‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 136 sur 280 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

septième, et se compose, comme toujours, d'une couche principale et d'une petite veine crue^ placée à quelques mètres au toit de la grande. C'est cette huitième couche que l'on exploite activement, depuis vingt ans, dans le sous-district dont nous nous occupons.

Les courbes de niveau des travaux de la huitième sont représentées sur une carte spéciale (pi. XXI), où la surface du sol est figurée autant que possible avec les nouvelles constructions qui ont, depuis trente ans, profondé*ment modifié son ancienne physionomie. J'ai, au contraire, conservé celleci sur la feuille normale de l'Atlas qui porte les courbes de niveau de la troisième couche (pi. X).

Avant de passer à la description de cette grande couche inférieure, il convient pourtant de se demander si cette couche correspond bien à la huitième des districts précédents, car toute continuité fait ici défaut, grâce à l'énorme faille du Soleil qui limite la huitième du coteau de Montheil. Or, cette couche est si variable dans son allure qu'elle aurait, à la rigueur, pu s'amincir et même disparaître à l'Ouest. En ce cas la grande veine inférieure de la plaine du Treuil devrait correspondre à la treizième et non h la huitième ; or, s'il en était ainsi, non seulement la huitième, mais aussi la série 9 à 12 se serait modifiée au point de devenir méconnaissable. Eh bien ! sans m'appuyer sur le fait, tout récemment constaté, de Texistence de la série 9 à 12 sous la grande couche inférieure du Treuil» il convient de rappeler ici ce que j'ai établi, dès 1866, au sujet du rang de cette couche du Treuil \

Il est évident, d'une part, que la faille du Soleil fait descendre la. huitième sous la plaine du Treuil, et que l'importance du rejet équivaut, à 20 mètres près, & l'intervalle qui sépare la huitième de la troisième, puisque l'altitude de la huitième est de &70 mètres à Montheil et celle de lalroisième de &50 mètres, au pied de la faille, près du puits Thiblier.

D'autre part, nous avons vu que la distance de la huitième à la septième est, à Monthieux, de 190 à 200 mètres, et celle de la septième à la

4 . Voir la note sur la classification des couches du bassin de la Loire dmis le BuHetin de PItdusirit minérale, t. lî, année 4866 {%• série).

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troisième de 55 mètres lorsque la quatrième est unie à la troisième» comme au puits /afrin; par conséquent, la distance de la troisième à la huitième doit être, au puits Jabin, de 195 + 55 =s 250 mètres, et Tamplitude du rejet entre Montheil et le puits Thiblier de 250 + 20 = 270 mètres. Or, la grande couche inférieure est au puits Jabin à 315 mètres de profondeur, c'est-àdire sensiblement à la distance de 250 mètres, augmentée de celle de 60 mètres^ qui sépare la troisième couche de la surface du sol dans ce puits, soit ensemble 310 mètres. Ainsi donc, si la huitième n'a pas disparu, elle doit précisément exister au puits Jabin, vers le niveau même où se trouve la grande couche inférieure. L'identité résulte d'ailleurs aussi des caractères mêmes de la couche. Elle ressemble, en effet, de tous points à celle de Montheil, comme cela devait être, puisque au pied d'une faille les couches doivent nécessairement avoir la même puissance et le même aspect qu'en amcmL Ainsi le rang de la grande couche inférieure, sous les plaines de Bérard et du Treuil, est bien définitivement fixé.

Ajoutons seulement qu'au puits de la Pompe, dans la concession du Treuil, la distance de la troisième à la huitième s'élève à 280 mètres gr&ce aux 22 mètres qui séparent ici la troisième de la quatrième couche. L*amplitude de la faille du Soleil grandit d'ailleurs aussi vers le Nord ; elle est de 300 mètres au puits Achille.

§ 18&. -— Gela dit, donnons quelques détails sur la nature même de la huitième couche dans le sous-district du Treuil. Les travaux y furent ouverts vers 1860 et s'y développèrent rapidement, au Treuil d'abord, par les puits, de la Pompe et du Grand-Trmil, auxquels vint' s'ajouter plus tard celui de la J/anu/o^^ure pour l'aérage et les remblais; ensuite, dans les concessions de Bérard, la Roche et Terrenoire par les puits Jabin, Neyron et du Gagne-Petit. C'est aussi vers cette même période, de 1860 à 1875, que l'on acheva de déhouiller, dans ce district, les derniers restes des couches de l'étage moyen, la septième surtout.

