‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 93 sur 144 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

leur position naturelle, elles s'élèvent droites et simples, à la hauteur de 4 à 5 mètres, se terminant en pointe vers leur sommet. Elles naissent de minces rhizomes rampants, qui sont articulés comme les tiges et émettent sur ces points de fines radicelles. Les espèces les plus connues et les plus répandues sont le C. Suckowii à côtes plates, séparées par des sillons faibles, mais nets; le C. Cistii à côtes étroites, plus ou moins carénées, séparées par des sillons ouverts ; le C. ramosus à côtes peu accentuées et pourvues de sillons peu nets ; il se distingue des deux espèces précédentes par des cicatrices raméales nombreuses et par des rameaux souvent encore attachés ; enfin le C. cannœformis à côtes bombées, séparées par des sillons étroits prononcés, mais peu pénétrants» Nous ne citons pas quelques autres espèces, mal ou peu connues, parce qu'elles ne sont établies que sur des échantillons isolés, non étudiés ni observés sur les lieux.

Les Calamités se rencontrent en place, comme nous l'avons dit, sous forme de tiges cylindriques plus ou moins amincies aux deux bouts; ou bien, plus souvent encore, à l'état d'empreintes aplaties fort minces, d'où l'on peut conclure que le tissu intérieur, de nature cellulaire, était lâche et restait herbacé. Les Calamités paraissent s'être multipliées et propagées sou ter raine ment par des rhizomes traçants, à la façon des Prêles. On les rencontre à tous les niveaux du bassin houiller de la Loire ; ils ne caractérisent spécialement aucun des étages ou faisceaux de couches, sauf peutêtre l'espèce appelée C. ramosus, qui parait cantonnée à Rive-de-Gier.

Les Calamariées comprennent, en second lieu, une partie des plantes fossiles désignées sous le nom à 9 Astérophyllites 9 je dis une partie, c'est-àdire uniquement les espèces Cryptogames, car d'autres espèces doivent être rapprochées plutôt des Calamodendrées, dont ils formeraient les feuilles et rameaux extrêmes. Aux Astérophyllites se rattachent directement les Vollcnannidj qui sont les épis de fructification de ces plantes. Notons d'ailleurs que, dans le bassin de la Loire, les Astérophyllites sont fort peu abondantes comparativement aux restes des Calamités.

A côté des Astérophyllites viennent se placer les Annularia, qui paraissent avoir été des plantes nageantes, dont les épis fructifères sont appelés

Bruckmannia et les racines Pinnularia. Les Annularia sont plus abondants que les Astérophyllites.

Enfin au même groupe appartiennent encore les Sphenophyllutn, plantes herbacées, à tiges noueuses et feuilles verticillées. Celles-ci sont minces, planes, cunéiformes, sensiblement triangulaires et plus ou moins dentées sur les bords. Les épis fructifères paraissent avoir été différents de ceux des deux genres précédents ; les sporanges sont fixés sur les bractées mêmes des épis.

2°. — Filieaeéee, ou Fougère*.

§ 58. — Les Fougères sont extrêmement abondantes dans le terrain houiller supérieur; elles dominent dans les parties moyennes et supérieures du bassin de la Loire, et y ont largement contribué à la formation de la houille. On y rencontre à la fois des frondes, des tiges et des stipes de Fougères, les unes de nature herbacée, les autres arborescentes, et souvent de dimensions colossales. M. Grand* Eury divise les Fougères en trois tribus, ou groupes, se rapprochant plus ou moins des types actuellement vivants. Les Fougères du premier groupe, les H étéropté ridées, sont surtout herbacées; elles se rapprochent, par la forme et la nervation des frondes, des genres vivants Dicksonia et Anémia, et par la fructification, des Schizéacées. Ce groupe comprend surtout les frondes des Sphenoplœris et quelques Pecopteris herbacées, tels que le P. Pluckeneti. M. Grand'Eury y rattache, comme tiges ou pétioles, les Rhachiopteris et, comme souches, les Tubicaulis.

Ce premier groupe des Hétéroptéridées est relativement peu abondant dans le bassin de la Loire.

Le second groupe comprend les Pécopléridées arborescentes, c'est-à-dire les frondes des véritables Pecopteris, qui sont très variés et nombreux à Saint-Etienne, et leurs tiges et troncs, appelés Caulopteris et Psaronius. Ce groupe se rapproche de la famille vivante des Marattiacées, avec les formes et le port des Cyathea de nos zones tropicales actuelles.

Les Pécopléridées arborescentes avaient des troncs de 15 à 20 mètres

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