‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 193 sur 280 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

l'identité de la Grande masse, de la Béraudière et de Montrambert avec la troisiëiDe de Beaubrun.

D'une part, lorsqu'on quitte le versant Nord du Mont-Saison pour aller, normalement à la direction générale du terrain, vers la Ricamarie ou Montrambert, on voit la troisième plonger au Sud sous les grès et poudingues de l'étage supérieur, tandis que, sur le versant opposé, reparaît au-dessous des mômes rodies une Grande masse analogue, avec plongée inverse vers le Nord. Entre les deux versants, il y a pourtant cette différence qu'au Nord le terrain stérile succède presque immédiatement à la Grande masse, tandis qu'au Sud on constate entre deux un certain nombre de petites veines exploitables. D'après cela, on aurait pu admettre, ou que la troisième se soit évanouie au Sud, ou bien éparpillée en veines de moindre importance, et que la Grande masse de la vallée de l'Ondaine représente plutôt l'une des grandes couches inférieures du versant Nord. En tout cas, le doute était alors permis.

D'autre part, cependant, quoique les travaux fussent alors peu avancés à Beaubrun, il était déjà plus que probable que la troisième de la mine des Basses-Villes devait se prolonger sous les petites couches des puits Ranchon et des Noyers, comme, sur l'autre versant, la Grande masse de la Béraudièi'e s'enfonce visiblement sous les petites veines de la partie haute du coteau de Beaubrun et les couches encore plus élevées de la Ghauvetière. La disparition presque complète dés veines supérieures le long du revers Nord du Mont-Saison n'avait d'ailleurs rien déplus anormal que le fait analogue, constaté déjà alors, de l'amincissement graduel des mômes veines, vers rOuest, entre la Béraudière et Montrambert. Enfin, on pouvait aussi constater, dès cette époque, que les couches de la Chauvetière sont couronnées par les grès et poudingues quartzeux du Mont-Ferret, comme les couches parallèles des veines Ranchon et des Noyers le sont par les bancs grossiers de la butte Sainte-Barbe. Bref, ce sont ces rapports identiques des deux Grandes masses de Beaubrun et de la Ricamarie avec l'étage supérieur qui m'ont conduit à admettre, dès 18&6, l'identité réelle des deux masses ellesmêmes.

Or, depuis lors, le développement des travaux souterrains, dans les

petites couches comme dans les grandes, a pleinement justifié cette cou* clusion. Les travaux, poursuivis dans les petites couches supérieures, prouvent en particulier, comme nous le verrons, qu'elles s'amincissent à TOuest en profondeur, de sorte que leur disparition sur le versant Nord de la crête du Mont-Saison n'a plus rien d'anormal. En résumé donc^ la Grande masse se continue sans interruption du Nord au Sud, tandis que les veines supérieures, insignifiantes au Nord, grandissent et se multiplient au Sud et i l'Est.

Si la puissance et le nombre des veines se modifient à Saint-Ëtienne de TEst ik l'Ouest et du Nord au Sud, la nature de la houille ne reste pas non plus constante. Tous les charbons du district de la Ricamarie, celui des couches inférieures comme celui des veines les plus élevées, sont caractérisés par l'abondance des matières volatiles; ce sont de véritables char* bons à gaz, ou à longue flamme, contenant 36 à /iO pour iOO d'éléments volatils. Ils sont relativement durs et ternes, plutôt fibreux que lamelleux et brillants; ils se brisent en fragments parallélipipédiques, et produisent sous le choc du pic un son franc et clair, qui contraste avec le bruit mat et sourd dû aux charbons de forge. Au feu, ils fondent bien, mais ne gonflent pas, et donnent du coke poreux, friable, se divisant, dans les fours de carbonisation, en prismes minces, effilés, d'un éclat argentin. Ces houilles se vendent principalement aux usines à gaz, où elles fournissent par kilogramme 260 à 280 litres de gaz. Elles sont représentées dans le tableau général par les n'- 5 à 8, li, 12 à 19 et 22 à 25.

Pour achever de caractériser le district de la Ricamarie, signalons encore les principales failles qui troublent la marche des couches. Au Sud, parallèlement à la limite du bassin, c'est d'abord une série de grandes failles de direction, plongeant au Nord, et presque verticales, ramenant au jour les assises inférieures. Ainsi, à la Groix-de-l'Orme, les couches Nord- Sud viennent buter contre une faille de ce genre, qui les replie latéralement à droite et à gauche. On la suit, depuis Belle vue jusqu'au Chambon, d'une façon plus ou moins continue. Elle occasionne, sur une certaine étendue, un brouillage complet que l'on observe fort bien ft la surface du

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