La huitième couche est limitée, dans le sous-district du Treuil, par les mêmes failles que les couches supérieures. A VEst par la faille du Soleil, à \ Ouest par les premiers gradins de celle du Furens, qui pénètrent, à ce

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niveau, du Treuil dans la concession voisine du Quartier Gaillard; au Svd par la faille du Gagné -Petit» qui s'avance, grâce à sa plongée, dans la concession de Villebœuf ; enfin au Nord par l'embranchement de la faille du Soleil, déjà désigné, dans les couches supérieures, sous le nom de faille du Marais. C'est, en gros, un rectangle de 2,500 sur 1 ,000 mètres de largeur. (PI. XXI et X )

Du Nord au Sud la huitième couche éprouve, au Treuil, la même transformation qu'à Méons et à Montheil. En amont de la faille du Soleil, la crue est voisine de la grande dans les puits Saint-Louis et Bréchignac ; elles se séparent l'une de l'autre aux puits Pegret etMontheilj et la distance s'accroît plus encore au Sud, dans la concession de Monthieux. 11 en est de même au pied de la faille. Au Treuil, le nerf qui sépare les deux veines est de i'",50à 2 mèlres seulement; au puits Jabin on trouve 25 à 35 mètres, et, à la place du schiste fin, du grès plus ou moins schisteux. Voici, au reste, les coupes des couches dans les deux puits :

Au PUITS DE LA Grande pompe.

Au PUITS JABIN.

Houille. . .

Schiste. . .

Houille. . .

Schiste. . .

Houille dure Houille mi-dure Houille tendre.

Houille très tendre (Moure

0 50 \ 4b,50. Couche dite la Crue,

4 50 à 4 80 grès schisteux . 25 à 35", Nerf de grès.

3™,80. Huitième couche

La puissance de la couche principale n'est d'ailleurs pas partout aussi forte. Au puits de la Providence on ne trouve que 2",«S0, et au-dessus la veine supéreure mesure 1",15.

Du côté de l'amont pendage la couche plonge régulièrement vers

le Sud, et cela aussi bien dans la concession du Quartier Gaillard (mine

de Montaud) que dans les travaux du Treuil ; cependant, sous l'influçnce de

la faille du Soleil, Tallure se modifie graduellement. Au voisinage de cette

faille, les assises plongent au Sud-Est depuis les environs du puits de la n* 32

Manufacture jusqu'à la hauteur de celui du Grande-Treuil; au delà elles inclinent à l'Est, et même au Nord-Est, à rencontre de la faille du Soleil. Aussi s'est-il formé, le long de cette faille, un véritable bas«*fond, qui atteint son maximum sous la verticale du puits Achille, où la couche descend à la cote de 170 mètres. Outre ce bas-fond il existe, à l'Ouest du Grand-Treuil^ sous la verticale du chemin de fer du Puy, une sorte de vallée souterraine, partant de la cote de 220 mètres, et s'abaissant de l'Ouest à l'Est, c'est-à-dire du pont du Furens vers le puits Achille. Du fond de ce vallon souterrain, la couche se relève, au Nord, vers le puits de la Manufacture, et au Sud, vers le puits de la Providence. Pour atteindre la cote maximum de 170 mètres, il a fallu approfondir le puits du Grand-Treuil de kO mètres au-dessous du mur de la couche, et y ouvrir successivement trois travers-bancs aux profondeurs de 301, 311 et 320 mètres. Ce dernier, dans la direction du puits Achille, n'est même pas arrivé au point le plus bas du gtte, malgré sa Iongueur de 300 mètres. Une zone de près de 200 mètres de largeur reste encore en aval, et s'exploite par une série de galeries inclinées. La pente n'y dépasse heureusement pas 10 pour 100, et les eaux n'y affluent guère. On les retient au niveau de la septième couche, et les épuise par une forte pompe, placée au puits du Chêne. On a de même approfondi le puits Jabin, de 30 mètres au mur de la couche, afin de pouvoir ouvrir, à ce niveau, un travers-bancs allant rejoindre la partie Sud du même bas-fond au pied de la faille du Soleil.

Sauf une série de rejets sous le cimetière, la couche est régulière dans la concession du Treuil et peut y être exploitée avec facilité. La pente atteint cependant 15 et 20 pour 100 dans la direction du puits de la Manu^ facture. L'allure est moins uniforme dans les concessions de Bérard et de Terrenoire, surtout à l'Ouest des puits Neyron et du Gagne-Petit. On approche là du point de rencontre des failles du Gagne-Petit et du Furens. De plus, les deux rejets Nord-Sud, à pente inverse, connus sous les noms de failles du Marronnier et des Rocfies dans les couches supérieures, se rapprochent à ce niveau, de façon à enclaver le puits Neyron comme dans un étau. Il résulte de l'entre-croîsement de tous ces accidents une zone des plus tour-

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