‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 138 sur 280 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

examiner de nouveau à laquelle il convient aujourd'hui de donner le pas.

Remarquons d'abord qu'on n'a pas, comme pour la faille de Méons, le moyen de constater directement si celle du Soleil se prolonge vers le Nord. Il n'y a pas là des travaux comme ceux du Gros, dont la régularité prouve l'impossibilité du passage d'un important accident. La questionne peut donc se résoudre directement. Mais le fait de la faille de Méons, se raccordant à celle de la République, fournit déjà une sorte de présomption que la faille du Soleil pourrait bien se comporter de même. S'il en était ainsi, là couche de l'Étivalière, grâce au rejet du puits Théodore j,' ipoumit alors en effet être le prolongement de celle du Gros et non l'afQeurement de la huitième du Treuil. Gelle-ci, coupée et rejetée parla faille du Marais, se trou* verait balayée, ou n'aurait même jamais été déposée au Nord du Marais. Comparons donc la couche de l'Étivalière, au puits des Chaux, avec les par- ,ties les plus voisines des deux couches du Gros et du Treuil.

D'après mes notes de iSkl sur le puits des Chaux, dont les travaux étaient alors dirigés par M. Devilaine, la couche s'y compose de deux parties : le haut, qui mesure d'^yâO, fournit de la houille dure à gros grains, entremêlée de quelques minces filets schisteux. On y distingue du fusain et des lamelles alternativement ternes et brillantes; c'est, comme au Gros, du charbon gras à courte flamme. Au toit de la couche on rencontre des rognons de minerai de fer. Au mur du banc supéneur succède un mètre de schiste, contenant également du fer lithoîde, puis le banc inférieur de 2'",20, formé de charbon de forge ou à coke de deuxième qualité, plus tendre et plus pur que celui du banc supérieur ; enfin, sous le mur, formé de schiste à gros grains, se trouve encore à la distance de 2 à â mètres une veine de houille de 0"',20. Gelte coupe rappelle bien, on le voit, celle de la quinzième du Gros (§ 169). Remarquons aussi que le puits des Chaux y de &5 mètres de profondeur, est entièrement creusé dans le schiste, comme le puits Yaleton au Gros.

Par contre, il y a peu d'analogie entre la huitième du Treuil et du Bessard et la couche des Ghaux . La couche du Treuil, ainsi que celle qui

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affleure au puits Camille, e»t bien aussi formée de deux parties, mais le banc supérieur est toujours peu puissant et plus ou moins cru, tandis que la partie basse mesure 3 à & mètres dans les travaux du Marais et dans Tancienne mine de Planterre. Le minerai, qui se trouve entre«<lenx, établit bien entre les deux couches une lointaine ressemblance, mais on sait que ce caractère se rencontre aussi bien dans les quatorzième et quinzième couches que dans la huitième, et n'a par conséquent aucune valeur. Bref, il semble bien, d'après cela, que la couche de TÉtivalièi^e, explorée au puits des ChauXf soit le prolongement de celle du Gros (la quinzième), et non l'amont pendage de la huitième du Treuil.

Voyons maintenant si l'étude des failles et des couches voisines conduit au même résultat.

Si la couche du puits des Chaux est la quinzième, on peut facilement calculer l'amplitude de la double faille du Soleil et de la République. La distance de la huitième à la quinzième est de 520 mètres (330 mètres de la huitième à la treizième et 190 mètres de la treizième à la quinzième). Or la cote de la couche des Chaux j en amont du premier gradin de la faille, est de b50 mètres ; d'autre part, la huitième du Treuil, au pied du dernier gradin de la faille du Marais, se trouve à la cote de 310 à 320 mètres, soit 135 mètres en aval de la quinzième ; donc l'amplitude de la double faille serait sur ce point de 520 + 135 mètres = 655 mètres. C'est moins que la somme de ^70 mètres et 300 mètres, amplitudes respectives des deux failles avant leur jonction, mais notablement supérieur à la simple faille de la République. D'autre part, comme deux failles peuvent fort bien s'unir sans que le rejet final devienne égal à la somme des deux rejets partiels, la différence que nous trouvons ici ne prouve rien contre l'hypothèse en question.

