‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 49 sur 280 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

presque constamment dans une alternance de grès et de poudingues quartzo-micacés de nuance grise ou verte. L'inclinaison est graduellement descendue de 40^ à 16% de sorte que ravancement réel en profondeur doit à peine dépasser 100 mètres.

A 310 mètres une faille, plongeant au Sud, a ramené du poudingue rouge, qui persista sans aucun changement jusqu'à la distance de 676 mètres, où fut arrêté finalement le travers banc en juillet 1868 (voy. pi. V, Coupe). Le poudingue se compose surtout de micaschiste et de quartz avec quelques galets granitiques à feldspath rose, dont le nombre est allé croissant avec l'avancement. Ce granité ne ressemble en rien au granité blanc de la brèche; il a probablement dû venir des bords de la Loire, où Ton connaît, non loin de Firminy, du granité rose en place. La présence de ce granité prouve, au reste, que ce poudingue rouge diffère complètement du grès ferrugineux que j'ai signalé dans la partie haute du puits. En tout cas il appartient encore à l'étage stérile qui couvre Rive-de-Gier, car le bout de la galerie est horizontalement à plus de 350 mètres des affleurements, que l'on connaît auprès de la brèche à Saint-Martin. A cause du redressement presque vertical de la paroi Sud du bassin, il faudrait prolonger le travers banc d'au moins 200 à 250 mètres pour atteindre les bancs de grès (taille) de l'étage de Rive-de-Gier, dont les affleurements sont visibles sous Saint-Martin. Notons encore que les assises du poudingue rouge ne semblent pas plonger en moyenne de plus de 10 pour 100, de sorte que l'épaisseur traversée pourrait bien ne pas atteindre 50 mètres. Enfin, je dois dire qu'il est à regretter que le long travers banc n*aït pas été poussé normalement à la ligne de direction des affieurements de Saint- Martin; on aurait pu gagner près de 100 mètres sur la distance totale. Au reste, si la recherche doit être un jour reprise, il ne faudrait pas poursuivre le travers banc, car on s'exposerait à rencontrer la couche amincie par le redressement brusque le long de la limite ; il vaudrait mieux reprendre le fonçage du puits Saint-Luc^ ou percer un puits intérieur dans la région où le poudingue rouge est presque horizontal et non troublé par des failles. Quant à la profondeur à laquelle la couche de Rive-de-Gier

pourra être rencontrée, nul ne saurait le dire. On sait seulement que le long travers banc ne rachète qu'une profondeur totale d'environ iOO à 450 mètres; de sorte qu'il faut s'attendre à devoir creuser encore le puits Saint-'Luc d'au moins 200 mètres, si l'on veut y atteindre la Grande masse de Rive-de-Gier; cela donne environ 900 mètres comme profondeur minima, et même il faudra plutôt aller très probablement jusqu'à 1,000 mètres, comme nous le verrons bientôt.

Les trois puits dont je viens de parler traversent l'étage stérile qui sépare Bive-de*Gier de Saint-Étienne. Les détails, dans lesquels je suis déjà entré à ce sujet, le font suffisamment connaître; je puis donc passer immédiatement au massif houiiler de Saint-Chamond lui-même, qui correspond, on doit se le rappeler, au plus ancien des trois groupes, dont se compose l'étage houiiler inférieur de Saint-Étienne.

Page 1