‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 39 sur 280 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Je viens de parler de courant. M a fallu, en effet, un courant énergique pour creuser un profond sillon dans la couche de houille et déposer à sa place un grossier gravier renfermant souvent de véritables galets ; et c'est précisément Texistence de ce courant qui constitue la vraie différence entre l'époque où s'est déposée la houille, et celle où des sables et même des graviers ont été charriés par les eaux. Repos d'un côté, mouvement de l'autre. Mais d'où vient le mouvement, après la longue période de repos, que suppose la formation d'une couche de houille de 8, 10, 12, même 15 mètres d'épaisseur ? Pour que les eaux aient envahi le marécage houiller, il faut que le sol même du marécage ait changé de niveau, il a dû s'abaisser. Alors les cours d'eaux des terres fermes voisines, ou les eaux de bassins peu éloignés, ont dû se diriger vers ces bas-fonds, en ravager le sol et y laisser les sables entraînés. Ainsi que je l'ai observé déjà, il a bien fallu que le sous-sol houiller s'affaissât progressivement pour que 10, 20, 30 couches de houille se déposassent successivement les unes au-dessus des autres, séparées par d'épais bancs de grès ou de schistes. La végétation houillère n'a pu évidemment se développer qu'à la suite du comblement des basfonds existants et lorsqu'une nouvelle période de repos est venue se substituer au mouvement antérieur. Il y eut, en un mot^^ une succession d'affaissements considérables, séparés les uns des autres par des temps de repos plus ou moins prolongés* Les affaissements se sont d ailleurs toujours opérés^ dans le même sens, autour des mêmes charnières et le long des mêmes plans de cassure. Ces plans de cassure sont les grandes failles limites Nord et Sud du bassin, et l'affaissement fut surtout prononcé le long de la lisière Sud. Toutefois, à ces ruptures longitudinales se sont bientôt associées des cassures transversales. Ainsi, à partir de la grande faille du Dorlay, le dépôt houiller devient graduellement plus puissant et plus large à l'Ouest^ vers Saint-Chamond et Saint-Etienne, ce qui suppose qu'au delà de cette faille et autour de cet axe, comme charnière, le sous-sol s'est affaissé aussi bien transversalement à l'Ouest que longitudinalement au Sud. Mais à quel moment ce mouvement transversal a-t-il commencé? Jusqu'au dépôt de la Grande masse et même encore après, les choses se passent à la Grrand'Groix

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comme à Rive*de-Gier. Ce sont les mêmes couches de bouille, les mêmes bancs de grès dans les deux régions. A la Grand*Croix, à la Péronnière, à Combérigol, etc., on rencontre, au-dessus de la Grande masse, un banc de grès quartzo-feldHpathique {taille); puis la petite couche de la Découverte, et au-dessus le grès feldspathique et le poudingue ordinaire comme à Rive-de- Gier. Ainsi jusque-là les conditions générales sont les mêmes dans les deux régions; mais, à partir d*un certain moment, à partir du niveau de i50 à 200 mètres au-dessus de la Grande masse, les roches changent de nature à rOuest du Dorlay. Le mica devient prédominant dans les schistes, les grès et les poudingues; les roches sont caractérisées par une sorte de reflet attenté. Nous passons, en un mot, au terrain que Ton a coutume d'appeler terrain , ou étage, de Saint-Chamond. Or c'est h ce même moment qu'apparaissent les roches siliceuses Geysériennes et le gore blanc dont nous avons parlé. C'est aussi dans le voisinage de la faille du Dorlay que les dépêts siliceux sont surtout puissants. Il semble donc y avoir une certaine corrélation entre les deux faits, c'est-à-dire que la cassure du Dorlay s'est ouverte à l'époque où les sources siliceuses sont apparues, ou plutôt, c'est le mouvement qui a amené cette cassure transversale qui, du même coup, a donné issue aux sources thermales siliceuses. Je ne veux pas dire par là que les eaux siliceuses aient passé par le plan même de cassure de la faille du Dorlay, car d'autres dépôts siliceux se rencontrent aussi à Saint-Priest et ailleurs, au Nord de Saint-Etienne. Mais ce qui me paraît assez probable, c'est qu'il y eut alors un important mouvement volcanique, dont les produits variés furent les dépôts cendreux de (a lalaurine, le gore blanc de Rive-de-Gier et les sources siliceuses de la Grand'Croîx, de Saint-Priest, etc. Ce fut alors, très probablement, que s'opéra, sous lacUon dés mêmes causes, la cassure transversale du Dorlay, et que commença l'affaissement graduel du sous-sol ancien vers Saînt-Chamond et Saint-Étienne.

Je suis ainsi amené tout naturellement à donner quelques détails sur les masses siliceuses, trouvées dans les plus importants puits du district de la Grand'Croix, détails qui nous permettront de (ixer des points de repère, propres à reconnaître l'éta«e de Rive-de-Gier sous Saînt-ÉUenne. Toutefois,

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