CHAPITRE IV
porcelaine. Cette séparation de l'eau, moins dense que le bitume 1 , s'opère facilement, lorsqu'on la pratique sans tarder, car si l'on attend jusqu'au lendemain, on s'expose à ne plus avoir qu'un mélange des deux substances. On perd, il est vrai, un peu d'eau, retenue par le bitume et par les parois de la fiole; aussi la séparation, on le conçoit, n'est-elle pas absolue, mais comme Terreur a lieu constamment dans le même sens, les résultats n'en sont pas moins comparables, et représentent bien l'état plus ou moins oxygéné et hydrogéné des houilles. En général, ces distillations se faisaient sur 15 à 20 grammes. On chauffait jusqu'à, ramollissement du verre, puis le coke était encore recalciné au creuset de platine jusqu'au rouge intense, ce qui lui faisait perdre 2 à ft pour 100 de plus.
Enfin, j'ai opéré quelques distillations dans un simple tube de verre, pour déterminer, sur la cuve à mercure, le volume de gaz fourni par les houilles soumises à des températures lentement croissantes. Je donne aussi, comme terme de comparaison, les volumes obtenus dans les usines à gaz, ainsi que les résultats provenant d'une série d'essais, faits en 1828 à l'Ecole des mineurs de Saint-Étienne par M. Frichoux, sous la direction de M. Beaunier. On opérait dans une petite cornue en fonte, sur des charges de 3 kil„ par distillation rapide au rouge, ce qui donne plus de gaz et moins de bitume que le travail des grandes usines. Malgré cela, les résultats obtenus offrent un certain intérêt au point de vue des divers types de houille.
Les tableaux, comprenant l'ensemble des résultats constatés, font connaître, dans une première colonne, l'origine des houilles; dans les trois suivantes, par 100 de houille, les matières volatiles, le coke et les cendres. La cinquième colonne donne les cendres par 100 de coke; la sixième, le rapport entre le carbone fixe et la houille, l'un et l'autre privés de cendres; la septième, la couleur des cendres, qui varie surtout avec la teneur en fer et en manganèse. Les cendres grises sont en général manganésifères.
4 - Dans le cas du cannel-eoal seulement, le bitume est plus léger que l'eau.
La dernière colonne fournit, enfin, quelques détails sur l'aspect spécial des houilles et des cokes, et leur emploi dans les arts.
J'ajouterai qu'après mon départ de Saint-Étienne, les houilles des couches nouvellement découvertes furent essayées de la même façon par MM. Janicot et Desbief, répétiteurs de chimie à l'École de Saint-Étienne. J'ai désigné les résultats que je dois à leur collaboration par les initiales Jan. et Desb. Je désigne de même, par la syllabe Frich., les essais dus à M. Frichoux, jadis aussi, vers 1830, répétiteur à l'École de Saint-Étienne. Enfin, quelques essais ont été faits récemment dans le laboratoire de la Compagnie houillère de Saint-Étienne, sous la surveillance de M. Chanselle.
Avant de passer aux tableaux proprement dits, donnons encore quelques détails sur les proportions de bitume, d'eau ammoniacale, de gaz, de noir de fumée et de soufre, que rendent à l'essai les principales houilles de la Loire.
Le minimum de bitume que donne la distillation lente est de 0,04 à 0,05; le maximum 0,16. Le cannel-coal de Montrambert en produit cependant jusqu'à 0,21 ; mais aussi, comme nous le verrons, c'est un charbon tout à fait spécial.
D'autre part, dans les usines à gaz, où la distillation est brusquée, les houilles les plus riches en bitume n'en produisent que 0,08, et la proportion moyenne est même au-dessous. Lorsqu'on opère sur des houilles non humides, la proportion des eaux ammoniacales est souvent, dans le cas des houilles maigres, à peine de 0,0i, et ne dépasse guère 0,05 dans le cas des houilles grasses à longue flamme. Mais dans les usines à gaz on en recueille davantage, à cause de l'eau que renferme le menu traité. D'après Regnault, la moyenne serait de 0,07 à 0,08. Quant à la richesse de l'eau ammoniacale, elle est d'autant plus faible, que la distillation se fait à une température plus basse. D'après les essais de M. Janicot, l'hectolitre d'eau ammoniacale des usines à gaz du département de la Loire fournirait en moyenne, après saturation par l'acide sulfurique, 8 à 9 kilogrammes de sulfate cristallisé ; tandis que, par distillation l*nte, on n'en obtiendrait que 2 kilogrammes à 2 kil. 50, soit le quart.