‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 43 sur 144 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

500 mètres de hauteur, entre les deux districts riches et réguliers du

Sardon et du Reclus. Cet espace est limité au Sud par les affleurements,

à l'Est et à l'Ouest par deux failles divergentes, dont l'origine commune borne au Sud-Ouest les travaux dû puits Bourret. Cette région est, sinon tout à fait stérile, au moins occupée dans toute son étendue par des failles plates et des barrages, qui ont transformé la grande couche de Rive-de- Gier en une série d'amas discontinus et amincis, dont l'exploitation fructueuse est rendue pratiquement impossible. Il semble que cet état de choses provienne, comme les failles plates et les barrages du puits Bourret, du soulèvement anormal du massif de la rive droite du Dorlay, soulèvement déjà mentionné à l'occasion de ces barrages.

La grande faille du Dorlay correspond également à un véritable brouillage. Le puits Saint- Philippe, creusé sur la rive droite du Dorlay, au Reclus, a traversé sur presque toute sa hauteur de 170 mètres des bancs complètement bouleversés.

A Saint-Etienne, les grandes failles de Barlet et de la Benaudière, auprès du Chambon, correspondent également à un véritable brouillage. Entre les travaux de Montrambert et ceux de la Malafolie (pi. XV III et XIX), dont les allures sont tout à fait différentes, il y a une vaste lacune, où tout n'est pas stérile sans doute, mais dont plusieurs parties, fort étendues, sont entièrement bouleversées.

Une autre faille de la même région, Ja grande faille des Maures, correspond aussi à un véritable brouillage, du moins au niveau de la troisième Couche, à l'Ouest du puits du Crêt-de-Mar$, et surtout au niveau de l'étage supérieur, où l'on exploite, à l'Est du brouillage, les couches de la Chauvetière, et à l'Ouest le faisceau des Combes au lieu dit la Vionne. Par le fait de la grande courbe, qui relie l'allure transversale de la Béraudière à l'allure normale de Montrambert, il y a, vers le pourtour extérieur, une large solution de continuité, un étirement manifeste, qui a causé, outre la faille plate des Maures, un brouillage d'autant plus prononcé que l'on s'élève davantage dans l'échelle des couches. Au niveau inférieur des couches brûlantes de la Béraudière l'accident n'est pas encore bien conside-

rable; il l'est plus dans les couches moyennes, où des travaux de la mine du Brûlé on arrive à ceux du Crétrde-Mars (pi. XIV), et devient surtout énorme au niveau des couches supérieures. Cet accident est marqué à la surface du sol par deux ravins qui s'élèvent vers le col du Deveix; l'un monte, de la vallée de l'Ondène, par le Brûlé ; l'autre, de la vallée du Furens, par Beaubrun. Les travaux souterrains forment, de part et d'antre de l'accident, des champs d'exploitation complètement indépendants.

A l'autre bout du coteau de la Béraudière, au col de la Croix de l'Orme, les couches forment un deuxième fer à cheval, en revenant à l'allure normale. Les bancs du terrain sont refoulés le long de la grande faille, qui sépare sur ce point, comme ailleurs, le dépôt houiller des schistes anciens de la lisière Sud du bassin. A l'Est et à l'Ouest du col de la Croix de l'Orme, les couches plongent au Nord : à l'Ouest, vers la Ricamarie, on exploite la grande couche du faisceau moyen, relevé en amas vertical (pi. XV). A l'Est, les bancs quartzo-micacés de l'étage supérieur longent la route nationale du Puy, entre la Croix de l'Orme et Saint-Étienne, et là, à une grande profondeur, on rencontrera certainement aussi les couches de houille des étages inférieurs. Mais, dans l'intervalle, à la Croix de l'Orme même, où se produit le changement brusque de direction, le terrain est complètement brouillé. Entre le champ de l'Ouest et celui de l'Est, il restera toujours, on n'eu peut douter, un large brouillage stérile. Le brouillage fut d'ailleurs constaté par deux puits de recherche, ouverts sur ce point, les puits Sainte-Barbe et de la Croix de l'Orme, qui tous deux n'ont rencontré qu'une série d'assises brisées, circonstance qu'on aurait pu prévoir, si l'on avait exploré auparavant la surface du sol avec quelque attention. Voici, en effet, ce que Ton observe en suivant le chemin vieux allant du hameau de la Béraudière à la Croix de l'Orme, le long de la crête située entre la vallée de l'Ondène et celle du Furens. On rencontre d'abord les bancs quartzo-micacés supérieurs régulièrement alignés du Nord au Sud avec forte plongée vers l'Est; après cela, à 100 mètres au nord de la route nationale de Saint-Étienne au Puy, on constate dans le chemin creux en question le profil suivant, que j'ai dessiné sur les lieux mômes :

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