CHAPITRE XIY
anciennes. Au Nord et au Sud de la vallée actuelle du Gier s'ouvrirent de longues fentes, ou cassures, entre lesquelles le terrain ancien s'abtma. Des débris de cet énorme éboulement se forma la brèche qui, aujourd'hui encore, se voit en massifs importants le long des deux lisières du bassin. Ces cassures marquent l'origine des failles- limites; ce sont les failles, le long desquelles le nouveau terrain, en voie de formation, ne cessa de s'affaisser, d'une façon intermittente, tant que dura la période de formation de l'étage houiller de Rive-de-Gier. Plus tard, comme on vient de le voir , d'autres cassures vinrent s'ajouter aux grandes failles-limites, mais, au début, le mouvement était limité à ces fentes extrêmes qui correspondent à la brèche. Au Sud du bassin, ces failles suivent le pied actuel de la chaîne du Pilât. Au Nord, elles vont de Tartaras, par Saint-Genis-Terrenoire et Gellieux, sur Valfleury ; de là, à Latour-en-Jarrêt, puis, transversalement à Taxe du bassin, vers la Fouillouse. Une cassure normale à la précédente conduit de la Fouillouse à Saint-Paul-en-Cornillon sur la Loire et, finalement, par l'un des contreforts des montagnes granitiques du Forez, celui de Fraisse, on est ramené à la faille-limite du Pilat, non loin de Chazeaux au Sud de Firminy.
A la brèche, en partie remaniée par les eaux, succèdent des pou* dingues et des grès, puis la série des couches de Rive-de-Gier. C'est une période de repos, troublée seulement, à des intervalles plus ou moins longs, par les affaissements lents ou brusques auxquels on peut attribuer les massifs pierreux dont se compose, avec les couches de houille, l'étage proprement dit de Rive-de-Gier.
Pendant tout le temps que se déposa cet étage, aucune cassure ne semble s'être produite en dehors des failles-limites. Les couches de l'étage de Rive-de-Gier peuvent donc exister dans toutes les parties du bassin de la Loire; mais rien non plus ne prouve qu'elles^ s'y trouvent réellement. L'affaissement a pu être inégal entre les failles-limites, sans amener immédiatement de nouvelles cassures. Là où l'affaissement fut insuffisant, le sol dut rester aride et sec; là où le mouvement fut trop considérable, la végétation n'a pu se développer que tardivement après le comblement de la cuvette formée ; dans les deux cas, la couche de houille dut rester mince.