‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 49 sur 144 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

et une dose relativement faible d'oxygène ; en d'autres termes, ce sont surtout des houilles collantes, c'est-à-dire, des charbons gras.

Le bassin de la Loire ne renferme aucun charbon sec. Les quatre types suivants sont seuls représentés, et même le dernier, celui des charbons maigres ou anlhraciteux, ne Test que faiblement, du moins dans les mines actuellement exploitées; mais leur proportion croîtra à l'avenir à mesure que les fosses deviendront plus profondes.

Les charbons à gaz sont abondants dans les parties Sud-Ouest et Sud- Est du bassin, c'est-à-dire, dans les districts de Firminy, de Montrambert et de la Béraudière, et vers l'extrémité orientale du district de Rive-de-Gier. Sur ce dernier point, on les désignait jadis sous le nom de charbons raffbrls. Les mines de ce district sont aujourd'hui épuisées.

Les charbons de forge caractérisent le centre du district de Rive-de- Gier et la majeure partie des districts de Saint-Étienne ; ils sont plus abondants que les autres types dans le bassin de la Loire ; seulement, à cause de l'abondance des cendres, les bonnes qualités sont relativement rares.

Les charbons à coke sont moins abondants que les charbons de forge ; on les exploite dans les districts de la Grand'Croix, de Méons, de Roche-la- Molière, etc.

Enfin, les charbons maigres caractérisent la partie du district de la Grand'Croix la plus voisine de Saint-Chamond, et les environs de Sorbiers au nord de Saint-Étienne. Jusqu'à présent, ils ne forment, comme je l'ai dit, qu'une minime proportion de la production totale du bassin.

Rappelons ici qu'une même couche, prise sur divers points de son parcours, peut fournir des charbons de divers types, et que la proportion des éléments volatils diminue avec la profondeur le long d'une même verticale, soit que l'on passe d'une couche aux couches inférieures, soit que l'on suive une couche donnée le long de son aval pendage.

Nous reviendrons, au reste, sur cette distribution des divers types après avoir fait connaître, dans une série de tableaux, la nature spéciale de nos houilles dans les principales mines.

Ces tableaux sont la reproduction amplifiée de ceux que j'ai publiés,

il y a vingt-cinq ans, dans les Annales des Mines (1852). Us représentent les diverses sortes de houilles par leur analyse immédiate. Celle-ci fournit, comme je l'ai déjà dit, une image plus vraie des propriétés essentielles des combustibles minéraux que leur analyse élémentaire. Cette dernière est d'ailleurs approximativement connue par les moyennes précédemment données pour les divers types; de plus, j'ai inséré dans les tableaux les analyses de quelques houilles de la Loire, antérieurement publiées par Victor Regnault. Enfin, pour mieux caractériser les diverses sortes de houille, je ne me suis pas borné aux analyses immédiates ordinaires, j'ai donné, en outre, les produits de la distillation lente en vase clos, c'est-à-dire les proportions de bitume, d'eau ammoniacale et de gaz.

Voici enfin, en peu de mots, la méthode suivie lors des essais. J'ai, autant que possible, choisi moi-même les échantillons dans les mines, en recherchant moins les fragments les plus purs, qu'un ensemble de morceaux représentant la composition moyenne des couches. Le poids des échantillons était de 1,000 grammes au moins. On les concassait en petits fragments, que l'on mêlait avec soin, puis l'essai se faisait, sur 30 grammes de ce mélange, dans un creuset de platine bien fermé, placé lui-même dans un creuset de terre, dont on remplissait les vides avec du charbon de bois.

Au moment de la calcina lion on notait l'apparence de la flamme et de

la fumée sortant des creusets, et, après refroidissement, la consistance du coke et son volume comparé à celui de la houille brute. Tout le coke était ensuite finement pulvérisé, et sur le total on prélevait 2 grammes pour les incinérer dans une capsule de platine, chauffée au rouge dans le mouffle.

Pour doser séparément les matières volatiles des houilles types, on les soumettait à la distillation lente dans une cornue de verre. On recevait le bitume et l'eau dans une fiole tarée d'avance, convenablement refroidie, et on tenait compte, bien entendu, des gouttelettes condensées dans le col même de la cornue. On séparait ensuite l'eau du bitume, à l'aide d'un entonnoir très effilé, et on les pesait séparément dans une légère capsule de

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