‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 39 sur 144 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

gique, puisque, malgré l'affaissement dû à la faille, le sol est plus élevé au toit qu'au mur de la faille. Mais nous n'irons pas jusqu'à conclure que, partout où les étages supérieurs manquent aujourd'hui, ils ont été enlevés par dénudation postérieure. Nous avons même déjà montré que ces étages supérieurs ne se sont pas déposés dans toute l'étendue du bassin. Au reste, nous reviendrons sur cette importante question, en étudiant, dans notre dernier chapitre, le mode de formation des dépôts houillers.

Malgré le peu de concordance que l'on observe entre le relief extérieur et les accidents souterrains, on peut cependant assez souvent reconnaître ces derniers en étudiant, avec quelque attention, la disposition des strates du terrain, là où du moins les roches en place sont mises à nu par l'enlèvement des débris épars qui voilent les bancs. Les abords de toute grande faille sont marqués, à la surface du sol, parla forte inclinaison et l'état de dislocation des assises dont se compose le terrain. En dénudant ainsi les roches en place, le mineur peut acquérir de précieuses notions sur le rôle et l'importance d'une faille; aussi ne devrait-il jamais négliger ce mode

de recherches.

Parmi les failles du bassin de la Loire, que l'on reconnaît facilement à

la surface du sol, je citerai, comme l'une des plus remarquables, celle de

Landuzière, le long de la gorge du Lizeron, au Nord de Roche-la-Molière.

En suivant, du Sud au Nord, les couches exploitées à Roche, on les voit

s'infléchir et se redresser brusquement vers le Nord, contre le mur de la

faille. Toutes les veines sont ainsi relevées jusqu'au jour et laminées le long

du plan de la faille. Au delà, les assises du poudingue micacé inférieur de

Saint-Chamond sont verticales, tout le long du bord de la faille, depuis la

crête de Saint- Gènes t-Lerpt jusqu'à la lisière du bassin houiller, à l'entrée

du défilé du Lizeron vers Saint-Victor (pi. XVI). Le conglomérat quartzo-

micacé se montre même en strates parfois renversées, sur la route de

Roche-la-Molière à Saint-Just-sur-Loire, dans la montée du Lizeron vers

Landuzière. On voit également le passage de la faille sur l'ancien chemin de

Saint-Genest-Lerpt à Saint-Just, dans la partie où il longe le mur de clôture

oriental du domaine dit le Minois. Le croquis ci-joint représente la dis-

position des lieux en plan et coupe. En montant le chemin du Snd au Nord, on voit, au loti de la Taille, des bancs de grès fin (taille) plonger an

Fi§.20.

Nord-Est sous l'angle de 25 à 30°, puis tout a coup on arrive au conglomérat quartzo-micacé, dont les bancs descendent presque verticalement vers le Nord; au delà, à mesure que l'on s'éloigne de la faille, les strates inclinent moins, prennent plus de régularité et plongent finalement vers l'Est comme la faille elle-même.

§ !\5. — Des causes auxquelles il faut attribuer les failles bt l'allure du tbbramuoiiilleb de laI.oire. — Avant de quitter le long chapitre des failles, il convient de rechercher encore les causes des mouvements qui ont amené les failles et l'allure spéciale de la formation houillère. Ces mouvements sont-ils simples ou multiples, dus a une cause unique ou à des causes variées ?

Rappelons d'abord qu'un seul et même mouvement a engendré l'allure normale des assises et les failles longitudinales; c'est l'affaissement, tantôt lent, tantôt saccadé, du fond du bassin, affaissement qui a permis la formation successive des bancs de houille et l'accumulation des bancs de sable et de vase, trausformés plus tard en grès et en schistes. Ce mouvement fut inégal sur les divers points du bassin; intense au sud, il fut relativement faible au Nord. Le long de la lisière Sud-Est du bassin, les assises houillères ont dft s'affaisser en glissant le long du terrain ancien, rompu

Page 1