoire, connue sous le nom de Mine du Gagne-Pelit^ ainsi que la région Ouest de la concession de Monthieux (pi. X et XXI).
On exploite, dans ce sous-district, l'étage moyen et la huitième couche.
Commençons par l'étage moyen, car c'est lui qui a servi de type pour le classement des couches de Saint-Etienne.
Lorsqu'on contourne & mi-hauteur le coteau du cimetière de Saint-^
Etienne, on rencontre, à l'Est et au Nord, les traces d'un double aflBeurement, jadis exploité par une série de galeries pour houille et minerai de fer. Ce sont les couches n"" 1 et 2, de Tétage moyen, séparées Tune de l'autre par 6 à 8 mètres de schistes plus ou moins charbonneux, au milieu desquels se trouvent des rognons de minerai lithoîde et des fragments de conifères transformés en carbonate de fer. Les couches elle-mêmes ont 0'",50 à 0"',90 de puissance ; c'est du charbon cru, entremêlé de schistes et de minerai. On les exploita, de 1822 à 1830, comme couches à minerai, pour les hauts fourneaux de Terrenoire. C'est au toit immédiat de la première couche que se trouve le banc de grès fin de 3 à & mètres, dans equel Alexandre Brongniart découvrit, en 1821, la forôt de Calamités pachyderma, en tiges debout, dont j'ai parlé au § 65 ^
Sous le cimetière les assises du terrain sont presque horizontales, ou du moins plongent à peine de 5 à 6 pour 100 vers le Sud. Soiis la deuxième couche affleure, au pied du coteau, un banc de grès de 8 à JO mètres, que l'on exploita jadis, pour pierres de taille, sur le versant Nord de la colline au hameau du Treuil. Au-dessous du grès vient le schiste qui sert de toit à la troisième couche, ou Grande masse. La distance de la deuxième à la troisième est, sur ce point, d'environ 15 mètres. Mais cette distance, et surtout l'épaisseur du banc de grès, varient beaucoup. Au puits Bourgoing le banc de grès n'a plus que 3 à il mètres, et au puits Achille il est même réduit à zéro. Dans la concession voisine de la Roche le grès disparaît aussi, et la distance de la deuxième à la troisième est ramenée à neuf ou dix mètres, du moins vers l'extrémité Sud de la concession, car au Nord, dans les puits des Floches et du Chêne, le grès reparaît sous forme de banc épais.
Les couches n?« 1 et 2 ont été rencontrées dans la plupart des puits du Treuil, de la Roche et de Bérard, et partout avec des caractères analogues; elles sont minces et de qualité inférieure, aussi furent-elles généralement appelées Bâtarde et Crue par les mineurs du pays. La première est la moins importante des deux.
4. Ces calamités debout furent aussi rencontrées au même niveau dans plusieurs puits de ce quartier, entre autres au puits Neyron,