CHAPITRE I
par la distillation, de l'huile légère et du goudron. On trouve, en général, ces schistes au toit des puissantes couches de houille; je citerai spécialement les couches n* 2, 3, 8 et 13 de Saint-Étienne. C'est Tune des causes les plus fréquentes des incendies de mines. Les schistes s'éboulent lorsqu'on exploite la houille, dont ils forment le toit, et alors la masse charbonneuse broyée s'échauffe rapidement par l'absorption graduelle de l'oxygène de l'air.
Parmi les schistes ordinaires du bassin de la Loire, il en est cependant qui ne renferment pas trace de matière charbonneuse; c'est le gore blanc des mineurs. À la Béraudière on en connaît deux assises : l'une de 4 mètres, au toit de la couche dite la Crue; l'autre de 2 à 3 mètres entre la grande couche et celle dite des trois gores. C'est une roche blanche feuilletée, douce au toucher, presque exclusivement composée de débris feldspathiques ou kaoliniques. Son extension horizontale est faible. On ne le rencontre plus, au même niveau géologique, à la distance de 1,000 à 1,500 mètres, dans les mines voisines des Littes et de Montrambert.
A Rive-de-Gier on donne le même nom à une roche tout à fait différente, qui a plutôt les caractères d'un grès, ou d'une sorte de tuf d'apparence porphyrique. C'est un composé de débris feldspathiques etdioritiques, dont la teinte générale est le gris-blanc, nuancé de vert passant au jaune. La roche verte est surtout développée à la Péronnière; elle forme le coteau au pied duquel est situé le puits Pinay. Sa puissance est d'une vingtaine de mètres.
On la rencontre aussi, quoique avec une puissance moindre, dans les mines contiguës de la Grand'Croix, du Plat-de-Gier et de Combérigol; et l'on assure même qu'elle se trouve, dans la plupart des puits de Rive-de- Gier, à une distance à peu près uniforme de la grande couche de houille, de façon à marquer une sorte de niveau géologique. Je ne puis cependant garantir le fait; il est difficile à vérifier, parce que la roche est souvent tendre comme les schistes ordinaires; ce qui oblige de murailler complètement les puits sur ces points. En tout cas, si la roche existe dans la partie orientale du district de Rive-de-Gier, elle y est moins puissante qu'à
la Péronnière, et s'y rapproche davantage des schistes ordinaires. Nous reviendrons, au reste, sur ce gore blanc de Rive-de-Gier en traitant des masses éruptives de la période houillère. Cette roche a fourni à MM. Lescure et Mallard et à M. Maussier, le sujet de deux intéressantes notices, qui ont paru dans le Bulletin de la Société de r industrie minérale (1872).
Il me reste à parler d'une dernière sorte de schiste qui se rencontre au mur immédiat des couches de houille, roche que les Anglais appellent undcr-clay (sous-sol argileux), à cause de sa situation spéciale. Sous la plupart des couches de houille, on aperçoit, en effet, un banc terreux d'un gris noir foncé, dont la puissance ordinaire est de n ,10à m ,20; c'est une sorte de magma, assez semblable à la vase des marais supposée durcie. On y voit une multitude de bandelettes noires, sortes de folioles végétales carbonisées, sillonnant la masse dans tous les sens, tandis que les empreintes houillères ordinaires sont toujours couchées suivant le plan des feuillets de la roche.
Ces folioles carbonisées sont des radicelles de stigmaria ou de quelques autres végétaux arborescents, dont les troncs se rencontrent au mur des couches de houille. On voit donc que ce magma schisteux, d'apparence vaseuse, représente en réalité la terre végétale sur laquelle s'est développée la végétation houillère.
En Angleterre, les under-clays sont souvent exploités comme argile réfractaire. La fameuse [terre de Stourbridge, dans le Staffordshire, provient de là. J'ai essayé plusieurs under-clays du bassin de la Loire, mais aucun d'eux n'a résisté au feu de forge, à cause des éléments calcaires et ferrugineux mêlés à la masse. Tous cependant ne doivent pas être dans ce cas. Il est possible que là aussi, comme dans le bassin d'Ahun (Creuse), où j'ai rencontré de l'argile réfractaire, on pût découvrir des under-clays non fusibles, si Ton se donnait la peine de les examiner tous. Cest une recherche que je me permets de recommander aux ingénieurs de la Loire.
Le schiste, je l'ai déjà dit, est la moins répandue des roches houillères du bassin de la Loire ; c'est par ce caractère que les roches carbonifères supérieures du Plateau Central se distinguent de celles du nord de la France. Les schistes accompagnent surtout les couches de houille, et particulière-