‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 264 sur 280 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

d'ensemble du bassin. Les étages vont en diminuant de bas en haut. Saint- Chamond est en retrait sur Rive-de-Gier, Saint-Etienne sur Saint-Chamond et le bois d'Aveize sur l'étage moyen. Il est vrai qu'il n'en résulte pas nécessairement que les étages supérieurs se soient réellement déposés en reirait sur les étages inférieurs. L'état actuel des choses pourrait provenir aussi d'un ravinement inégal du terrain houiller. Les étages supérieurs» primitivement aussi étendus que ceux de la base, auraient pu être détruits là où aujourd'hui il n*en reste plus trace. Ces dénudations sont fréquentes en effet, et j'en ai cité de nombreux exemples, dont plusieurs considérables, aux environs de Saint-Éiienne. Mais peut-on admettre que toute la série des étages supérieurs se soit déposée «^ Rive-de-Gier, comme & Saint-Étienne, au Nord du bassin comme au Sud, sans y laisser le moindre vestige, le plus petit témoin? Je ne le pense pas, et voici mes raisons :

Les étages supérieurs, qui succèdent à Rive-de-Gier, ont yne puissance réunie de plus de 1,500 mètres. Si donc ils s'étaient tous déposés à RiVe-de- Gier même, le plus élevé aurait dépassé la cote de 1,750 mètres, puisque la cote moyenne du fond de la vallée est maintenant de 250 mètres. Le terrain houiller aurait donc dépassé de plus de 300 mètres le point culminant actuel de la chaîne du Pilât, et d'environ 1,000 mètres les montagnes de Ri verie au Nord du bassin! Il faudrait donc admettre que 1,500 mètres d'assises houillères eussent été balayées intégralement sans laisser le moindre témoin aux environs de Rive-de-Gier, tandis que le terrain jurassique, beaucoup moins puissant, a laissé, sur le versant Sud- Est du plateau Central, plusieurs lambeaux, qui prouvent Tancienne extension du calcaire secondaire !

Ou comprendrait surtout difiScilement que, ni au Nord, ni au Sud du bassin, aucun lambeau houiller ne se soit conservé dans les anfractuosités des profonds vallons qui sillonnent le terrain ancien, en particulier, dans les gorges de la Yalla, du Dorlay et d'Ëgarande sur le revers Nord du Pilât. On rencontre de pareils lambeaux isolés du poudingue inférieur non seulement près de la Fouillouse, mais encore, aux environs de Vienne, à Chonas et dans le faubourg même de Pont-l'Évêque, tandis que les étages supérieurs

auraient totalement disparu au Nord et au Sud de Rive-de*Gier, sans y laisser la moindre trace!

Rappelons l'étroite traînée, qui va du Bosançon et de Tartaras jusqu'à Communay au delà de Givors. Sur tous ces points ce sont de simples restes de la partie basse du terrain, et nulle part le moindre lambeau des étages supérieurs. Il semble donc vraiment peu probable que les massifs supérieurs aient eu jamais en ces lieux une extension pareille à celle des étages inférieurs.

Si, d'ailleurs, on considère les limites actuelles des divers étages, ayant la forme de courbes sensiblement concentriques, fort peu dentelées, et dont l'étendue va diminuant de bas en haut, on ne peut croire que ce soit un effet de simple dénudation, et non la conséquence d'un rétrécissement graduel du bassin pendant la période houillère même.

J'observerai aussi que, si les dépôts supérieurs avaient partout recouvert les étages inférieurs, les rives du marécage houiller auraient dû ne pas se déplacer; au lieu de se rétrécir progressivement, le terrain houiller aurait dû plutôt s'élargir.

Enfin, rappelons surtout le rôle et le mode de formation des bancs cunéiformes, si fréquents dans le bassin de la Loire (§; 22). N'oublions pas que les bancs de grès taillés en biseau supposent le déplaceînent plus ou moins continu des bords de la cuvette houillère. Si la limite Sud de la cuvette est demeurée sensiblement constante , il n'en est pas de même de celle du Nord. Celle-ci s'est graduellement rapprochée de la lisière Sud, de sorte que la largeur du bassin a progressivement diminué. Ainsi, à l'époque qui a précédé le dépôt du groupe des Rochettes, appartenant aux dernières assises de l'étage moyen de Saint-Étienne, le rivage Nord de la cuvette houil* 1ère devait s'être avancé jusqu'au centre même du bassin Stéphanois, c'està-dire jusqu'aux bancs cunéiformes des anciennes carrières du hameau de la Roche, aujourd'hui visibles à moins de 200 mètres au Nord de la gare actuelle de Saint-Étienne (§ 21, et PI. X).

Or, ce changement de rivage et l'inégale répartition des étages supé^ Heurs supposent évidemment que l'abaissement du sous-sol ancien ne s'est

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