‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 48 sur 280 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

iSO mètres seulement au Nord de Tancienne gare du chemin de fer de Lyon. Au point de vue de l'étage de Rive-de-Gîer on n'aurait pu choisir une position plus défavorable. Il était évident qu'on aurait à traverser non seulement tout le massif stérile qui sépare Rive-de-Gier de Saint-Étienne, mais encore le groupe de l'étage inférieur de Sainl-Élienne, que l'on exploitait depuis longtemps au Nord et à l'Ouest de la ville de Saint-Chamond. C'était se condamner à ne rencontrer l'étage de Rive-de-Gier avant la profondeur de 800 mètres au moins. Ce qui, malgré cela, motiva ce choix, ce fut l'idée théorique, que le gore rouge de la Péronnière, dont j'ai dit un mot à l'occasion du gore blanc (§ 83 et 126), formait, dans le bassin houiller, un niveau géologique bien déterminé; or, comme le chemin de fer coupe précisément un pareil banc ferrugineux dans la tranchée d'Izieux, à un kilomètre au Sud-Ouest de la station de Saint-^lhamond, on en concluait que le puits Saint-Luc ne pouvait manquer de rencontrer la couche de Rive-de-Gier vers 400 à 500 mètres de profondeur. J'avais cependant prouvé, dès cette époque (1847), que le grès rouge existait dans le bassin à divers niveaux, qu'il ne pouvait, par suite, servir de repère, qu'il fallait recourir à d'autres moyens pour fixer, d'une façon approximative, la profondeur probable de l'étage de Rive-de-Gier. Se croyant bien renseigné, on passa outre, et l'on entreprit cette coûteuse recherche, qui fournit les résultats suivants.

Dès l'orifice du puits, on s'est trouvé dans le terrain normal de Saint* Ghamond, c'est-à-dire dans les schistes et les grès fins à mica blanc, alternant en lits minces avec de puissants bancs de poudingue quarlzo-micacé. A 46 mètres on rencontra une veine de houille crue de O^jSO, puis, à partir de 55 mètres jusqu'à 145 mètres, un massif ferrugineux, composé surtout de grossier poudingue en bancs de 2 à 8 mètres d'épaisseur, alternant avec de faibles lits de grès fins rouges et de schistes de même nuance* A 170 mètres le poudingue rouge fit place à un ensemble schisto-charbonneux qui se continue jusqu'à 225 mètres. On y a rencontré, à 174y 310 et 215 mètres, de faibles veines de houille et en outre plusieurs lits schisteux criblés d'empreintes végétales. Jusque-là la plongée des assises est faible ;

tous les bancs inclinent au Sud-Est comme les couches exploitées au puits Napoléon dans l'étage houiller de Saint-Chamoud ; au-dessous la plongée change graduellement; on passe au relèvement inverse vers le Sud, de sorte que le puits correspond à peu près à la ligne de bas-fond du bassin. De 225 à 265 mètres on traversa plusieurs bancs de poudingue quartzomicacé ordinaire, puis jusqu'à liOO mètres des schistes noirs micacés, entremêlés de veinules de houille ou d'empreintes végétales, et souvent associés à de faibles assises de grès ou de poudingues quartzo-micacés. A partir de ftOO mètres, où l'on rencontra deux failles peu distantes l'une de l'autre, on rentra dans une région où les grès et les poudingues l'emportent de nouveau sur les schistes. Cependant vers 600 mètres et jusqu'à 680 mètres les schistes redeviennent prédominants ; les empreintes n'y manquent pas, et avec elles apparaissent aussi des filets de houille et même le grisou et le fer carbonate des houillères. Avec la profondeur augmente l'inclinaison des bancs; elle est de 'tO'' au fond, et toujours dans le même sens vers le N.-O.

On se demandera sans doute où finit dans cette coupe l'étage houiller de Saint-Ghamond, où commence le massif stérile situé au-dessous? Il serait difficile de le dire, puisque le terrain est partout le même, sauf le massif ferrugineux de 90 mètres (entre 55 et i&5 mètres). Il semble cependant que la limite en question doit se trouver vers 400 mètres, où se termine le grand massif schisto-charbonneux. Quoi qu'il en soit du reste, il est au moins certain que les couches du groupe de Salnt-Chamond s*oblitèrent dans cette région, ce qui ne saurait étonner, vu la nature grossière, sauvage, du terrain encaissant. Nous verrons, en effet, en décrivant ce groupe, que les couches de houille disparaissent en approchant du puits Saint'-LuCf aussi bien dans le champ d'exploitation du puits Napoléon que dans celui des puits du Château et de Rigodin.

Arrivé à la profondeur énorme de 680 mètres, on a préféré, à cause de la forte inclinaison des assises, poursuivre la recherche à l'aide d'un travers banc, poussé normalement à la direction des strates. On est bientôt sorti du massif schisteux, et jusqu'à la dislance de 310 mètres on est resté

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