‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 40 sur 144 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

et bordé sur ce point par une énorme faille. C'est la faille longitudinale par excellence* la faille limite, dont l'amplitude diminue aux deux extrémités, mais s'accroît considérablement au centre, auprès de la ville même de Saint-Étienne, où la puissance du dépôt houiller devient maximum. En s'affaissant ainsi entre deux massifs anciens, comme entre les mâchoires d'un puissant étau, qui inclinent Tune vers l'autre, le terrain houiller a dû se loger dans un espace de plus en plus étroit; de là, les effets de refoulement latéral dont nous avons signalé plusieurs exemples; de là aussi la forme en fond de bateau, les failles inverses, les plis et inflexions de couches, etc.

Mais cet affaissement n'a pu s'opérer tout d'une pièce, sans fractures transversales, puisque son amplitude est plus grande au centre que vers les deux bouts. De là les failles transversales qui tendent presque toutes à abaisser le sous-sol houiller aux environs de la ville de Saint-Étienne, où la puissance de la formation carbonifère devient maximum.

Or, si maintenant nous rapprochons de ces faits le passage graduel de l'allure normale à l'allure transversale, les courbures si régulières et continues des affleurements au bois d'Aveize, à la Béraudière, à la Ghauvetière, à Firminy, etc., il ne sera plus permis de douter que les deux allures, comme les deux ordres de failles, ne soient dues à une seule et même cause, à l'affaissement, parfois continu, parfois intermittent, des roches anciennes servant de support au dépôt houiller.

Rappelons enfin que, si je n'ai pu constater, d'une façon positive, dans le bassin de la Loire, qu'un fort petit nombre de failles d'Ages différents, je suis loin denier tout àulca. mouvement que celui auquel j'attribue les formes caractéristiques du bassin de la Loire ; je suis même porté à admettre que le chaînon du Pilât a été surélevé à une période relativement moderne, et que le plateau houiller de Saint-Étienne, dont l'altitude dépasse de 200 à 300 mètres les environs de Rive-de-Gier, a dû éprouver un relèvement relatif fort important 1 . Malgré cela, je n'affirme pas moins

4. Le soulèvement du plateau de Saint-Étienne est démontré par la position du terrain tertiaire du l ; urcz. (Voy. Description géologique du déparlement de la Loire.)

que l'allure caractéristique du bassin de la Loire est due, ainsi que la plupart des grandes failles, à une seule et même cause : l'affaissement graduel du sous-sol ancien. J'ajouterai que cet affaissement ne s'est pas seulement manifesté pendant la durée de la période carbonifère, mais encore longtemps après, puisque les étages les plus élevés sont relevés, le long des bords du bassin, comme les étages inférieurs, quoique à un moindre degré bien certainement. Cela dit, il est pourtant assez probable, d'après l'ensemble des faits observés ailleurs, dans les districts métallifères par exemple, qu'il doit y avoir aussi, dans le bassin houiller de la Loire, des failles d'âges différents. Ainsi les ingénieurs du district de la Chana et de Villards admettent la postériorité de la grande faille dite de Côte-Chaude, qui est normale dans ce district aux failles transversales ordinaires. Nous verrons jusqu'à quel point on peut considérer ce fait comme bien établi lors de la description proprement dite des districts houillers...

B). — Étranglements ou Barrages.

S Û6. — Les étranglements, ou bamages, sont des accidents qui font éprouver au gîte houiller une solution de continuité plus ou moins complète, sans rejettemenl proprement dit. Ils ont donc quelque analogie avec les amincissements et zones stériles, dont il a été question aux § 17 et suivants. Dans les deux cas, en effet, la oouche de houille est interrompue ou amincie, mais si le résultat est le mén|% la cause en est fort différente. Il importe de ne pas les confondre. Les amincissements précédemment mentionnés résultent tantôt du développement incomplet des dépôts houil- Jers, tantôt d'une sorte de dénudation ou d'érosion. Lorsque l'amincissement est dû au dépôt incomplet de la couche, le toit et le mur conservent leur régularité normale; lorsqu'il y a eu érosion partielle, le mur demeure régulier, mais le toit est fortement bosselé. Dans les deux cas, la houille n'est ni froissée ni altérée par frottement.

Les étranglements ou barrages se reconnaissent, au contraire, à ce signe

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