CHAPITRE XIII
O^jSO, qui fut aussi retrouvée, au niveau de 90 mètres, au bout d'un travers-bancs Nord. Elle n'est pas exploitable k ces deux niveaux, mais peut le devenir du côté Est, où toutes les couches semblent s'améliorer, de sorte qu'on devra aussi Ty rechercher un jour, par un travers-bancs, dans la direction du toit, en partant des niveaux de la couche Sainte-Lucie.
Revenons maintenant à l'Est, vers la route nationale de Lyon à Marseille, où le terrain houiller s'enfonce sous les dépôts tertiaires de la plaine du Dauphiné. Que devient-il au delà? Telle est la question qui nous fut posée, à M. Gueymard et à moi, en 1853, par le président de la Société de Communay. A l'aide des raisons ci^-dessus exposées, je cherchai à prouver, dans notre rapport du 9 avril 1853, que son extension vers l'Est, au-dessous de la molasse tertiaire, était, sinon absolument certaine, au moins plus que probable, et que des travaux de recherches devraient être entrepris, à l'aide de trous de sonde, à l'Est, dans la commune de Simandres. A l'appui de notre thèse, je citai ce fait important qu'à 25 kilomètres de là, sur l'axe prolongé des bassins de la Loire et de Gommunay, on venait de rencontrer à Chamagneux, non loin d'un piton granitique, le terrain houiller au fond d'un puits à eau^ C'est l'affleurement oriental de la longue bande houillère qui commence à l'Ouest, auprès de Gommunay.
Un premier trou de sonde fut ouvert, d'après nos indications, dès 1853, sur le bord du chemin allant de Ghaponnay à Givors, à 900 mètres à l'Est de la route nationale de Lyon à Marseille. On ne put dépasser 69 mètres à cause de sables coulants qui, malgré un premier tube, saisirent la cloche de curage. En 185/i, un second puits fut foré à 8 mètres du premier. Grâce aux précautions prises, on put traverser, sans encombre, les sables coulants et sortir de la molasse tertiaire à la profondeur de 120 mètres. On pénétra de 37 mètres dans le terrain solide inférieur, que l'ingénieur, alors chargé des travaux, déclara être des schistes talqueux anciens d'après l'inspection des menus débris, amenés au jour par la cuiller de curage.
4. Plas tard, en 4858, je pus môme constater que ce terrain affleure, dans les fossés de la route, à la sortie de Chamagneux, dans la direction de Crémieux.
m BASSIN HOUILLER DE LA LOIRE.
Quant à moi, il m*est toujours resté des doutes sur la nature vraie de ces roches. Elles peuvent tout aussi bien représenter le grès schisteux verdâtre, de la partie haute des puUsGueymard et de VEs])érance, que le terrain ancien proprement dit, ou bien encore, le poudingue tertiaire, à fragments anciens, situé à la base de la molasse. Enfin, même si le puits en question était réellement tombé sur la roche ancienne, cela prouverait simplement qu'il était placé trop au Nord, au delà de la lisière de la bande houillère. Aussi, lorsqu*ei> 1879, le nouveau directeur me demanda ce que je pensais de la reprise des recherches de Simandres, je crus devoir l'y encourager très sérieusement, et je donnai de même, en 1880, mon appui aux sondages que MAI. GraAd'Eury et Nan proposaient d'ouvrir auprès de Chaponnay et de Heyrieux.
Aujourd'hui donc, un second trou de sonde est achevé dans la commune de Simandres, un troisième est en voie d'exécution auprès de Marennes, et iin quatrième vient d'être commencé dans la commune de Chaponnay.
Le premier, celui de Simandres, est situé au pied du bois Saint-Jean, h 500 mètreç environ au Sud du puits de 185/i. Il a traversé 11 à 12 mètres de diluvium, 167 mètres de grès ou marnes tertiaires, avec galets anciens vers la base ; enfin le terrain houiller à la profondeur de 179 mètres. On est resté dans ce dernier jusqu'à 330 mètres, traversant, à diverses reprises, des filets de houille grasse de O^Od à 0°",12. On peut citer les profondeurs de 317, 222, 2H1 et 296 mètres. On a pu extraire du trou foré plusieurs carottes^ qui ont permis de reconnaître le grès et le schiste houiller ordinaire. Des éboulements, et même un assez grand vide à 236 mètres, semblent dénoter le passage de failles, de sorte qu'on ne sait si les filets houil- 1ers représentent la vraie puissance des veines ou le simple entraînement charbonneux dû aux failles. En tout cas, ce qui est positif, c'est que le trou de sonde a traversé 151 mètres de véritable terrain houiller, et qu'il a pénétré ensuite dans le micaschiste en place au niveau de 330 à 333 mètres. Commencé en octobre 1879, il a été terminé le 31 décembre 1880.
Le troisième puits, entrepris aux environs de Marennes vers la fin du printemps 1880, se poursuit encore en ce moment (juin 1881); il a déjà