‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 19 sur 144 · ACCIDENTS CONTEMPORAINS DU DEPOT · texte numérisé non relu

ACCIDENTS CONTEMPORAINS DU DEPOT

§ 18. — Les accidents contemporains proviennent d'une double cause. Tantôt les assises furent altérées au moment même de leur dépôt; tantôt plutôt remaniées comme les graviers de nos rivières, sans cesse déplacés par les hautes eaux, ou, comme les bancs de sable de nos côtes, constamment agités par lés vagues. Certains bancs de nos terrains bouillers semblent, en effet, avoir été entamés plus ou moins profondément par des courants. Je désignerai ces altérations parle terme d'amincissements par érosion; tandis que j'appellerai variations locales les modifications de la première espèce.

Dans les dépôts de hante mer, les modifications contemporaines sont peu importantes; l'influence des courants y est faible. Les assises conservent à de très grandes distances le même faciès, la même puissance, la même nature ; tels sont les dépôts jurassiques et crétacés, et tels aussi, jusqu'à un certain point, les terrains houillers du nord de la France, de la Belgique et de la Wesfphalie. La végétation a dû se développer dans de vastes lagunes closes, à l'abri des marées et des tempêtes, et de l'agitation due aux courants.

11 en est autrement, lorsque les dépôts sont d'origine littorale ou fluviatile. La forme et la nature du rivage, le nombre et l'importance des cours d'eau, la largeur et l'étendue des bassins modifient alors, en chaque point, la nature du dépôt. C'est le cas des dépôts houillers du plateau central de la France, en particulier de celui de la Loire, le plus considérable de tous. Ce qui frappe, en effet, à première vue, lorsqu'on parcourt ces bassins, c'est la variabilité des assises. Ici un banc de poudingue se change en grès, là le grès passe au schiste, ailleurs le schiste fait place à la houille. Les couches de houille se transforment de même graduellement dans le sens de leur direction, ou le long de leur pente ; le charbon devient plus ou moins tendre ou dur, gras ou maigre, pur ou impur. La puissance aussi varie dans de très grandes limites; certaines veines se renflent, de quelques centimètres, à dix ou quinze mètres, ou bien se subdivisent lorsqu'elles sont puissantes.

Des variations encore plus fortes affectent les grès et les poudingues. L'épaisseur de certains bancs augmente parfois si rapidement qu'ils prennent la forme de coins ou d'amandes aplaties vers les bords.

Si, à ces variations locales, on ajoute les érosions contemporaines et toutes les perturbations de dates plus récentes, telles que failles, brouillages, étranglements, etc., on comprendra aisément que le terrain houiller de la Loire doit opposer de sérieuses difficultés à la poursuite des travaux souterrains, et qu'il ne soit pas toujours facile de fixer, d'une façon sûre, le parallélisme des couches dans les diverses parties du bassin.

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