‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 19 sur 280 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

§ 109. — L'exploitation a passé aux Combes et au Sardon par les mêmes phases qu'aux Yerchëres et au Gourd-Marin.

Dès qu'au puits de la Découverte on eut constaté l'existence de la houille, dans le fond de la vallée du Gier, on se mit, avec une ardeur extrême, à creuser partout des puits, sur la rive droite comme sur la rive gauche du torrent; sur les deux rives aussi, on commit les mêmes fautes. On exploitait comme si le gtte ne devait jamais s'épuiser. De nombreuses galeries furent percées dans tous les sens ; trop larges, trop hautes, trop rapprochées, elles amenèrent l'écrasement des piliers réservés. Aux éboulements succédèrent l'incendie et l'inondation, puis forcément l'abandon graduel des mines, bien avant leur complet déhouillement. L'origine du mal doit être cherchée là aussi dans l'extrême concurrence, due à l'ouverture simultanée d'un trop grand nombre de mines fort peu étendues. Les territoires des deux concessions des Combes et Égarande et du Sardon étaient divisés entre six sociétés différentes, qui toutes cherchaient à produire la houille au meilleur marché possible, sans se préoccuper des pertes résultant d'un mode d'exploitation qui, au fond, était bien plus un simple pillage (Raubbau des Allemands) qu'une méthode rationnelle.

Les puits des Combes et du Cimetière furent commencés en iSOA.

Le puits du Logis en 1795, le puits du Pré en 1801.

Les puits du Château et du Martoret en i807, etc. Mais, à parties puits du Logis et du Pré^ qui rencontrèrent la grande masse dès 180& et 1806, les travaux ne se développèrent dans les deux concessions, d'une façon active, que vers 1810 à 1813, et, partout, on due les abandonner successivement, de 1825 à 1833, à cause des eaux et du feu. La reprise n'eut lieu qu'après la constitution de sociétés puissantes, embrassant chacune plusieurs concessions. On installa alors plusieurs fortes machines d'épuisement, et l'on ramena un peu d'ordre et de méthode dans les travaux en exploitant par remblais complets. La première machine fut placée au puits Égarande en 1838; c'est une machine du Cornwall à balancier de la force de &00 chevaux. Plus tard, d'autres puits furent munis de machines plus simples à traction directe. L'exploitation reçut dès lors une impulsion nouvelle, mais

on se ressentit toujours des premières fautes. Au milieu des vieux travaux et des massifs écrasés, les galeries nouvelles ne pouvaient se maintenir qu'en les boisant à cadres jointifs, qu'il fallait renouveler à de très courts intervalles, ce qui grevait la houille de près de 3 francs par tonne. D'autre part, les piliers, réduit en poussière par la pression du toit, ne donnaient plus qu'une minime proportion de gros charbon et du menu mêlé de fragments de schistes.

Avant de quitter la concession du Sardon, il convient de mentionner un fait géologique spécial qui exerça une certaine influence sur le développement dés travaux souterrains. Les puits du Château, du Logis et du Pré rencontrèrent tous trois, à l'époque de leur fonçage, d'assez fortes sources à des niveaux variant de 50 à 65 mètres au-dessous du sol. Ces sources devinrent plus fortes à mesure que les travaux souterrains provoquèrent des fissures dans les grès dont se compose le lit de Gier.

Cependant les eaux, malgré les mouvements du sol, ne descendaient pas au-dessous du niveau des sources primitives; elles étaient arrêtées par un faible banc d'argile schisteuse, assez plastique pour se laminer, entre les bancs de grès, sous la pression du terrain supérieur, de façon à isoler les fissures du haut des fissures inférieures. L'isolement était assez complet, pour qu'à Faide de cuvelages picotés en bois, étabUs à l'instar de ceux du Nord, d'après les conseils de JM. l'ingénieur Luuyt, on pût refouler les eaux, sans les amener dans le fond des travaux.

Je n'ai rien dit, dans ce qui précède, de la concession du Marloret; c'est qu'en réalité elle est stérile dans la majeure partie de son étendue, et le faible lambeau de couche qu'elle renferme dans son angle Sud-Est n'est, au fond, que Tamont pendage des travaux du Sardon. Ces lambeaux étirés^ presque verticaux, de la lisière Sud, furent en effet concédés aux propriétaires du Sardon comme une sorte d'extension de leur concession primitive. L'exploitation isolée de ce lambeau eût été onéreuse, sinon impossible.

La brèche de la base ne laisse aux couches de houille qu'un triangle lort restreint entre Égarande et le Sardon. Et, dans ce faible espace, les

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