‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 27 sur 280 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

On a parfois représenté le dlslrlct de la Grand'Croix comme plus ou moins isolé du territoire de Rive-de-Gier, ou tout au moins comme formé sous rinfluence de conditions spéciales. Il y a dans cette manière de voir une part de vérité» mais aussi quelque exagération. Ce qui est certain, c'est que le district de la Grand'Croix est aujourd'hui séparé du bassin spécial de Rivc-de-Gier par les deux grandes failles qui aboutissent au confluent du Dorlay dans le Gier; c'est-à-dire par la faille transversale du Dorlay et par la faille de direction, non moins importante, qui isole les concessions de la Grand'Croix et de la Faverge de celles de Gorbeyre et du Ban. Grâce à ces deux failles, dont l'origine remonte aux premiers âges du bassin houiller, le sous-sol ancien s'est affaissé graduellement à l'Ouest vers Saint-Chamond ; tandis que du côté de Rive-de-Gier l'affaissement s'est surtout produit parallèlement à l'axe du bassin. A l'origine donc, lors de la formation de la Grande masse par exemple, le marécage houiller s'étendait sans interruption de Rive-de^Gier vers Sainl-Chamond ; mais plus tard les conditions du dépôt se différencièrent de plus en plus, à mesure que les premières assises s'enfonçaient le long des failles limites. C'est ainsi que dans les trois districts de Rive-de-Gier se développa surtout l'allure nor^ maie, tandis que dans celui de la Grand'Croix se dessina plutôt l'allure transversale.

C'est aussi à partir du district de la Grand'Croix qu'apparaît, â la distance de 200 à 250 mètres au-dessus de la Grande masse, le dépôt spécial, que l'on désigne parfois sous le nom de terrain de Saint-Chamond^ terrain caractérisé par Tabondance de l'élément micacé, qui affecte simultanément les schistes, les grès et les poudingues {grattes).

Cependant si, à partir de la Grand'Croix, ou de la faille du Dorlay, le dépôt houiller s'est surtout affaissé dans la direction de l'Ouest, il ne faudrait pas croire que l'allure transversale restera désormais seule prédominante, et que les couches continueront à s'enfoncer indéfiniment avec la même pente vers l'Ouest. En réalité, l'allure normale reste la règle le long des grandes failles limites Nord et Sud, tandis que l'allure transversale, produit direct des failles qui sont perpendiculaires à l'axe du bassin, carac-

térîse plutôt les quartiers du Centre. Cette double direction, due aux failles, ressort nettement des courbes de niveau de la Grand'Croix même. Le district de la Grand'Croix est au reste, dans son ensemble, plus régulier que celui du Reclus, quoique les failles aussi n*y manquent pas. La plupart d'entre elles vont du Sud au Nord, parallèlement à celle du Dorlay, ce qui divise le terrain en larges gradins, entre lesquels les couches se poursuivent sans éprouver de notables dérangements.

S 117. — Outre ces accidents, les couches sont fréquemment amincies par érosion. A Rive-de-Gier nous avons surtout signalé des ravinements dans les travaux de la Bâtarde supérieure. A la Grand*Croix au contraire, comme au Ban, c'est plutôt la Grande masse qui se trouve affectée par ce genre d'accident sur une très large échelle. C'est ainsi que, dans l'espace triangulaire, qui a pour sommet le puits Saint-Antoine dans la concession de la Péronnière et pour base une ligne tirée du puits Montribout au puits Saint'Louis, la Grande masse est presque complètement enlevée par ravinement. Dans toute cette région, ayant 800 mètres de base sur 500 mètres de hauteur, la couche est réellement inexploitable. Directement couverte par le grès, elle est réduite à un simple filet variant de quelques centimètres à O'^SO ou un mètre d'épaisseur au maximum. Des érosions analogues s'observent aussi dans les concessions du Plat du Gier et de Combérigol, quoique sur une moindre échelle.

Rappelons enfin que ces amincissements furent longtemps confondus, à la Grand'Croix comme ailleurs, avec les brouillages et les étranglements provenant de failles. Or, au point de vue des recherches, il importe d'éviter pareille méprise avec soin , ce qui d'ailleurs est toujours facile par l'examen du toit qui couvre la houille. On sait qu'en cas de ravinement le toit est bosselé et que les bancs de houille sont nettement tranchés par le grès, et non froissés, broyés ou étirés, ainsi qu'il arrive au voisinage des failles.

On connaît à la Grand'Croix, — comme à Rive-de-Gier, — les trois couches caractéristiques de l'étage inférieur du bassin de la Loire : la Grande Masse, les Bâtardes et la Bourrue. Partout où la Grande masse n'est pas

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