Ajoutons que si, contre toute probabilité, la faille du Soleil s'arrêtait à celle de la République sans la modifier, on devrait alors admettre que la couche des Chaux représente plutôt l'affleurement rejeté de la treizième. L'amplitude de la faille serait, en effet, dans ce cas, de 330 + 135 = 465", ce qui s'accorderait avec les 470 mètres de la faille de la République avant sa jonction avec celle du Soleil. Mais la coupe de la treizième (S 171) diffère

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tout autant de celle du puits des Chaux que la bnitiâiae, de sorte que cette dernière hypothèse semble peu plausible. Enfin reitaarquons que si la faille du Soleil s'arrêtait à celle de la République, il ne resterait également entre le Gros et les Chaux que la petite faille du puits Théodore j c'est-à-dire que dans ce cas» comme dans celui de sa déviation le long de l'ancienne cassure, laflOeurement du Gros serait ramené au Sud vers l'Étivalière. 11 semble donc bien résulter de cette trop longue discussion que la couche de l'Ëtivalière est la quinzième et non la huitième du Treuil, laquelle doit venir buter sou terrainement contre la faille de la République, considérablement amplifiée à l'Ouest par celle du Soleil. Alors aussi la couche des Granges (le n<> 16) semble reparaître, au mur de la faille du puits Théodore, dans le petit affleurement de la Bérardière. Il est à remarquer, en effet, que sous ce dernier affleurement on arrive promptement aux assises micacées grossières du Mont-Reynaud qui correspondent au terrain de Saint-Chamond.

La faille de la République, ainsi grossie par celle du Soleil, franchit le Furens aux environs de l'Abattoir de la ville de Sa int-É tienne, et pénètre là dans la concession de la Ghana, où elle aboutit, comme nous le verrons, à la faille du Bois-Montzil ou du Furens.

Gonstatons ici que l'énorme faille de 655 mètres traverse de l'Est à l'Ouest la vallée du Furens sans produire, à la surface du sol, la moindre dénivellation. Ainsi 650 mètres de terrain semblent avoir été balayés par les eaux, qui devaient se rendre, dès la fin de la pé riode houillère, du pied de la Ghaine du Pilât vers le bas-fond dju Forez. Je dis, semblent, car il ne résulte pas nécessairement .de ce qui précède que la quinzième couche ait été recouverte à l'Étivalière par toute la série, qui s'étend de la quinzième à la huitième, et encore moins de la huitième jusqu'à l'étage supérieur. Il est au contraire certain, comme je l'ai établi précédemment (voir première partie), que, lors du dépôt de l'étage moyen, les couches inférieures se trouvaient émergées depuis longtemps au Nord, et que le toi n'a réellement continué à s'affaisser qu'au Sud de la faille de la République, en glissant le long de cette ancienne cassure. Les éléments houillers ont cessé de se déposer au Nord de la faille, où déjà le terrain était émergé.

t^i^ BASSIN HOUILLER DE LA LOIRE.

§* 186. ~ AfMlesmos de la hnitiëme da Treail on a rencontré» au puits de la Pompe, la série 9 k 12, et plus bas encore existent certainement les couches 13 et 15, car on a même, comme nous allons le voir, déjà atteint très probablement la treizième couche au puits Neyron.

La neuvième couche se trouve au puits de la Pwnpe à la profondeur de h^hr mètres. Sa puissance est de 2 mètres, mais sa qualité médiocre ; le charbon en est tendre et terreux, donnant peu de gros, et, par ce motif, d'une exploitation moins profitable qu'au puits Saint-Louis.

L'intervalle entre la neuvième et la dixième est surtout occupé, comme au puits Saint'LouiSf par des schistes. A la profondeur de &85 mètres, on traverse une nouvelle couche de 2 mètres que l'on considère comme les dixième et onzième réunies.

On distingue, en effet, deux bancs, dont le supérieur semble avoir les qualités de la dixième et Tinférieur les caractères de la onzième proprement dite. Cependant h & mètres au toit de cette couche de 2 mètres existe une autre veine de 0"',609 qui pourrait correspondre à la dixième proprement dite. On ne saura à quoi s'en tenir à cet égard que lorsque, par le développement des travaux, on se sera approché de la faille du Soleil, où les deux coucha sont certainement isolées l'une de l'autre, comme au

puits Saint'Louis. En tout cas, cette couche de 2 mètres, sans être aussi bonne que la douzième, est bien supérieure comme qualité à la neuvième. On y à poussé activement une double galerie d'exploration, dans la direction du Sud, vers le puits Neyron. Mais, avant de l'atteindre, on est arrivé à de sérieux accidents sur lesquels je reviendrai.

Enfin, à 505 mètres, fond actuel du puits, vient la douzième couche de Ij^SO, qui, sur ce point, est la meilleure du groupe. La treizième pourra être recoupée vers 630 mètres et la quinzième à la profondeur de 810 à 820 mètres. C'est à ce niveau aussi que la faille du Soleil viendra traverser le puits. Aussi pourrait-on rejoindre là quinzième , au mur de la faille, où cette couche est à 300 mètres plus haut, en perçant un travers-bancs à la profondeur de 510 à 520 mètres.

S 187. — Outre les deux puits du Grand-Treuil et de la Pompe ou n*a

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