ÉTAGE HOUILLER SUPÉRIEUR DB SAINT-ÉTIENNE
§ 89. — L'étage houiller supérieur est fort peu étendu à Saint-Étienne. Il forme une simple bande de mille à quinze cents mètres de largeur sur ii kilomètres de longueur. Cette étroite bande commence, à l'Est, au pied de la colline d'Aveize, vers le village de Terrenoire; se poursuit, à l'Ouest, .par la Richelandière, le jardin des plantes et Villebœuf jusqu'au Furens, puis au delà, par le Mont-Ferret et la crête du Deveix, le long de l'ancienne route du Puy, jusqu'au hameau de la Bargette, ou celui des Trois- Ponts près de Firminy. C'est une superficie d'environ 1,350 hectares. La puissance totale du massif houiller est de 200 à 250 mètres. Dans la région, où il est complet, au bois d'Aveize, il comprend 10 ou 12 couches, dont la puissance réunie est de 15 à 20 mètres; mais cette épaisseur diminue rapidement à
l'Ouest ; à la Chauve ti ère elle est réduite à 5 ou 6 mètres, et à Montrambert à moins de 3 mètres. A la région riche du bois d'Aveize correspondent des grès et des schistes fins, régulièrement stratifiés ; à la partie pauvre de l'Ouest, des grès quartzo-micacés ou des schistes sableux, riches en mica, en un mot, un dépôt sauvage. Les bancs micacés se rencontrent déjà dans les puits Ambroise et Pélissier de Villebœuf ; ils se développent, plus encore, au delà du Furens, vers le haut des travaux de la Chauvetière, et surtout dans le tunnel du chemin de fer de Montrambert, sous le village de la Béraudière.
Au pied du bois d'Aveize le groupe de la couche des Rochettes est séparé de l'étage supérieur par un massif stérile de 55 mètres, dont 40 mètres se composent de poudingues ou de grès grossier; à ce massif succèdent les trois premières veines de l'étage supérieur; ce sont des couches de m ,80 à i mètre, formées de charbon cru et de veinules de schistes, difficilement exploitables. Au-dessus, à faible distance (voir les coupes du bois d'Aveize), vient la couche la plus importante du bois d'Aveize, celle qui est connue sous le nom de Grande Masse du bois d'Aveize. Elle a 6 à 7 mètres de puissance' et fournit du charbon de bonne qualité. Au toit de cette couche, composée de schistes fins, succède une faible veine d'un mètre, la Petite Masse, puis un banc de grès qui conduit à la couche dite du Bon Menu, de 2 m ,50 à 4 mètres. Elle fournit, comme son nom l'indique, du charbon tendre, mais pur. Le toit de cette couche se compose de grès fin, entremêlé de schistes ; c'est un massif de 20 à 25 mètres, au-dessus duquel vient une nouvelle couche, dite la Rouillât, ou Rouillère* de 2 à 3 mètres, ainsi nommée à cause des plaquettes de rouille, dont le charbon se trouvait taché, par le fait de travaux antérieurs fort anciens, ou parce que les «cendres en sont rougeàtres. C'est du charbon dur assez médiocre.
Enfin, la couche la plus récente du bassin, vers le haut de la colline d'Aveize, est appelée la Mourinée* à cause de la consistance friable (moureuse) de la houille 1 . C'est une sorte d'amas dont la puissance varie de 3 ou h mètres, jusqu'à 10 mètres et plus.
4 . On appelle, à Saint-Étienne, moure, ou charbon moureux, une houille qui s'écrase entre les doigte et ne renferme aucune partie dure.