‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 40 sur 280 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

avant d*aborder cette question nouvelle, je crois devoir auparavant mieux préciser la situation réelle de la région ravinée.

Nous avons constaté une première zone à l'Est de Frontignat vers le puits Tetllard; les limites en sont mal définies, mais il est certain, d'après les détails donnés sur le district du Reclus, qu'au Nord du puits Teillard, la Grande masse est déjà partiellement amincie dans la concession de Gorbeyre et dans les parties voisines de GoUenon et du Ban. Une seconde zone, dont la largeur dépasse 200 mètres, s'étend également du Sud au Nord sur les deux rives du Gier, depuis le puits Saint-Louis jusqu'au puits Lacombe et au delà dans la Péronnière. Enfin une troisième zone Nord-Sud occupe les environs du puits Saint- Jean, puis se ramifie au Nord dans la Péronnière et Combérigol. Il semble donc que les courants qui ont raviné la Grande masse dans le district de la Grand'Groix aient sillonné le bassin transversalement du Sud au Nord ou du Nord au Sud, et non parallèlement à son axe. On en peut conclure que l'affaissement qui a dû les provoquer doit spécialement se rattacher aux failles limites du bassin et non aux cassures transversales , de sorte que nous arrivons encore à cette conclusion que la cassure du Dorlay n'a pu se produire immédiatement après le dépôt de la Grande masse.

D'autre part, si Ton ne peut rigoureusement fixer les causes réelles des courants qui ont raviné la couche, le ravinement lui-même est hors de toute contestation; aussi je ne saurais assez recommander aux jeunes ingénieurs qui dirigent les travaux de mines de ne plus confondre à l'avenir les amincissements par érosion avec les étranglements dus aux failles.

Cela dit, revenons aux dépôts siliceux du district de la Grand' Croix.

DÉPÔTS SILIGBUX DU DISTRICT DJi LA GBAND' CROIX

§ 125. — J'ai fait connaître, dans les S 7i à 7/i,le dépôt tantôt calcédonieux, tantôt argilo-feldspathique, ou tufacé, que Ton désigne à Rive-de- Gier sous les noms de gore blanc et de lalourine. J'ai montré, de plus, que

le premier se rattache aux amas siliceux Geysériens de Saint-Priest, du Mont- Reynaud, de Ghana près Sorbiers» de la Jusserandiëre près Cellieux, etc.; tandis que la ialourine parait représenter une sorte de cendre Tolcanique durcie, dont la formation aurait préludé à celle des dépôts siliceux que je viens de nommer. J*y reviens ici, parce que ces dépôts ont été traversés par tous les puits du district de la GrandXroix, et qu'ils semblent pouvoir fournir une sorte de repère géologique, propre à fixer la profondeur approximative à laquelle l'étage de Rive-de*Gier pourra être rencontré à Saint- Cbamond et à Saint-Étienne« Ajoutons qu'aux dépôts calcédonieux, en place, viennent se joindre d'autres masses qui sont formées de fragments angu* leux de silex calcédonieux et de gore blanc, le tout solidement ressoudé par un ciment argilo-siliceux ; c'est une sorte de brèche, dont la puissance est souvent notablement supérieure à celle du gore blanc proprement dit, et qui même le remplace entièrement sur certains points. C'est le dépôt siliceux, brisé, remanié, puis ressoudé sur place, que M. Ractmadoux appela jadis banc mosaïque à Sainl-Chamond«

Le gore blanc siliceux bréchiforme forme un petit escarpement auprès de l'orifice du puits Piney, Le mur de l'amas est à 190 mètres environ verticalement au-dess)is de la Grande masse. Au puits du Chêne, où son épaisseur est d'une vingtaine de mètres, comme au puits Piney, il a été rencontré vers iS5 mètres du jour, c'est-à-dire à environ 200 mètres au-dessus de la Grande m9sse« Mais dans ces deux puits, où les assises sont fort inclinées, la dislance réelle ne doit guère dépasser 170 mètres. Au puits Saint Jean^ le gore blanc fut observé par M. Brochin au niveau de 330 mètres, tandis qu'on trouva, comme on sait, la Grande masse i*avinée vers &80 mètres^ c'est-à-dire à 150 mètres de distance du gore blanc^

Dans la plupart des anciens puits de la Grand' Croix, où la grande masse est à plus de 150 mètres de profondeur, on a rencontré le gore blanc ; mais, à l'époque où ces puits furent creusés, on n'y attachait aucune importance, de sorte que la nature spéciale et le niveau exact du dépôt sont mal connus. Par contre, les échantillons des roches traversées par le puits Saint-Louis furent conservés avec soin et rigoureusement étiquetés,

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