‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 263 sur 280 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

§ 276. — Nous venons de terminer la description détaillée du bassin houiller; nous pouvons donc aborder maintenant l'intéressante question du mode de formation de ce bassin. Je dis du bassin^ et non de la houille, c^v on a déjà vu dans quelles conditions le combustible minéral a dû être formé.

La végétation s'est autrefois développée, avec une extrême vigueur^ sous l'influence d'une atmosphère humide et chaude, et sur un terrain constamment baigné d'eaux stagnantes. Là se sont accumulés, par chute directe, et durant un long espace de temps, des feuilles, des rameaux et des troncs. Un premier lit, ainsi formé et déjà comprimé partiellement sous son propre poids, fut ensuite enseveli, sous une nappe d'eau plus ou moins profonde, par l'affaissement, graduel ou intermittent, du sous-sol ancien. Des sables et des boues ont finalement comblé cette première dépression ; la végétation s'est de nouveau développée; une deuxième couche a pu être engendrée; puis un nouvel affaissement a encore interrompu momentanément la formation des plantes aériennes. Bref, par ces alternatives, plusieurs fois répétées, de végétation active pendant une longue période de repos, suivie d'affaissements produisant des bassins, aussitôt envahis par les eaux^ et ensuite graduellement comblés par voie de colmatage, il a pu se former une série de dépôts combustibles, séparés les uns des autres pardes bancs de grès ou de schistes. Je ne reviens passurcesdétails; j'insiste seulementsur ce point de ^affaissement^ plus ou moins continu ou intermittent, du sol ancien, qui

kSk BASSIN MOUILLER DE LA LOIRE.

sert de base aux dépôts houillers. Il importe, en effet, de fixer l'importance et Vélendue relative de ces mouvements aux époques successives de la période houillère. 11 convient d'examiner si l'affaissement du sous-sol ancien eut constamment lieu le long des mêmes lignes de fracture, on si des cassures nouvelles se sont ouvertes, sur divers points, durant le cours de la période houillère. En d'autres termes : les dimensions du bassin sont-elles demeurées constantes pendant la formation des étages successifs, on bien le bassin s'est-il rétréci ou élargi à certains moments ?

Si l'affaissement était resté uniforme dans tout le bassin, et pendant le cours entier de la période houillère, les assises supérieures auraient couvert en entier les étages inférieurs, de façon à comprendre une superficie au moins égale, sinon plus grande, que ces derniers.

Si, au contraire, l'abaissement du sol a été plus intense vers l'un des bords du bassin qu'à l'autre, ou si de nouvelles cassures se sont ouvertes à Vintérieur de l'espace circonscrit par les failies-limitesi les dépôts supérieurs ont dû être moins étendus que les étages inférieurs, et se superposer en retrait sur les étages plus anciens sans les couvrir entièrement. Dans le cas, enfin, de cassures nouvelles, ouvertes au dehors, ou au delà des failleslimites, les étages supérieurs déborderaient les inférieurs et seraient ainsi plus étendus que ces derniers.

Les trois cas sont possibles et se rencontrent, en effet, dans les bassins houillers, aussi bien que dans d'autres formations ^

Eh bien, de ces trois modes de superposition, quel est celui du terrain houiller de la Loire? La réponse est facile. 11 suffit de consulter la carte

4. Je rappellerai les exemples cités dans ma descriptioD géologique du département de la Loire. Le plateau central se souleva à rorigioe de la période jurassique, s'affaissa ensuite lors du dépôt de 1 étage oxfordien, et se releva de nouveau vers la fin de la période jurassique. Des oscillations analogues se manifestent, pendant la durée de Tère tertiaire, dans les plaines du Forez et du Roannais. De là vient que le calcai re jurassique et plusieurs étages du terrain tertiaire reposent parfois directement sur le granité. Or, môme là où ces dépôts récents furent plus tard détruits par dénudation, il en reste au moins des témoins, des lambeaux épars, qui prouvent leur ancienne extension. Tout n'est pas balayé 1 Là donc où les étages houillers supérieurs ont réellement couvert les étages inférieurs, il en devrait également rester quelques lambeaux.

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