ÉTAGE HOUILLER INFÉRIEUR DE SAINT-ÉTIENNE
§ 84. — A l'étage stérile, qui sépare Rive-de-Gier de Saint-Étienne, succède le plus important des trois étages houillers du territoire propre-
ment dit de Saint-Etienne.
Il commence à se montrer au Nord de Saint-Chamond, se développe dans les régions Nord et Ouest du territoire de Saint-Étienne, et se prolonge de là, par son aval pendage, sous les étages moyen et supérieur, c'està-dire sous la partie centrale du bassin de la Loire.
Sa puissance totale atteint 850 à 900 mètres, et le nombre des couches de houille est de 10 à 12, parmi lesquelles trois au moins ontplus de 3 mètres, et souvent 4, 5 et 6 mètres d'épaisseur. Ailleurs, les couches se dédoublent en deux ou trois veines distinctes, de sorte que, sur quelques points, on compte, jusqu'à 12 et même 15 couches exploitables. D'autre part, non seulement la
puissance des couches varie rapidement et enlrede grandes limites, mais leur qualité aussi souffre de fréquents changements. Ainsi la huitième et la treizième couche, qui l'une et Tau tre donnent d'excellents charbons à coke dans certaines régions, deviennent ailleurs tellement pierreuses que leur exploitation en est rendue impossible. En un mot, la variabilité des couches est beaucoup plus grande dans l'étage inférieur de Saint-Étienne qu'à Rive-de- Gier, et cette variabilité semble se rattacher étroitement à la nature des roches. Les couches s'altèrent dès que les grès fins et les schistes deviennent sauvages, c'est-à-dire, lorsqu'ils font place aux roches micacées et aux poudingues grossiers irréguliers. Le caractère distinctif de l'étage stérile, la prédominance de l'élément quartzo-micacé, se conserve partiellement entre les couches de houille de l'étage inférieur de Saint-Étienne; il apparaît surtout à Saint-Chamond et dans la partie orientale du territoire stéphanois, dans les communes de Sorbiers et de Saint-Jean-Bonnefonds. Dans toute cette région, les roches sont éminemment micacées, tandis que le grès quartzofeldspathique (taille), en bancs réguliers, n'apparatt qu'exceptionnellement à Saint-Chamond et assez rarement dans la commune de Sorbiers.
L'étage inférieur de Saint-Étienne se divise, comme nous l'avons dit, en trois groupes qui sont, de bas en haut, les couches 16 à 13, 12 à 9, et vers le haut la huitième avec ses satellites.
§ 85. — De ces trois groupes, le plus ancien est seul connu à Saint- Chamond ; les couches y sont peu puissantes et au nombre de 7 ou 8. La
couche la plus élevée semble correspondre au n° 13 de Saint-Etienne. Elle est divisée en quatre veines, comme à Chaney et au Montcel. Le terrain, qui est sauvage dans la partie orientale du district de Saint-Chamond, devient plus régulier au centre, dans les quartiers appelés le Parterre et le Paradis; mais il redevient quartzo-micacé et grossier dans la partie Ouest, et ne s'améliore de nouveau qu'à Sorbiers et à Saint-Jean-de-Bonnefonds. Or c'est précisément dans ces deux quartiers que les couches de houille sont aussi plus régulières et plus nombreuses; tandis qu'à l'Est, vers la Grand'Croix, et à l'Ouest, avant d'atteindre le district proprement dit de Saint-Étienne, elles s'oblitèrent et disparaissent presque entièrement. Elles