CHAPITRE IX
au pied de la faille de Grézieux et au Sud du puits Maniquet, elle descend jusqu'à 95 mètres, ce qui correspond à une chute de 60 mètres, soit une pente moyenne de 6 pour iOO dans le sens de Taxe du bassin. Ainsi, dans cette partie si régulière dii district de Rivenle-Gier, Taffaissement du dépôt houiller, le long de la Taille limite Sud, s'accroît sensiblement de TEst à l'Ouest, de Rive-de-Gier à Saint-Étienne. Mais il y a plus, à cette pente régulière et normale yiennent s'ajouter, de distance en distance, des sauts brusques le long de failles transversales proprement dites, pareilles à celle du Féloin. On conçoit, en effet, comme je l'ai précédemment signalé (S ^^)9 V^^ ^^ sous-sol ancien n'a pu glisser en bloc le long de la grande charnière Sud*Sud-Ouest Nord-Nord-Est, allant de Chazeau près de-Firminy à Givors sur le Rhône, avec affaissement maximum près de Saint- Élienne, sans se briser transversalement de distance en distance. Le micaschiste n'est pas assez flexible dans son ensemble pour avoir pu se ployer, en forme de profonde cuvette, sans fractures transversales. J'insiste donc de nouveau sur cette simultanéité des grandes failles longitudinales et transversales, ce qui n'exclut pas, je le répète, un certain nombre de mouvements postérieurs indépendants. Enfin l'affaissement plus considérable du sous-sol ancien, sous Saint-Etienne, explique aussi les failles plates si nombreuses dans le district qui nous occupe. En s'affaissant de l'Est à l'Ouest, le terrain a été en quelque sorte étiré, et comme allongé, dans le sens de l'axe du bassin.
La Grande masse^ nous l'avons dit, ne mesure encore que 3% 50 sur les limites de Couzon; mais déjà aux puits du Cimetière et de Picpierre on trouve k mètres, au puits des Combes 5 mètres, dans le bas-fond, à l'Ouest du puits Égarande, 6 mètres à G'^ydO, enfin au puits du Château, non loin de la faille de Grézieux, jusqu'à 9 mètres. Dans tout ce parcours, c'est surtout le banc supérieur, au-dessus du nerf blanc, qui se développe, mais ce n'est pas encore du vrai charbon de forge, de la houille maréchale proprement dite. Dans cette région, au Sardon, comme à Égarande et aux Combes, la Grande masse se composait dans son ensemble de charbon terne et dur (houille à longue flamme oxygénée). On remarquait cependant, dans
le banc supérieur surtout, des lamelles brillantes, dont le nombre et l'épaisseur allaient croissant de TEst à TOuest. Le charbon, en un mot, était plus tendre et plus gras à Grézieux qu'à Gouzon. Mais la houille des Combes et du Sardon était pourtant encore classée dans la catégorie des rafforts.
Rappelons enfin qu'aux affleurements Sud, la Grande masse est à peine visible; elle s'amincit dans les parties hautes des puits Piepierre, Saint- Maximin^ Saint-François et du Midi.
Les Bâtardes grandissent de l'Est à l'Ouest comme la couche principale. Dans la concession des Combes et Égarande et au puits du Logis l'une et l'autre des Bâtardes mesurent 1 mètre à 1*,20. Le nerf qui les sépare a l'',50 à 2 mètres dans la partie orientale, et 1 mètre seulement au puits 3totse. Au puits du Pré les couches avaient chacune 1",50 à l-,60 et le nerf 0",60 à 0",80.
Au puits 9/aniquet les deux Bâtardes sont réunies et mesurent ensemble Il mètres; au puits Saint-Martin on a trouvé 5 mètres à 5",li0. Je rappelle qu'au Gourd-Marin, sur la limite du Sardon, leur épaisseur est de h mètres, de sorte que dans toute cette région la puissance moyenne des deux Bâtardes réunies est comprise entre & et 5 mètres.
Le charbon des Bâtardes est, comme partout, de qualité moindre que celui de la Grande masse, c'est-â-dire plus friable et mêlé d'une plus forte proportion de schistes.
La Bourrue se présente, dans la concession d'Ëgarande, avec la même puissance de 1 mètre à 1"',30 et la même apparence qu'aux Yerchères. On Ta rencontrée, par divers travers bancs, au mur des Bâtardes, dans la région des puits Sainte-Barbe^ Maniquet, Saint-Martin et du Midi. Son épaisseur y fut de 1 mètre en moyenne. Au puits Sainte-Barbe on a constaté dans la Bâtarde et la Bourrue une petite faille qui semble n'avoir pas atteint la Grande masse. (Voy. Coupe, pi. II.) On ne saurait affirmer cependant que la faille ait réellement précédé le dépôt de la Grande masse, car, si elle est plate, elle peut correspondre à celle qui passe, dans la Grande masse, entre les puits Saint-Martin et du Midi.