CHAPITRE III.- fcl
A) . — Variation» des eouches de houille»
S 19. — Citons quelques exemples de variations locales, et parlons d'abord de celles qui affectent la qualité et la puissance des couches de charbon.
A Rive-de-Gier la grande couche se modifie graduellement dans son développement de l'Est à l'Ouest. A l'extrémité orientale du bassin, dans les concessions de Couzon et de la Verrerie, le charbon est dur, terne, peu collant, tenant 33 à 34 pour 100 de matières volatiles. C'est une houille peu grasse, à longue flamme, appelée Rafford à Rive-de-Gier. Au centre et à l'Ouest, dans les concessions du Reclus, de Corbeyre et de la Grand 'Croix, la houille est tendre, grasse et maréchale, dégageant 25 à 30 pour 100 de matières volatiles* Au delà encore, dans les concessions de Combérigol et du Plat-de-Gier, le charbon se rapproche de l'anthracite; les éléments volatils descendent à 24, 20, même 19 pour 100.
La puissance du charbon n'est pas moins variable. En suivant la vallée d'aval en amont, on voit la grande couche commencer à zéro, au Nord-Est de la ville, près de Montbressieux. A Couzon, elle atteint 2",50 à 3 mètres, aux Verchères 7 à 8 mètres, au Reclus et à la Grand'Croix, dans le bas-fond du bassin, 10 à 12 mètres, tandis qu'elle s'abaisse de nouveau, à quelques centimètres ou à zéro, lorsqu'on remonte son pendage Nord vers les affleurements. Ainsi, à la Faverge 6 à 7 mètres, à Collenon 4 à 5 mètres, au puits Saint-Cloud, concession du Ban, l m ,30, et finalement, au hameau du Mulet et aux environs de Cellieux, les affleurements sont de nouveau stériles comme à Montbressieux.
La couche bâtarde de Rive-de-Gier éprouve des variations analogues.
A l'Est de la ville, elle se compose de deux veines, ayant chacune 0*,50 ù
1 mètre, séparées par un grès schisteux de 3 à 8 mètres. A l'Ouest, aux
mines de la Grand'Croix et du Reclus, les deux veines sont confondues et
mesurent ensemble 3 à 5 mètres.
À Saint-Étienne, les couches de houille ne sont pas plus constantes. Je me bornerai à un petit nombre d'exemples.
La troisième couche de l'étage moyen avait sous la plaine de Bérard de 3 à 5 mètres, et même au Gagne-Petit 6 à 8 mètres ; tandis qu'à 500 mètres nu Nord du Treuil elle est réduite, sans faille ni érosion, à 2 mètres au puits Baurgoing, à ^SO au puits Achille, à O-SSO, à O-^O au puits du Chêne, concession de la Roche. A l'Ouest de Saint-Étienne, au Montsalson, la même couche atteint 8 à 10 mètres, et même 12 à 15 mètres à la Béraudière et à Beaubrun.
La houille aussi de la couche en question change de nature. A Bérard, c'était du charbon gras ordinaire, tenant 27 à 30 pour 100 de matières volatiles avec 6 à 8 de cendres. Aux Hautes-Villes et au quartier Gaillard, on trouve 80 à 33 pour 100 d'éléments volatils et une proportion de cendres qui parfois descend à 2 ou 3 pour 100. Au delà encore, aux Platières et au puits n° 1 de Montsalson, le charbon devient très brillant et léger, perdant 36 pour 400 au feu. Enfin, à Montrambert et aux Littes, sur le versant Sud du Montsalson, la houille passe aux charbons à gaz ; elle gonfle moins au feu, mais elle perd par la calcina tion 38 à 40 pour 100.
L'une des couches les plus changeantes des environs de Saint-Étienne, à l'Est de la ville, est celle qui est désignée sous le nom de huitième ou première grande couche de l'étage inférieur. A Montheil, concession de Bérard, la couche se compose de deux parties. La veine inférieure a, en moyenne, 3 m ,50; la houille était du charbon de forge de deuxième qualité, tendre, feuilleté à éclat vif. Au-dessus, à la distance variable de 2 à 10 mètres, se trouve la seconde veine de 1 mètre à l-,50, dont le charbon est pierreux, entremêlé de pyrites et de fer carbonate lithoide. Quelquefois même le schiste et le minerai prennent presque entièrement la place de la houille.
Au Nord de Montheil, au puits du Soleil (mine Bréchignac de Bérard), les deux veines étaient réunies, ou du moins, à peine séparées Tune de l'autre par 0-,15 * 0*,20 de schistes. La puissance totale dépassait 6 mètres, et le charbon était pur sur toute la hauteur.