CHAPITRE II
une ride, due à deux failles transversales à pentes inverses, celle du Féloin et celle du puits Egarande, et si, de ce point, on se dirige vers les bords du
bassin, on verra la grande couche s'épanouir et se relever contre lé terrain ancien, en passant de l'orientation transversale à l'orientation normale.
Ces exemples si nombreux de passage d'un système de direction à l'autre s'expliquent sans peine dans la double hypothèse de leur simultanéité et de mouvements lents et prolongés. On ne les comprendrait guère dans la théorie des soulèvements d'âges différents. Mais nous reviendrons sur cette question en étudiant les failles du terrain houiller.
§ 17. — Passons aux rapports de stratification du terrain houiller et des roches sur lesquelles il s'appuie. L'allure générale du terrain schisteux ancien est, dans nos contrées, N. 20° à 25* E. ; tandis que celle du terrain houiller obéit tour à tour aux directions N. 50« à 60° E. et N. 20° 0., qui correspondent, la première à l'axe du bassin, la seconde aux cassures transversales du dépôt houiller. Mais ce qui distingue surtout les assises houillères du schiste ancien est la discordance de l'inclinaison. Tout le long de la lisière Nord du bassin houiller la pente des schistes anciens est beaucoup plus forte que celle des assises houillères; et, le long de la lisière Sud, où les couches du terrain houiller sont elles-mêmes fortement relevées, la pente est souvent inverse.
Citons quelques exemples :
Un des points de la lisière Nord, où la stratification s'observe le mieux est le col de Valfleury, sur le chemin de Saint-Cristôt à Saint-Chamond, auprès du hameau, dit les Grandes-Loges. Le gneiss est renversé, ou vertical, dirigé sur N. 55° à 70° E., tandis que le conglomérat houiller, déposé directement sur le gneiss, plonge de 30° à 35° vers le Sud-Est. (Voy. cidessous, fi g. 3.)
Le contact inmédiat des deux terrains se voit également au débouché de la plupart des gorges qui descendent du Pilât. Sur les bords de l'Échapre, de F Onde ne, du Janon, le terrain houiller incline beaucoup moins que les roches anciennes. De plus, presque partout, le long de la lisière Sud, les deux terrains sont séparés par une forte faille, qui ne permet pas de recon-
naître leur» rapports primitifs. Cependant, le micaschiste est en général, au pied du Pilai, orienté, sur N. 20* à 25* E., tandis que les assises houillères y courent sur N. 50* à 60' E. comme l'axe du bassin.
Cette grande faille limite se manifeste tantôt par une sorte de refoulement brusque du terrain houiller (Petite Ricamarie, pi. XV et XXII), tantôt par le laminage des couches et la présence constante d'un conglomérat de frottement, le long de la limite. Les assises sont verticales et broyées au col de la Croix-de-1'Orme, sur la route de Lyon au Puy. Cest l'état fragmentaire de la roche qui a rendu si difficile, sous ce col, le percement du tunnel sur la ligne du Puy, entre Saint-Etienne et Firminy. Le même refoulement des assises houillères ressort aussi de la disposition de la grande couche à la Petite Ricamarie. (Coupe de la Ricamarie au Brûlé, pi. XXII.) '
Sur la route nationale, au delà de Firminy, dans l'angle Sud-Ouest du bassin, on observe, auprès de la borne kilométrique n* 7i, la coupe suivante (Croquis n" 4).
Au contact des deux terrains, sur une largeur de 3 a & mètres, les roches houillères sont fracturées et broyées; elles se relèvent vers les schistes anciens, tandis qu'a une dislance plus grande les bancs du terrain