CHAPITRE IX
preuve que ce territoire est devenu stérile par le relèvement du massif du Reclus. Le glissement eut lieu suivant le plan des couches qui furent de la sorte broyées, laminées, et, en quelque sorte, réduites à rien. C'est un exemple très frappant d'un véritable brouillage et j'ai en effet cité ce territoire, à ce point de vue, dans la partie générale (§ kl) •
A rOuest de cette zone triangulaire, rendue stérile par le fait des mouvements du sol, la Grande masse réparait exploitable sur &00 mèlres en direction : c*est la mine dite de Grézieax, comprenant les puits Faure, Sainl'Paulj Devarey et Grézieux. Le charbon en était ort apprécié, mais le refoulement des couches y est des plus apparents. Le puits Saint-Paul est placé sur la vive arête d'un dos d'âne, à partir duquel la couche incline en pente raide vers le Nord et le Sud. Les courbes de niveau et la coupe (pi. III et Coupe n^ 5, pi. IV bis) montrent la couche se relevant à partir du Gier, puis se recourbant en sens inverse à rencontre de la faille limite. La couche se trouve ainsi ployée par un effort latéral venant du Sud, effort qui peut d'ailleurs provenir tout aussi bien du simple affaissement le long de la faille limite que d'un véritable refoulement direct en sens inverse. Je ne m'occupe ici que des mouvements relatifs^ sans vouloir préjuger la part due aux soulèvements par opposition à la simple théorie des affaissements. Si, comme je l'ai dit souvent, les affaissements ont joué un rôle prédominant dans la formation des dépôts houillers, ils n'excluent nullement la possibilité de certains soulèvements aux époques postérieures. Le fait du refoulement est constant, mais on peut différer sur la cause réelle de la compression. Celle-ci se fait d'ailleurs également sentir suivant le sens de l'axe, car, si l'on se reporte aux courbes de niveaux des mines de Grézieux et du Chambon, on voit que les couches y sont disposées en forme d'entonnoir, ou de cuvette arrondie, dont le point le plus bas correspond exactement à l'embouchure du ruisseau de CoUenon dans le Gier. De ce point central, le terrain monte régulièrement dans tous les sens, mais surtout en pente raide vers le Sud, contre le grand pli du puits Saint-Paul. (Voir Coupe n» 5, pi. ft bis.)
Au Nord, la Grande couche s*élève, à part quelques rejets, vers les
&6 BASSIN HOUILLER DE Lk LOIRE.
parlies hautes de la Cappe et de la concession voisine de la Montagne du Feu, sur la rive gauche de la Durëze. Là aussi les inflexions variées des courbes de niveau accusent la double compression en travers et suivant le sens de Taxe, mais Faction transversale est de beaucoup la plus intense. Il suffit, pour s^en convaincre, de suivre les courbes de niveau aux puits Neyrand^ Chavannej la Cluzelle, Saint^Joseph^ Chantecros^ Sainte^ColeUCs etc. Nulle part, dans le bassin, les couches sont plus tourmentées et plus infléchies par les failles, qui s'entrecroisent ici réellement dans tous les sens sous le CoUenon et la Durèze. Les profondes gorges, fort sinueuses, le long desquelles circulent ces deux torrents^ correspondent aux puissants accidents connus dans les travaux souterrains.
Le district du Reclus est, je le répète, un vrai chaos à l'extérieur comme h l'intérieur. La seule partie un peu régulière est celle qui longe la rive gauche du Gier depuis les puits Bourret et du Rocher jusqu'aux puits du Chambon et de VEspérance. Le désordre souterrain augmente d'ailleurs à mesure que l'on s'avance, de l'Est à l'Ouest, vers le Dorlay. Dans les concessions de la Montagne-du-Feu et de la Cappe, si les couches sont généralement contournées et coupées de nombreux rejets, on ne trouve cependant, en dehors du grand Grain du Mouillon, allant du puits de la Chichonne au puits Vellerut de la concession de Gollenon, aucun accident de premier ordre; par contre, à la limite Ouest de la Cappe apparaissent deux grandes failles à pentes inverses, qui se rattachent indirectement à l'énorme dislocation de la gorge du Dorlay ci-dessus mentionnée. La première de ces failles, celle du puits Frèrejean, plonge à l'Ouest et fait descendre les couches, entre les puits Saint-Viclor etFrèrejean, de 160 et même 200 mètres; tandis que la faille opposée, située à 300 mètres de la précédente, les fait remonter de 150 mètres. Il y a donc entre deux une sorte de gouffre profond, où la Grande masse descend jusqu'à 90 mètres au-dessous du niveau de la mer, soit /iOO mètres au-dessous du sol; tandis que partout ailleurs, dans ce district, la métne couche s'enfonce rarement & plus de 200 mètres du jour (pi. III).
Remarquons qu'ici, entre les deux failles à pentes inverses, la couche