CHAPITRE II
Nord, des plis en zigzag. Les plissements de couches ne paraissent guère possibles là où la roche dominante se compose de grès. Il n'en existe qu'un très petit nombre d'exemples dans le bassin de la Loire. Il y a pourtant un pli à la mine de Combeplaine (PI. IV bis), et deux ou trois moins importants dans les petites couches de Rive-de-Gier.
Je signalerai aussi des froncements découches, comme preuve de compression latérale. On en voit des exemples aux puits Saint-Paul de Grézieux, à la petite Ricamarie, au bois d'Aveize, etc. (coupes de Rive-de-Gier, de la Béraudière, de Terre-Noire).
Les mines où la direction normale se dessine le mieux sont Montrambert et les Littes; toutes les galeries y courent sur N. 55° à 57° E.; on peut citer aussi la concession du Janon, où les voies de niveau vont en général sur N. 40° à N. 60° E. (PI. X et XIV).
A Rive-de-Gier, la même orientation NE.-SO. apparaît dans un grand nombre de mines à Couzon, Égarande, les Vêrchères, le Sardon, le Gourd- Marin, Saint-Charaond, etc. (PI. II, III et VI).
Enfin, lorsqu'on parcourt, à la surface du toi, le pendage Nord du bassin, entre Rive-de-Gier et la Fouillouse, on est partout frappé de la plongée uniforme des bancs du terrain vers le Sud-Est, ou le Sud Sud-Est.
L'allure transversale s'observe surtout aux mines de Roche-la-Molière, du Cluzel, de Villars, de la Béraudière, de la Ghauvetière, du Quartier- Gaillard, à l'ouest de Saint-Étienne, et dans les travaux de la Grand'Croix et de la Péronnière entre Rive-de-Gier et Saint-Chamond. (PI. IV, XII, XIII, XVI, etc.).
§ 15. — Les deux directions principales du bassin de la Loire se reconnaissent aussi, comme on doit s'y attendre, à la configuration extérieure du sol. Les coteaux et les vallons portent partout l'empreinte de Tune ou de l'autre des deux allures.
Les vallées du Gier, de l'Ondène, de la Triollrère, etc., sont orientées NEr-S 0. Celles du Furens, du Cluzel et de Roche-la-Molière du N. au S., ou du N. 15« à 30* 0. au S. 15° à 30« E. Entre les deux alignements, il y a d'ailleurs, en une foule de points, passage graduel. Si les deux directions étaient d'âges
différents, il y aurait probablement faille, ou rupture, au point de rencontre. Si, au contraire, la double direction est le résultat d'un mouvement unique, on comprend mieux les inflexions des couches. Au point de croisement, il dut se produire, à la place de coupures franches, des bancs graduellement infléchis avec étirement partiel du côté de la convexité. Or, ce dernier cas est de beaucoup le plus fréquent dans le bassin de la Loire. A la mine de la Chauvetière (pi. XIV), concession de la Béraudière, les couches de l'étage supérieur courent, dans la partie Nord des travaux souterrains, du N. 21° à 15° 0. sur S. 12° à 15° E., puis se détournent vers l'Est à partir de la ferme de la Chauvetière, en décrivant un grand arc régulier, parfaitement continu, qui se termine à l'alignement normal N. 50° à 60° E.
A l'extérieur, le même contour s'observe aussi ; une' gorge descend du Nord au Sud, jusqu'à la ferme de la Chauvetière; sur ce point le vallon s'infléchit à l'Est, puis au Nord-Est, pour déboucher, à la Grange de l'Œuvre, au sud de Saint-Etienne, dans la vallée du Furens. Les coteaux qui entourent le vallon se composent de bancs dont l'allure est encore rigoureusement la même. D'un côté, au mur des couches de la Chauvetière, c'est la crête N. 12° à 15° 0., qui va du Deveix, par le hameau de la Béraudière, à la Croix de l'Orme, puis de là à la Grange de l'Œuvre, en se détournant vers l'Est-Nord-Est. De l'autre, au toit, c'est le Mont-Ferret qui, lui aussi, affecte d'abord la direction Nord-Sud et passe ensuite, vers son extrémité Sud, à l'alignement normal. Au sommet du coteau, on peut suivre de l'œil, dans les champs, une série de crêtes rocheuses, formées par les bancs du poudingue supérieur, qui tous décrivent des arcs concentriques, d'environ 200 mètres de rayon, en passant d'un système à l'autre 1 .
La concession de la Béraudière nous fournit encore un autre exemple ( voyez la planche n° XIV ) . A la petite Ricamarie, les veines de houille courent sur N. 65° E. ; à la mine des Genest, sur Nord vrai, plus loin, aux puits Saint-Victor et de la Pompe sur N. 15° O. ; à la mine du Crêt-de-
4 . Ce triple contournement du vallon et des coteaux est très bien accusé sur la carte des environs de Saint-Étienne de M. Godefin.