CHAPITRE XII
Le charbon de la troisième couche de Latour est de la houille grasse de forge, tenant 21 à 26 pour 100 de matières volatiles (n" 100 et 101 du tableau). G*est beaucoup moins qu'à la Malafolie, mais on constate pourtant un accroissement sensible de TOuest à TEst. Les 21 pour 100 correspondent, en effet, à la partie occidentale du gite, les 26 à la région orientale la plus voisine de la Malalblie. Ici encore, ces variations me paraissent tenir surtout au voisinage du massif granitique de Fraisse.
Plusieurs anciens puits, outre celui de la Pêchoire^ ont servi à Tex- , ploitation de la partie haute de la mine. Un seul, celui de la Chaux, creusé au mur de la couche du BreuiU en atteint Taval-pendage. 11 traverse la première couche de Latour, à 151 mètres de profondeur, au point même où elle est coupée par la faille. Au-dessous, le puits passe au mur de la faille, et ne communique avec les couches inférieures que par des travers-bancs. Celui de la troisième couche est au niveau de 201 mètres. Sur ce point, le champ d'exploitation a 700 mètres de largeur sur 200 mètres de hauteur verticale, ce qui fait 35 pour 100 de pente moyenne.
Au-dessus de la troisième couche de Lalour viennent la seconde et la première, comme à la Malafolie. La seconde est en général à 30 mètres au-dessus de la troisième. Un gros banc de grès les sépare. Vers Tavalpendage, auprès du puits de la Chaux, ce banc de grès est réduit à 21 mètres. La puissance de la seconde couche est de 1"',80 à 2 mètres^ mais grandit au Sud, sous le bourg de Firminy, jusqu'à h mètres. Le charbon en est pur et gras; on le consomme en majeure partie, comme celui des deux autres couches, dans les forges et aciéries des environs de Firminy. L'intervalle entre la seconde et la première couche varie beaucoup. Au toit de la seconde vient du schiste sur 8 à 10 mètres, puis un banc de grès, dont la puissance est de 5 mètres au puits Osmond et de 15 mètres au puits Charles. En approchant de la faille de la Pêchoire les deux couches se confondent presque auprès des affleurements, tout en restant nettement séparées vers l'aval-pendage, où l'intervalle ordinaire est de 15 à 20 mètres.
La première couche est de beaucoup la plus importante du groupe; elle a 6°,60 à l'ancienne mine de Latour, divisée en deux parties à peu
près égales par un nerf argileux de 0'",05 à 0",i5. Sur quelques points son épaisseur atteint même 8 à 9 mètres. Au toit vient du schiste avec un peu de charbon cru; au-dessus, un banc de grès, et finalement de nombreuses alternances de schistes et grès, plus ou moins micacés, qui vont jusqu'au mur de la couche du Breuil, située à 180 mètres en amont.
Le charbon des mines de Latour, celui de la première couche en particulier, est fort apprécié dans les forges de Firminy ; il est noir, brillant, tendre, faisant moins de gros que celui de la Malafolie. C'est de la houille grasse de forge à 30 pour 100 d'éléments volatils (n"" 62). Quoique à longue flamme, on en fit longtemps du coke pour les fonderies d'acier au creuset, et aujourd'hui encore pour les hauts-fourneaux de l'usine Verdie. Le grisou abonde en général dans les trois couches.
La grande couche de Latour est exploitée depuis de longues années; les puits sont nombreux et atteignaient déjà, vers 1810, 60 à 100 mètres de profondeur. Les plus importants des temps anciens sont, au Nord, les puits Osmondy Latour et Charles; au Centre, les puits 5a/a^e etSaint^JUartin; au Sud, le puits Charpin^ etc. Aujourd'hui la plupart de ces puits ne servent plus que pour l'aérage et la descente des remblais. L'extraction est concentrée au puits de la Chaux^ qui atteint les couches, comme je l'ai dit, au point même où elles sont coupées par la faille du Breuil. Ce puits est Sensiblement placé à égale distance des deux extrémités Sud et Nord du champ d'exploitation. Malheureusement les travaux sont déjà fort avancés dans cette région, et une partie notable de ce beau gîte est frappée d'interdiction par les nombreuses constructions du vaste bourg de Firminy. La seule couche vierge, dans cette région, est celle de Fontrousse ou du Soleil, dont rimportance et la nature sont encore inconnues en profondeur. En tout cas, son étendue est assez bornée, puisque, au puits Malartre^ elle est stérile, et que son aval-pendage est coupé par la faille du Breuil.
§ 260. — A l'orifice du puits la Chaux affleure la grande couche supérieure, dite du Breuily dont la puissance est de 15 à 18 mètres, en y comprenant la veine du toit. La partie inférieure, de 8 à 10 mètres, se compose de bon charbon rafford, dur et fibreux, autrefois recherché pour les fours