CHAPITRE VIII
de sa puissance, qui est en moyenne de 7 à 8 mètres; elle varie cependant, en réalité, de m ,50 à 15 mètres, suivant le point où on la considère. Elle est le plus souvent divisée en deux parties d'inégale importance par un faible banc de grès fin, dit nerf blanc, ayant O^ô à m ,30 d'épaisseur. Dans le district oriental de Rive-de-Gier, à Couzon, Égarande, les Verchères, le Gourdmarin, etc., la partie inférieure est du charbon dur, terne, oxygéné, appelé rafford par les mineurs; tandis que la partie supérieure est du charbon plus tendre, plus éclatant, plus gras, moins riche en oxygène, et, par suite, plus recherché pour la forge et le coke; c'est le charbon maréchal de Rive-de- Gier. Le rafford convient mieux, à cause de sa dureté, pour les fours à grille.
A la Cappe, et à la Grand'Croix surtout, la différence entre les deux parties est moins accentuée; le charbon de la couche entière peut être carbonisé, mais la partie haute est cependant, en général, plus pure et plus recherchée. Je rappelle, de plus, que la houille des deux parties est moins dure et moins chargée de matières volatiles à l'Ouest qu'à l'Est de la ville de Rive-de-Gier ; qu'elle devient même anthraciteuse dans les dernières concessions voisines de Saint-Chamond, à Combérigol et au Plat-de-Gier, aux profondeurs de 500 à 600 mètres.
La Grande masse commence à zéro, ou tout au plus à m ,50, dans les concessions de la Pomme et de Montbressieux, vers l'extrême limite Est du territoire de Rive-de-Gier; elle atteint 2 à 3 mètres à Ghantegreine et à Couzon, 6 à 8 mètres aux Verchères, 9 à 10 mètres vers le Sardon, et jusqu'à 15 mètres dans certaines parties du district de la Grand'Croix. Elle est d'ailleurs presque partout plus ou moins renflée dans le bas fond [thalweg) du bassin, mince ou étirée vers les bords.
Au Sud, l'amincissement parait dû, au moins partiellement, au laminage causé par le relèvement postérieur des assises; mais au Nord, il provient plutôt des conditions locales, moins favorables à la végétation houillère.
Le toit de la Grande masse est en général assez solide; les schistes à empreintes y sont rares et le minerai lithoïde y fait défaut. Aux Grandes-
Flaches, à la Grand' Croix et au Ban le toit est surtout formé de grès; aussi, dans ces régions, les cas d'érosion partielle et même de complète disparition de la couche sont-ils fréquents.
Le mur est plus tendre et plus schisteux; il tend à gonfler et à se soulever dans plusieurs mines. Au-dessous viennent des bancs de manifer et des grès fins, plus ou moins schisteux, qui vont jusqu'au toit de la couche suivante, dite les Bâtardes. Celle-ci se trouve en moyenne à 35 mètres au mur de la Grande masse. La couche est double, comme la précédente, mais le nerf qui la divise varie de B ,50 à 8 mètres. Dans ce dernier cas, ce sont en réalité deux couches distinctes, appelées première et deuxième Bâtardes. L'intervalle est surtout considérable à l'Est de Rive-de-Gier, aux Grandes- Flaches ; il diminue au centre et disparaît presque entièrement au Reclus et vers la Grand' Croix, L'épaisseur des bâtardes croit, dans le même sens, de l'Est à l'Ouest, et aussi, comme la Grande masse, des bords du bassin vers le centre.
Dans les concessions de Combeplaine et de Frigerin, chacune des Bâtardes ne mesure que 0°\ftO à m ,50; au Gourdmarin et au Sardon, la Bâtarde inférieure atteint l m ,30 à 2 mètres; la Bâtarde supérieure i m ,10 à 1 ID ,50. À la Grand'Croix, les deux couches réunies vont parfois jusqu'à 5 mètres. Le charbon s'améliore aussi de l'Est à l'Ouest, comme celui de la Grande masse; mais il reste toujours plus terne et plus chargé de cendres que ce dernier.
Le toit de la Bâtarde supérieure est assez souvent bosselé, comme celui de la Grande masse, c'est-à-dire, formé de grès, dont la première assise pénètre par érosion dans la houille même. J'ai pu constater ces amincissements, dus à l'érosion, au puits Jamen des Verchères, au puits du Pré dans la mine de Couzon et ailleurs.
Le toit de la Bâtarde inférieure est, par contre, uni et régulier, habituellement schisteux et pétri d'empreintes.
Sous la deuxième bâtarde, et dans un intervalle de 30 mètres, on rencontre spécialement des schistes, avec quelques bancs de manifer, puis la troisième couche, appelée Bourrue, nom qui dénote sa qualité inférieure.