ALLURE GÉNÉRALE DES ASSISES DU BASSIN HOUILLER
§ 14. — On a vu que le dépôt hou Hier de la Loire occupe une dépression triangulaire, bordée au Sud Sud-Est par le Pilât, au Nord Nord- Ouest par la chaîne parallèle de Riverie, à l'Ouest par les derniers contreforts des montagnes du Forez.
La direction générale du terrain est, comme cela se voit d'ordinaire, sensiblement parallèle à Taxe de la vallée houillère. Dans les parties régulières, et spécialement au pied des deux chaînes entre lesquelles se développe le bassin, les assises courent, en effet, le plus souvent du N. E. au S. 0., ou plus exactement du N. 50° à 60° E. au S. 50» à 60° O.
A côté de cette allure normale apparaît cependant, dans les districts où le bassin est large et soumis à l'influence des grandes failles transversales, une autre allure, à peu près orientée N. 20° 0.— S. 20* E.; avec des écarts allant parfois jusqu'au N. S. vrai, plus rarement jusqu'au N — SE. C'est l'orientation que je désignerai à l'avenir sous le nom d'allure transversale. Elle apparaît surtout, aux environs de Saint-Étienne, dans les vallées Nord-Sud de l'Isérable inférieure, du Furens, du Cluzel et de Roche-la-Molière.
Les assises qui obéissent à l'allure transversale plongent en général vers le centre du bassin, sensiblement occupé par la ville même de Saint- Étienne. A l'ouest de la ville, les bancs s'enfoncent, en effet, vers l'Est; tandis que du côté opposé, entre Méons et Terrenoire, les assises plongent plutôt à l'Ouest (voir PL X et XIII).
Quant aux assises qui obéissent à l'allure normale, elles inclinent presque partout vers l'axe du bassin ; c'est la disposition dite en fond de bateau. Ainsi, le long de la lisière Nord, les couches plongent au Sud-Est, et le long de la lisière Sud, vers le Nord-Ouest (voyez les coupes de la carte générale, et les PI. III, X, XIV, etc.).
Mais les deux pendages opposés sont loin d'être égaux. La quille du fond de bateau, ce que l'on pourrait appeler le thalweg houiller, ou la ligne de bas fond, est plus rapprochée de la lisière Sud que de la limite Nord du bassin. Cette ligne s'éloigne peu du pied du Pilât. A Rive-de-Gier, ou le bassin mesure 2,000 mètres, elle s'en écarte de moins de 400 mètres. A Saint-Étienne, où la largeur est de 6,000 â 8,000 mètres, l'écartemént ne dépasse nulle part 15 à 1,800 mètres. Il en résulte des pentes très
inégales au Nord et au Sud. Au Nord, l'inclinaison oscille en moyenne entre 10° et 25°. Au Sud, elle atteint 40° à 50° (Montrambert), ou môme 70° à 80" (Chauvetière) ; sur quelques points elle est même verticale, sinon renversée.
On peut citer, comme exemple de redressement vertical et de renversement partiel, les mines de la petite Ricamarie et de Picpierre (PI. IV bis et XXII), de la Béraudière et de Rive-de-Gier, et, à la surrace du sol, les bords du bassin, entre Saint-Martinen-Coalieux et la Rivoire, au SudSaint-Chamond. Par contre, on ne voit presque nulle part, comme dans les grands bassins du