‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 98 sur 280 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

§ 159. — Occupons-nous d*abord de celui de la troisième.

Entre la huitième couche et la base de Tétage moyen (couche 7 bis du puits Lafand), on rencontre presque exclusivement des schistes plus ou moins micacés, ou des grès quartzo-micacés, contenant des lentilles de grossière graUe, c'est-à-dire, comme au mur de la huitième, du terrain sauvage. Il ne faut donc pas s'étonner si la huitième couche, comme on vient de le voir, est elle-même irrégulière ou sauvage dans ce district.

Le terrain micacé dont je parle a été traversé par les puits Paillon^ Moreau, du Crét, Henry, etc., qui tous ont atteint la huitième couche. On peut aussi Tobserver, à la surface du sol, en descendant de TafiDeurement de la huitième, connue au coteau du Grand-Ronzy, vers le Grand-Cimetière, la Barallière et Côte-ThioUière; ou bien, en allant des puits Sainte-Barbe et Saint'Hubert^ de la concession de Saint-Jean, vers Poyeton et le Grand-Cimetière. Dans l'un et l'autre de ces deux trajets on arrive finalement à l'affleurement de la troisième couche, partout visible à la surface du sol, par les nombreux effondrements dus aux anciennes fendues. L'affleurement décrit un vaste fer à cheval qui part des environs de la Massardière, sur le versant Est du Mont-Garat, passe à Roche-Bordéas et au Grand-Cimetière, puis longe, à partir de là, le flanc Sud du coteau de Ronzy jusqu'à Côte-Thiollière. Là, la faille de la Tardiverie déplace l'affleurement d'environ 200 mètres; celui-ci franchit ensuite, de l'Est à l'Ouest, toute la concession de C6te-Thiollière, passe à Grange-Neuve, et se termine dans la concession de Monthieux, contre la faille de même nom, au pied du coteau de Montheil, après un parcours total de trois kilomètres.

Depuis la Massardière jusqu'à Côte*Thiollière l'affleurement est en réalité double, c'est-à-dire, qu'au-dessous de la troisième on rencontre les traces d'une veine inférieure (la septième probablement), et même, au puitsla/bnot, on commence à distinguer assez nettement les traces des cin«quième, sixième et septième couches; cependant dles y sont encore fort rapprochées de la troisième, et ce n'est en réalité qu'entre dôte-ThioUière et

négliger des épures aussi simples; elles permettent de juger du sens dans lequel doit se rencontrer la faille rejetée, et de décider si les deux failles sont contemporaines ou non.

Grange-Neuve que les affleurements des couches inférieores se dessinent nettement. Dans cette direction, en effet, les massifs de grès, qui séparent la troisième de la quatrième et celle-ci de la cinquième, commencent i grandir, tandis qu'à TEst, du moins en profondeur, la quatrième et même parfois la cinquième sont presque confondues avec la troisième.

Ajoutons qu'à la Massardière la troisième couche semble amincie par les failles de direction, qui coupent le terrain houiller au voisinage de la chaîne du Pilât, et qu'elle ne prend tout son développement qu'à partir du puits Saint-Léon, à l'Est de Poyeton. En tout cas, elle est puissante (6 à 7 mètres) à partir du Grand-Cimetière, dans l'ancien champ d'exploitation dit des Chaux; mais, comme ces travaux sont abandonnés depuis cinquante ans, on y connaît moins bien le gîte houiller qu'à l'Ouest de la faille de la Tardiverie, où elle fut activement exploitée de 1830 à 1860. Par ces motifs, c'est dans cette dernière région que nous allons l'étudier d'abord.

§ 160. — Les troisième, quatrième et cinquième couches furent exploitées dans trois mines contiguës, longtemps indépendantes, celle de la Tardiverie à l'Est, celle de Côle^Thiollière au Centre et celle de Monlkieux à rOuest. La première, située dans la concession de Terrenoire, s'étend de la faille de la Tardiverie jusqu'à la limite de C^te-ThioUière; la seconde occupe, dans toute sa longueur, la concession de ce nom ; la troisième se poursuit au delà, vers le Nord-Ouest, jusqu'au pied du coteau de Montheil où la faille, dite de Monthieux, ramène les couches à la surface du sol (pi. X).

La troisième couche se poursuit ainsi, sans interruption, avec une très grande régularité, sur 1 ,500 mètres de longueur, et 500 mètres suivant la plongée.

La Tardiverie et C6te-Thioliière étaient, vers 18&0, les deux mines les plus régulières et les plus florissantes du bassin. Malheureusement les exploitants abusèrent de leur situation; on tailla en plein drap, sans s'inquiéter de l'avenir. Les galeries furent multipliées dans tous les sens, élargies et exhaussées outre mesure ; les remblais étaient alors inconnus, de sorte que bientôt les chantiers s'éboulèrent, ce qui amena l'incendie sur nombre de points. La mine de la Tardiverie, en particulier, dut être abandonnée

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