‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 260 sur 280 · CHAPITRE Xni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xni

traversé plus de 200 mètres de molasse tertiaire et devra sans doute atteindre bientôt le terrain houiller. Ces trois premiers sondages ont été entrepris par la Société houillère de Gommunay. Le quatrième, ouvert, près de Chaponnay, par une société lyonnaise, sous la direction de MM. de Loriol, Grand'Ëury et Nan, en est encore à ses premiers débuts. Comme les trois précédents, il trouve la molasse sous le diluvium. Il fut aussi installé sur la ligne de Communay-Chamagneux, où la présence de la bande houillère semble assurée diaprés les détails que je vais maintenant donner ^

6"^ DIstriet, ou poinAement houiller, de CbauMi^neux,

S 274. — Sur l'axe prolongé de la bande de Tarlaras-Givors-Communay, le terrain carbonifère reparaît, à 25 kilomètres de Communay, entre la Verpillère et Crémieux,au pied des premiers contreforts du Jura Bressan. Il existe là, à TEst du village de Chamagneux, un pointement granitique, sur lequel repose directement du grès houiller bien caractérisé. Des traces charbonneuses, trouvées dans un puits à. eau, engagèrent, en 1854, M. Mangini de Lyon à ouvrir dans ce grès des fouilles plus sérieuses. Ayant eu occasion de visiter les lieux en 1858, j'y constatai les faits sui*

vants :

En se dirigeant de Chamagneux vers Crémieux, soit par l'ancien, soit par le nouveau chemin, on peut observer le grès houiller dans les fossés de la route, à la distance de 200 à 300 mètres du village, dans la direclion de l'Est. Le grès est friable et charbonneux, divisé en bancs plou; géant faiblement, au Nord-Ouest, sous la molasse tertiaire de la plaine, et directement appuyés, du côté opposé, sur le pointement granitique.

Les fouilles consistent en trois puils, ouverts de proche en proche suivant le sens de la plongée. Le premier, creusé dans une vigne, bordant l'ancien chemin de Crémieux, à faible distance du point où le grès se montre

4. Depuis la rédaction de ces lignes, les deux derniers trous de sonde ont également rencontré le terrain houiller, et un cinquième a été ouvert, plus à l'Est, auprès de Toussieux.

kli BASSIN HOUILLER DE LA LOIRE.

à nu, a i5 mètres de profondeur. Il est tout entier dans le terrain houiller et a spécialement traversé & à 5 mètres de schistes noirs charbonneux. Le second, placé à 80 nyètres à TOuest du premier, mesure 13 mètres. Les dix premiers mètres sont dans le grès houiller ordinaire, les trois derniers dans des schistes noirs, pareils à ceux du puits précédent.

Après avoir ainsi constaté la plongée régulière du grès houiller sous la molasse de la plaine, on ouvrit le troisième puits, dans le terrain tertiaire, à 80 mètres au Nord-Ouest du second. Il traversa la molasse, hoci^^ontalement stratifiée, sur 27,30, puis le grès et le poudingue houiller, en bancs légèrement inclinés, sur !26'",80. On continua le puits dans le granité jusqu'à la profondeur de 97 mètres, et ouvrit ensuite un travers-bancs au niveau de 95"',50. Cette galerie fut poussée jusqu'à la distancede212 mètres. A 82mètres du puits, on retrouva le grès houiller, d'abord grossier, puis passant au schiste au bout du travers-bancs. Les bancs de grès sont à peu près parallèles au sous-sol granitique. L'un et l'autre inclinent de 22* vers le Nord-Ouest. A la distance de 170 mètres, le travers-bancs franchit deux faibles failles, qui font descendre les assises de quelques mètres. La puissance du terrain houiller semble croître avec Taval-pendage.

Dans les bancs peu épais, traversés par le puits et la galerie, on n'a pas découvert de véritable houille, mais on trouva des empreintes végétales qui ne peuvent laisser le moindre doutesur la vraie nature du terrain. D'après ces plantes, il semblerait appartenir, comme Montrond, à l'étage stérile qui couvre les couches Rive-de-Gier. La stérilité du lambeau de Ghamagneux ne doit d'ailleurs ni étonner ni effrayer les chercheurs sérieux. Le terrain houiller est àla vérité réduit, surce point, à la faible épaisseur de &0 mètres, mais on sait qu'à Givors, Gommunay et ailleurs sa puissance s'accroît rapidement en s'éloignant des limites du terrain ancien ; il ne faut pas oublier non plus que des massifs stériles de 100 à 200 mètres apparaissent souvent entre des étages riches et puissants.

Bref, ce qui demeure bien établi, et c'est le seul point à retenir pour le moment, c'est que dans l'axe prolongé du bassin de la Loire, on voit ressortir à Ghamagneux, de dessous les dépôts tertiaires de la plaine du Dau*

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