CHAPITRE XI
mentées, qui rend Texploitation sur ce point à la fois coûteuse et dangereuse. Dans les parties hautes, sous le couvent de la Providence et sous Tusine Giron, où la couche monte aux cotes 280 à 290 mètres, le grisou est difficile à expulser. Aussi est-ce dans cette région que dut s'allumer la terrible explosion du puits Jabin, qui fit plus de cent victimes en février 1876. Le gaz existe, au reste, partout dans cette couche ; par suite^ le courant d'air est malaisé à répartir dans un quartier où abondent les galeries montantes, rendues irrégulières par de nombreux rejets.
Une autre cause vient encore augmenter la charge de l'exploitant. Comme à Côte-Thiolliëre et à Monthieux, la houille tend à se transformer en schistes le long d'une ligne, presque droite, allant de l'Est à l'Ouest, vers 200 à 250 mètres au Sud du puits Jabin. Malgré cela, les travaux furent poussés, au delà, jusqu'au grand accident du Gagne-Petit, qui rejette le terrain de 240 mètres en profondeur du coté de Villebœuf. Là heureusement, comme je l'ai déjà dit, la houille redevient plus pure, et cette amélioration se fait même déjà sentir auprès de la faille, sous Ghantegrillet et l'usine Giron. Disons enfin que, dans cette région, au Sud du puits Neyrotiy comme au Sud du puits Jabirij on a aussi pu exploiter la Crue, dans laquelle on ouvrit également quelques travaux au quartier du Treuil. Malheureusement elle devient pierreuse, puis stérile, comme la grande couche, vers 100 à 150 mètres au Sud du puits /a6m.
La houille de la huitième, dans le quartier du Treuil et de Bérard, se ressent de la profondeur à laquelle elle se trouve. Au coteau de Montheil, où la couche est à moins de 100 mètres de profondeur, la proportion des éléments volatils est au minimum de 30 pour 100, tandis qu'à Bérard et au Treuil, à 300 mètres du jour, elle descend à 25 pour 100 (§ 52) . Cette houille passe des charbons gras ordinaires aux charbons à coke; aussi s'en sert-on principalement pour le coke. On en expédie beaucoup au Creuset, où elle est d'autant plus appréciée qu'elle renferme très peu de pyrites de fer, et possède, en outre, un pouvoir agglomérant fort élevé, ce qui permet de la mêler, pour la fabrication du coke, à une notable dose de charbon maigre.
S 185. — La haitième couche vient buter, au Nord» contre la faille montante Est-Ouest, dite du Marais^ dont il ne fut pas possible de mesurer Tamplitude i cause de Tabondance du grisou. On n*a pu franchir qu'un premier gradin qui a dix mètres vers l'amont pendage, et 20 à 30 mètres auprès du puits Achille. Qu**y a-t-il au delà? La partie rejetée existe-t-elle quelque part en amont? Vient-elle affleurer au Nord, après un rejet plus ou moins considérable? ou bien a*t-elle complètement disparu en amont ? La question est importante et vaut la peine d*ètre approfondie.
En i8&7, et même encore en 1866, époque à laquelle les travaux de fa huitième n'avaient pas encore été dirigés vers l'amont pendage Nord, on ignorait la nature et l'allure de la couche du côté du Marais. Aussi avais-je alors admis que le grand affleurement, depuis longtemps connu à l'Étivaliëre, et même exploré en 18ii7 par le puits des Chaux^ pouvait représenter l'affleurement de la grande couche inférieure du Treuil. Cela semblait alors d'autant plus probable qu'à l'extrémité inférieure des fouilles du puits des Chauxj une série de gradins Est-Ouest font descendre successivement la couche vers le Sud. D'autre part, la faille du Soleil, qui rejette la huitième couche du puits Saini-Louis d'environ âOO mètres, doit reporter son affleurement de 1,000 à 1,500 mètres vers le Nord. Or, l'affleurement de l'Étivalière apparaît précisément à 1,000 mètres environ au Nord de celui de la huitième au puits Camille du Gros. Enfin comme cette même faille semblait passer, dans son prolongement Nord, entre la mine du Gros et l'Etivalière, on ne pouvait alors admettre que l'afflenrement de l'Étivalière faisait suite à celui du Gros, puisque ce dernier devait, à son tour, être ramené d'environ 1,000 mètres vers le Nord, sous les alluviens du Furens, au pied de Saint-Priest. Toute la question repose, au fond, sur le point de savoir si la faille du Soleil se prolonge au delà de celle de la République, ou si, au contraire, elle se dévie vers le Nord-Ouest le long de cette cassure ancienne, comme la faille de Méons. Sur ma carte de 18&7 j'avais admis la deuxième hypothèse, et, par suite, ridentité des couches du Gros et de l'Étivalière. En 1866, par contre, la première des deux alternatives me semblait plus plausible. U faut donc