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CHAPITRE XI. J

Quant à Famplitude de la faille de Villebœuf, elle doit être forte; elle dépasse de beaucoup 300 mètres. La première couche de Tétage supérieur est à 70 mètres de profondeur au puits Pélissier, et l'on, vient de voir qu'au puits de la Vogue, malgré la pente inverse des assises, la plus élevée des veines houillères, sous le terrain rouge, se trouve au niveau de 410 mètres. Le déplacement est, par suite, pour le moins de 410 — 70 == 340 mètres; mais en réalité, à cause du relèvement des aâsises vers le Sud (fig. 36), il est certainement plus voisin de 400 que de 850 mètres. On arrive en effet à ce chiffre, en considérant qu'au puits de la Vogue la faille met sensiblement en regard la base de l'étage supérieur et la huitième. Or la couche la plus basse de l'étage supérieur est, dans les travaux du puits Pélissier^ à 120 mètres au-dessus de la troisième, et comme celle-ci est à 260 mètres au-dessus de la huitième, on a pour l'amplitude approchée de là faille 260 + 120 => 380 mètres.

La coupe du puits de la Vogue (fig. 36) prouve d'ailleurs que la puissance du terrain rouge, au toit de l'étage du bois d'Âvaize, est d'au moins 400 mètres. Le puits lui-même traverse les assises inclinées du grès rouge sur 380 mètres, et au-dessus viennent encore les bancs qui affleurent entre l'orifice du puits et la trace de la faille de Yillebœuf au jour. L'épaisseur du grès rouge^ dans le bassin de la Loire, est par suite presque aussi grande que dans le bassin de Saône-et- Loire ; mais son extension horizontale se borne à deux étroits lambeaux latéralement circonscrits par des failles, dont l'origine doit remonter jusqu'à l'époque même de son dépôt.

Les plantes trouvées à Patroa par M. Grand'Ëury,^ et contrôlées par le docteur Stûr de Vienne, qui s'est spécialement occupé de l'étude du

grès rouge en Bohême, prouvent que notre terrain rouge appartient bien réellement au rothe Liegende des Allemands, le Permien des géologues. Mais, à cause de son passage graduel au terrain houiller proprement dit, ses limites n'ont pu être rigoureusement indiquées sur les cartes que là où des failles, comme celle de Yillebœuf, mettent en regard les deux terrains. (Voy. carte d'ensemble et pi. X et XL)

Le puits de la Vogue fut arrêté à 612 mètres, parce que la faille de Vil-

lebœuf fait descendre Tétage supérieur au niveau de l'étage inférieur. Pour explorer la base de l'étage supérieur, et surtout l'étage moyen, on remplaça le fonçage par un travers-bancs, poussé au niveau de 510 mètres vers le Sud Sud-Ouest (du toit au mur), normalement à la direction des bancs du terrain, dont la plongée moyenne s'est maintenue à &0* vers le Nord Nord- Est.

On a poussé ce travers-bancs, en 1875, jusqu'à la distance de 320 mètres. On espérait recouper ainsi les diverses couches de Tétage moyen. Au lieu de cela on n'a rencontré, dans tout le parcours, que des roches plus ou moins micacées^ sans couches de houille proprement dites, malgré les affleurements voisins de Valbenotte, qui semblent annoncer le passage de la couche des Rochettes (pi. XI). La plongée générale se maintient constamment au Nord Nord-Est, mais on recoupa des parties brouillées, qui sont traversées par des failles à pente opposée, grâce auxquelles on aura manqué l'étage moyen et percé directement dans l'un des massifs de l'étage inférieur. En tout cas, comme on approchait de la limite de la concession (250 mètres), et que depuis longtemps on avait atteint le relèvement Sud du dépôt houiller, on cessa la poursuite de la galerie en question. On ne pouvait guère rencontrer que des couches, partiellement laminées par le brusque relèvement des assises contre la chaîne du Pilat, comme à la Palle dans la concession du Janon (§ 191 et pi. XI).

§ 196. Ceci nous ramène à la question, précédemment agitée, des richesses souterraines, comprises, dans les concessions de Yillebœuf et de Terrenoire, entre la /aille du Gagne-Petit et la limite Sud du bassin.

Nous venons de nous occuper de l'avenir de Villebœuf. Il résulte de cette étude, I qu'entre les deux failles du Gagne- Petit et de Villebœuf s'étend un massif régulier, peu incliné, de 800 mètres de largeur, où outre la troisième couche, partiellement amincie^ les veines inférieures, les n** 5, 6, 7, 7 1er et 8, et probablement aussi le groupe 9 à 13, situé aux profondeurs de 600 à 800 mètres, pourront être exploités dans de bonnes conditions. Ces couches inférieures, à partir de la neuvième, s'étendront, vu la pente de la faille de Villebœuf, même au delà du puits de la Vogue.

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